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bordé d'un côté par une fort l>onne rivière que domine une montagne élevée, couverte de bois et surmontée de roches fort escarpées. Des arbres fruitiers de différentes espèces occupent toute l'enceinte du monastère, et un esprit tranquille y goûte autant de douceur que s'il possédait une partie des charmes du paradis*. Lorsque quelqu'un y arrive, il peut dire parmi les bocages, les vergers et les agréments des jardins verdoyants : « Que vos maisons sont « bonnes, ô Jacob ! que vos .tabernacles sont beaux, ô Israël! »
Là fut envoyé, pour être élevé dans la -piété et dans les saintes lettres, un jeune esclave saxon rendu & la liberté par saint Éloi. Arraché plus tard de son asile pour prêcher l'Évangile à Tournai et dans les provinces environnantes, il revint, après Je trépas de son protecteur, mourir aux lieux où il était né à la foi et dans une solitude peu éloignée de l'abbaye. Sa simplicité, sa ferveur et sa mortification retracèrent la vie des Pères d'Orient. Il y mourut vers Tan 702, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, et TÉglise des Gaules, avertie de sa sainteté par plusieurs miracles arrivés à son tombeau, lui décerna des honneurs et un culte publics sous le nom de saint Théau^.
La renommée de ces lieux, sanctifiés par tant d'illustres exemples, s'étendit au loin. On y venait des contrées étrangères chercher des pasteurs, et, & différentes époques, vingt-quatre moines sortirent du monastère pour aller occuper des sièges épiscopaux.
Le catalogue des abbés nous a été conservé par Lecointe (« Ann. Ecclés.») ; les auteurs de la « Gallia Christiana » le donnent aussi, mais avec plusieurs variantes.
Sous leur gouvernement le monastère traversa avec quelque bonheur l'invasion des barbares. En vain ils accouraient du Nord et du Midi y porter le fer et la flamme , leurs fureurs n'eurent jamais la puissance de rendre stérile cette terre fécondée par les vertus des saints ; et lorsqu'ils avaient passé comme un torrent, les cellules se relevaient et l'église entendait encore les chants des religieux. Saccagé une première fois par les Sarrasins, il dut son rétablissement à la piété de Louis le Débonnaire. Au concile de Soissons, en l'an 866, l'abbé de Solignac, Bernard P', pria le roi et les évêques de lui donner des titres semblables à ceux que les Normands avaient brûlés. Il parait que cette fois les hommes du Nord s'étaient contentés de piller le monastère. A une époque antérieure, les fortifications qui défendaient la ville b&tie sous son ombre l'avaient mis à l'abri de leur cupidité; et nous lisons dans un vieux titre que, pour dérober les reliques de saint Martial à leur rapacité sacrilège, on les transporta à Solignac où elles furent en sûreté.