‹ Annales algériennesChapitre 95 sur 119 · LITRE XLIII · texte numérisé non relu

LITRE XLIII

Dément marocain les obligations qu'il avait contractées au sujet d'Abd-el-Kader. Abd-er-Rhaman se serait peu embarrassé de ces obligations, si FÉmir s'était toujours conduit de manière à ne pas exciter sa juste méfiance. Mais Abd-el-Kader, loin d'user de circonspection, n'eut pas plus lot réorganisé sa petite troupe et assuré la subsistance de sa déira, qu'il se mit à justifier par ses intrigues toutes les appréhensions de l'empereur, lequel finit par ne plus voir en lui qu'un rival et un antagoniste. Dès lors il résolut, non plus de l'observer simplement, mais de l'attaquer ouvertement et de soulever contre lui les tribus sur le territoire desquelles il s'était établi. Les mesures qui furent prises à cet égard rendirent très-précaire l'exisleuce d'Abd-el-Kader et des siens dans le printemps de 1847. Il venait de faire, à cette époque, un voyage chez les Hamian, qui lui avaient donné des secours. A son retour, voyant de l'agitation contre lui à Aïn-Zhora, et même ayant été sur le point d'être victime d'un assassinat, il quitta cette localité et alla camper à Sabra, sur la Moulouïa. Il se porta ensuite sur les bords de l'Oued-Aslaf, au milieu des tribus kbaïles du Rif. Ce fut dans cette position que les troupes marocaines, conduites par Mouley-Hachem, neveu de l'empereur, et le kaïd El-Hamar, se disposèrent à l'attaquer. Le prince fit d'abord marcher une forte reconnaissance de cavalerie qui fut repoussée par les gens d' Abd-el-Kader. L'Émir envoya ensuite au camp des Marocains demander ce qu'on lui voulait, et pourquoi cette cavalerie était venue l'attaquer en pleine paix. Ayant reçu une réponse hautaine qui lui fit comprendre qu'on était décidé à le traiter sans ménagement, il résolut de prévenir l'ennemi, qu'il surprit la nuit dans son camp et qu'il mit en pleine déroute.

Mouley-Hachem put se sauver^ mais le kaïd El-Hamar perdit la vie.

Celte victoire releva un instant la position de rÉraîr. Plusieurs tribus le crurent destiné à régner sur le Maroc et se rapprochèrent de lui. Un nombre considérable de familles des Beni-Amer, des Hachem et des Djaffra qui , moitié de gré, moitié de force, avaient suivi jusqu'au bout sa fortune dans la dernière insurrection, avaient quitté avec lui TAlgérie; mais, arrivées sur le territoire étranger, elles avaient cru devoir, pour assurer leur repos, se soumettre au gouvernement marocain qui les avait internées et leur avait donné des terres à cultiver du côté de Fez; soit qu'elles ne fussent point satisfaites de la manière dont elles étaient Irailées, soit que la victoire que venait de remporter Abd-el-Kader sur les troupes d'Abder-Rhaman leur fissent croire à un retour de l'étoile de leur ancien Émir, elles prirent la détermination de retourner auprès de lui, et le lui annoncèrent par une lettre dans laquelle oti le priait de se porter à leur rencontre avec ses spahis réguliers, afin d'appuyer leur mouvement. C'est ce qu'il ne manqua pas de faire; mais le gouvernement marocain, ayant eu vent des dispositions de ces émigrés, fit marcher contre eux des troupes qui les rencontrèrent en roule et, sur leur refus de rentrer sur le territoire qui leur était assigné, les chargèrent et les taillèrent en pièces, avant qu'Abd-cl-Kader se fut asseï avancé pour pouvoir les secourir. Il en recueillit cependant quelques débris avec lesquels il rejoignit à sa déira, campée alors à Kasbat-Zclouun. Pendant son absence, une tribu voisine , les Kélaïa , était venue l'attaquer, crevant la trouver sans défense; mais le retour de TÉmir déjoua leur calcul. Les Kélaia attaqués à leur tour per*?

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