Usuard est le seul qui nomme TEspérance avant la Foi
2. Voir le « Martyrologe d d'Usuard avec les « Additions » de Notker.
3. Voirie «Manuel d'iconographie chrétienne». Paris, 4845, in-8^ pages 384-382.
rance et Charité. On lit dans un ancien inventaire de cette cathédrale : « De reliquiis S. Sapientiae et filiarum ejus, Fidei, Spei et Charitatis* ».
En Alsace, on les aurait honorées au ix* siècle, sous Charlemagne, et un évêque de Reims, faussement nommé Rémi, aurait transféré leurs corps probablement de Cologne à Strasbourg. Cologne, en effet, aurait gardé spécialement la tête de sainte Espérance. Paderborn, qui avait des reliques des trois saintes, en aurait donné, en 1571, au monastère de TEscurial, où, en 1722, les jésuites Pinius et Cuperus les ont vénérées.
Au jubilé de 1600, les corps de ces vierges et de leur mère auraient été transférés d'une vieille église de Rrescia dans la nouvelle église des religieuses de Sainte-Julie, où fut placée une inscription dont voici le commencement :
a Hue ex veteri ecclesia sanctarum virginum et martyrum Juliae, Pistis, Helpis et Agapes, ac Sophiae earum matris, nec non... Quorum corpora cum innumeris sanctis reliquiis Clémente YIII... translata fuere anno jubilaei mdg, die XVI kalend. januarii. »
Suivant Du Saussay^, au contraire, ces corps des trois saintes et de leur mère couraient été transférés dans l'église abbatiale de Sainte-Marie du Vigan, au diocèse de Cahors, et placés dans de belles châsses d'argent.
Quant aux têtes , Des Guerrois , sans s'inquiéter de savoir si le chef de sainte Espérance était resté à Cologne, nous a dit qu'elles étaient dans le couvent des dames de Roullancour, au diocèse de Troyes. A Tannée 1195, dans la vie de sainte Asceline, abbesse de Roullancour, il raconte ceci :
« Or il y avoit en l'église des dames lez Roullancour trois chefs de vierges sainctes et constantes martyres appellées Foy, Epérance, Charité, vers lesquelles elle (sainte Asceline) avoit une grande dévotion; les honorant, si que aucune fois elle les tiroit d'une armaire où l'on les serroit pour les poser sur le m'aistre autel, passant la nuict devant le S. Sacrement et ces reliques précieuses. Donc une certaine nuict, continuant sa piété, elle mist sur l'autel ces trois chefs des sainctes, y fist ses oraisons, y présentant deux cierges ardans sur deux chandeliers, l'un du costé droit devant le chef de S. Foy, l'autre du coste gauche devant celui de S. Charité, estimant que c'estoit assez selon la coustume de l'Église, qui met ordinairement sur les autels deux cierges ardans en autant de chandeliers. Comme elle estoit sur le point de s'en aller prendre un peu de repos, afin de retourner après à son oraison, S. Espérance
1 . Voyez DoDswoRTH et Dugdale, « Monasticon anglicanum », vol. i, p. 5.