‹ Annales archéologiques (volume 2)Chapitre 68 sur 135 · s. Marc, « Évang. » xi · texte numérisé non relu

s. Marc, « Évang. » xi

2. Voyez la vie de saint Paul, premier ermite, dans Siméon le Métaphraste et les hagiologues latins qui ont traduit la légende orientale.

et la linguistique nous autorisent à lui attribuer. Quoique sur un point spécial et dans la question particulière de la transsubstantiation, saint Thomas d*Aquin reconnaît à la foi cette toute-puissance surnaturelle. Il dit dans le c( Lauda Sion » :

Quod non capis, quod non vides Animosa fîrmat Gdes Praeter rerum ordinem.

Cette « Fides animosa » semble signifier une foi qui crée, qui vivifie, qui « anime ». Saint Thomas répète encore dans le <( Pange lingua » :

Et si sensus déficit , Ad ûrmanduni cor sincerum Sola fides sufficit.

Ainsi la foi seule suffit pour contredire les sens; elle prouve à la vue, au tact, au goût qu'ils se trompent, et que l'évidence la plus palpable peut être un mensonge. La foi seule transforme le monde et le façonne comme elle l'entend.

Ce caractère de toute-puissance et de création n'a pas été, il faut le dire, compris par les artistes ; tous ont fait de la Foi une personnification dénuée de grandeur. Leur Foi est une religieuse timide, qui baisse ou ferme les yeux, qui tient un cierge à la main pour éclairer ses pas vacillants, ou porte tout autre attribut par lequel ne se révèle pas assez sa toute-puissance. Ces attributs, nous allons les passer en revue, du moins les principaux, comme nous avons déjà fait pour les vertus cardinales, ses cousines , et comme nous ferons pour l'Espérance et la Charité, ses sœurs.

La Foi porte un livre et des inscriptions, un crible, une croix et les instruments de la Passion, un calice et une hostie, une église, un cierge ou une lampe allumée, une baguette ou un faisceau de verges, une tiare à la tête, un bandeau sur les yeux, un vêtement blanc sur le corps. Le patriarche Abraham est son représentant humain comme l'aigle son symbole zoologique.

Le Livre et les Inscriptions. — Le livre est, aux mains de la Foi, le plus ancien peut-être de ses attributs. La croyance religieuse est fondée, en effet, sur l'Ancien Testament et sur l'Évangile, et l'on comprend que la Foi ouvre la Bible et y montre aux hommes les dogmes qu'elle impose. Sur une châsse qui paraît dater de la fin du xi' siècle et qui provient de l'abbaye de Saint-Ghislain, en Belgique, la Foi (Fides), émaillée de bleu et de rouge, tenait de ses deux mains, qui sont coupées aujourd'hui, un livre qui est resté en entier. Ce livre est ouvert et on y lit : •

Page 1