‹ Annales archéologiques (volume 2)Chapitre 62 sur 135 · Bull. mon. », 1851, p · texte numérisé non relu

Bull. mon. », 1851, p

struction érigée, au iv* siècle, en Thonneur de cet empereur. Lorsque le roi Henri IV fit son entrée solennelle dans la ville de Limoges, le 20 octobre 1605, (I il s^ arrêta un moment au bas de la rue des Combes pour examiner une belle fontaine appelée alors Constantine et qui portait cette inscription :

Constantino magno imperatori. Ob fusum, victum, prostratum Ac tandem imperatoris equi calce occisum Gallum Annavalianum, Aquitaniae praefectum, qui consortem imperii Licinium Adversus illum spre et milite juverat, ob idque Lemovicensem Ecclesiam spoliavcrat, Pop. Lemovic. in fonte perenni perennem Dicavit memoriam. Anno Christi CCCXAI. »

J'emprunte ce curieux extrait à un ouvrage de mon grand-père^, qui l'avait lui-même tiré, je crois, d'une vieille relation de Simon Des Coutures, avocat du roi , imprimée à Limoges en 1607, et j'y joins un passage, relatif au même sujet, du « Recueil manuscrit des antiquités de Limoges » :

« Origine de la fontaine du Chevalet «alias» de Constantin. — ... En commémoration de celle victoire (sur Licinius) fut audit pays (d'Aquitaine) faict la figure de Constantin en divebs endroits monté sur un cheval mettant le pied sur la tête du dit Anavalianus. et pour mémoire de la persécution du dit Anavalianus... Et fut mise en la fontaine appelée du Chevalet la figure de Constantin séant sur un cheval mettant le pied sur la tête d' Anavalianus, laquelle figure estoit de bronze, laquelle fut enlevée de notre temps par un seigneur de marque qui la fit mettre dans la basse cour de son château. Nota que aucuns voudront dire que cette fontaine ne pouvoit être à l'endroit qu'elle est de présent, qui est dans la grand rue des Combes, etc. * ».

L'objection de ces « aucuns » récalcitrants consistait à dire que le quartier des Combes avait été ajouté k la ville vers le commencement du xhi* siècle, et, malgré les efforts de l'annaliste limousin, elle me paraît sans réplique; mais peu importe : il est assez évident que la fontaine du Chevalet n'est pas l'œuvre des Romains. Il est évident aussi que l'inscription qui y était jointe avait été fabriquée au xvi' siècle. Son style, imité tant bien que mal des véritables inscriptions romaines, ne saurait dans aucun cas être rapporté au moyen âge ; et, d'ailleurs, ce ne serait pas la première fois que la renaissance serait prise en flagrant délit de fausse inscription.

Par exemple, il existait à Limoges, dans un soubassement de l'abbaye de Saint-Martial, un bas- relief roman qui représentait une lionne allaitant trois lionceaux et surmontée d'une figure humaine à mi-corps, entièrement nue.

4. « Histoire d'Aquitaine », par M. de Verneilh-Putbasbau. Paris, 4827, t. nr, p. 348.

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