t Id Corollario Hartyrologii galiicani
luy apparut disant : « Et moy, ma fille, n'auray*je point de derge ardant « comme mes sœurs? Je me nomme Espérance ; ne me fere^vous point part « de vostre piété? » — » « S. Asceline^ se mettant de genoux, luy respondit : « B. saincte, volontiers je vous en donnerois un pour vous honorer, mais je « n*ay point de troisiesme chandelier pour le mettre. » — « « Néantmoii» la S. prist un cierge qu'elle alluma, et le mist sur Tautel devant le chef de S. Espérance, laquelle acceptant sa bonne volonté et pie dévotion, fist qu'il y brusla toute la nuict sans estre porté d'aucun chandelier. Or la S. prenoit un singulier plaisir à porter et baiser les chefs de ces trois sainctes Foy, Espérance et Charité, si que, quand elle les prenoit, il sembloit qu'ils se jettassent entre ses bras. Et une autre fois, comme par me3garde, quelque religieuse avoit mis quelques linges non assez netz proche le chef de S. Foy, la sainete donne paroUe à S. Asceline de les ester, pour ce que cela n'estoit pas assez décent, que proche des pures vierges se vissent des choses sales ou délabrées. •• Dans la mesme église estoient en grande vénération les chefs de deux autres vierges nommées Précieuse et Sapience, avec un grand oz d'homme qui fut apporté de Cologne avec ces S. chefs* » . — Cette Sapience, Sagesse ou Sophie, n*était pas, comme on pourrait le croire, la mère des trois vierges Foi, Esp^ rance et Charité, mais une princesse conductrice de mille vierges compagneê de sainte Ursule.
Fatigués des incertitudes et des contradictions des légendaires, les Bollandistes déclarent qu'il est impossible d'asseoir sur un fonds historique cet entassement d'inventions relatives & sainte Sagesse et aux trois jeunes martyres. Quant à nous, notre devoir n'est pas de combattre ou de défendre les BoHandistes. Notre rôle est purement archéologique, et il nous importe assea peu que ces quatre saintes femmes, la mère et les filles, aient réellement vécu. Mais ce qui est authentique et ce qui nous intéresse, c'est qu'elles ont existé et qu'elles existent toujours symboliquement.
Leur naissance est peut-être antérieure au christianisme, comme celle des vertus cardinales; mais c'est à la religion chrétienne qu'elles doivent leur accroissement graduel et leur complet développement. Déjà, au premier siècle de notre ère, S. Paul les nomme et les classe : « Maintenant subsistent ces trois vertus : la Foi, l'Espérance et la Charité; mais entre elles la plus grande est la Charité'. » Cet ordre, donné par S. Paul, est encore celui