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LIVRE XLIII. S

id'Aamale, M. le colonel Lamirault. Un de ces prétendus chérifs i|ui avaient aj,'i[c divers points de l'Algérie depuis l'apparilioD de Bou-Maza, doul ils Étaient tous des contre- J&çùns, se rendit, à la même époque, au commandant id'Aumale; cet homme élait celui qui avait été battu avec

:n-Salera, au mois de décembre 1845, par les généraux ^deau etd'Arbouville.

La rentrée des troupes de la province de Constantine,

rès l'expédition de la Grande-Kabylie, s'opéra aussi [tranquillement que celle de la colonne d'Alger. Mais le général Bedeau ne tarda pas ii se remettre en campagne, |Car, dès le 1-ijuin, ayant rùuni un corps considérable à iJUilah, il partit de cette ville pour Colo dans le but de Ipiettre à la raison, chemin faisant, les tribus situées

tre ces deux localités, tribus auxquelles appartenaient Ipresque toujours les partis qui se montraient encore de iem|is à autre sur la route de Phllippeville à Conslantine.

traversa successivement le pays des Bcni-Hilen, des i^ni-Kaïd, des Beni-Kalab, des Oulad-Embarek et des Acbaïche, qui ârcnt acte de soumission. Mais il eut trois

itits combats à soutenir chez les Oulad-Aïdoune, le 19, te 21 et le 22. Le premier coûta la vie à deux officiers l^u 19' li^ger, MM. Pestiaux et Drée ; le second ne fut fresque rien ; dans le troisième, les Kbaïles, qui avaient Lttaqué notre arrière -garde, éprouvèrent, par suite d'un ptour offensif eiTeclué par le colonel de Barrai, des pertes .Hssez considérables pour les dégoûter de continuer les iioslilités.

La colonne expéditionnaire arriva à Colo le 26 juin. ^ général Bedeau, après y avoir pris quelques mesures

rminislratives relatives aux tribus dont il avait obtenu soumission, renvoya les troupes dans leurs garnisons

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m ANNALES ALGÉRIENNES.

erdinairef . Cette soumission ne fut^ du reste, que partielle, et tellement ineoR)plète que, deux mois après, les tribus dont le général Bedeau avait parcouru le terriloire dirigèrent une attaque contre Djidjeli. Il est peut-être superflu de dire qu'elle fut repoussée.

Pendapt Tété, des colonnes de nos troupes parcoururent le sud de l'Algérie^ depuis les frontières du Maroc jusqu^à pelles de Tunis, sous les ordres des généraux Renault^ Vousouf et Herbiilon.

Les opération» dirigées par le général Herbiilon avaient pour but la soumission réelle et effective de la grande tribu de Nemeneba, qui, depuis que nous occupions fiiskara et Batna, que Tebessa reconnaissait notre autorité, envoyait bien tous les ans des députés à Constantine pour foire acte apparent de soumission, mais qui, dans le fait, restait indépendante et exerçait des actes de brigandage 6ur les tribus réellement soumises. Le général Bedeau, voulant en finir avec ces Arabes, prescrivit au général Herbiilon de se porter sur leur territoire par loucst, en partant de Batna, tandis que le lieutenant colonel Sonnet, venant de Biskara, y entrerait par le sud, et que le colonel Senilhes y arriverait, de Bône, par le nord. Le général Bedeau espérait de cette manière cerner les Nemencha'et les avoir facilement à composition. Mais la frontière de Tunis, sur laquelle ils s'appuient à Test, leur restant ouverte, ils se retirèrent par là dans le Sahara, laissant leur pays complètement désert. Nos colonnes le parcoururent dans tous les sens et rentrèrent ensuite dans leurs cantonnements, à Texception de celle du colonel Senilhes, que le général Herbillou y laissa jusqu'au moment où les V -^ .^emencha, las d'errer loin de leur territoire, demandèrent

;|^autorisation d'y rentrer aux conditions qu'on voulut leur

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imposer. Pour rompre leur puissance de cohésion, on les fractionna : une partie fut annexée à la subdivision de Balna, Tautrc resla à celle de Bône.

Les colonnes qui, à la môme époque, parcouraient les régions sahariennes de Touest, assurèrent de plus en plus la soumission de ces contrées.

Le maréchal Bugeaud, au moment où il s'embarquait à Bougie pour rentrer à Alger, annonça qu'il considérait sa mission comme terminée en Afrique, et que son intention était de se démettre du gouvernettent général de TAIgérie. C'est, en effet, ce qu'il ne tarda pas à faire. Ainsi que la chose était déjà arrêtée dans l'esprit du roi, il fut remplacé par le duc d'Aumale.

Personne ne saurait raisonnablement contester les talents militaires de M. le maréchal Bugeaud. Bien avant que les préventions du public contre lui eussent fait place à une sorte de popularité soldatesque, à un véritable engouement, peut-être tout aussi peu réfléchi que ces prér ventions, avant, dis-je, cette transformation de Topinion publique et dès son premier voyage en Afrique, les esprits sensés avaient su l'apprécier à sa juste valeur, et cette valeur dépassait en bien des points la moyenne des capacités. Mais il ne faut pas perdre de vue que les ressources immenses que le Gouvernement mit constamment à sa disposition étaient de nature, tant elles étaient au-dessus des obstacles, à assurer des succès qui, au bout du compte, n'ont rien eu de bien prompt ni de fort étourdissant. Je suis persuadé que tous les hommes qui ont commandé en Afrique, à l'exception d'un seul peut-être, auraient obtenu, à peu de clioscs près, les mêmes résultats, s'ils eussent eu4es mêmes moyens d'action. Mais le Gouver-. nemeat fut presque toujours aussi parcimonieux pour eux

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qu'il se montra prodigue envers le maréchal fiugeaucT sur lequel le roi Louis-Philippe paraissait avoir fondé, pour le cas d'une lutte prévue, des espérances que la catastrophe de février a bien peu jusUfiées. Comme administrateur et homme politique, il avait des parties extrêmement faihles, quoique même en cela il ne fût pas sans valeur. Un personnage célèbre disait de lui qu'il avait quelques grandes qualités, niais une foule de petits défauts. Au résumé, c'était un type assez original à une époque où les types sont rares.

Le duc d'Aumale arriva ii Alger le S oclohre. Il reynt le service des mains du général Bedeau, qui exerçait l'intérim depuis le départ du maréchal. Il avait avec lui le général Changarnier, fjui avait quitté l'Algérie depuis quelques années par suite de démêlés fâcheux qu'il avait eus avec le gouverneur général. Tout l'intérêt de la courte administration du duc d'Aumale se concentre i:ur la reddition d'Abd-el-Kader, dont le récit va clore ce livre. On a vu que la présence d'Abd-el-Kader à Aîn-Zhora avait donné quelques inquiétudes Ix l'empereur de Maroc, L,qui avait réuni des troupes à Taza pour observer ses iveraenls. Ces inquiétudes étaient de deux natures : ft^d'abord Abd-er-Rhaman appréhendait de se voir entraîné hpar ce dangereux hôte à une nouvelle lulLe contre les ("Français ; ensuite, il craignait qu'Abd-e!-Kader ne cherchai à se former un parti dans son propre empire et à le renverser du trône. Les dispositions hostiles contre l'Émir, que ces préoccupations entretenaient dans l'esprit du monarque africain, étaieni, d'un côté, combattues par cette espèce de respect superstitieux que j'ai dit déjà qu'il avait pour sa personne ; d'un autre, soutenues par la légation française, qui ne cessait de rappeler au gouver-

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