‹ Annales archéologiques (volume 2)Chapitre 72 sur 135 · QUA DATUR OMNE BONUM PIETATIS PETE DONUM · texte numérisé non relu

QUA DATUR OMNE BONUM PIETATIS PETE DONUM

Le compartiment circulaire qui contient le Christ est au milieu d'un carré dont les angles sont remplis par quatre cercles, plus petits et renfermant les figures des évangélistes. Ils sont assis devant des pupitres et écrivent leur évangile dont on lit les premiers mots. Voici les inscriptions :

Au n* 73, SCS marcvs. — « Inicium Evangelii Jesu Christî filii Dei vivi ». Au n" 74, SCS iohannes. — « In principio erat Verbum ». Au n* 75, ses mathovs (sic). — a Liber generationis ». Au n* 76, SCS lvcas. — « Fuit in diebus Herodis ^ ».

A droite et à gauche se dressent les figures en pied des douze apôtres, n** 77 à 88. « La rangée du milieu, dit M. Labarte *, qui est d'une hauteur presque du double des autres, renferme les figures des douze apôtres, d'environ trente centimètres de hauteur. L'un d'eux tient uavolumeii, les autres un livre; ils ne sont d'ailleurs signalés par aucun autre attribut. Ces figures sont certainement ce qu'il y a de plus parfait dans la Pala. Le dessin en est très-correct, les poses sont pleines de noblesse, et les vêtements sont

i. a La Pala d'oro », ouvrage cité, p. 5.

S. Cette dernière figure a été donnée par Dusommbrard, a Album des arts », pi. xxxii, avec . une partie de Tencadrement vénitien, d'après le dessin de M. Victor Petit. 3. Ouvrage déjà cité, pages 20-94 .

largement disposés; les émaux des carnations sont disposés avec tant d'art, que l'artiste est parvenu à faire ressortir, par un léger modelé, les diverses parties des visages. On peut regarder ces douze belles plaques comme le chefd'œuvre de la peinture en émail incrusté ». Je devais rapporter cette opinion du savant archéologue, parce qu'elle est importante et parce que je ne la partage pas entièrement. Pour mon compte, je trouve que les figures en question sont d'un mérite inférieur, quant à l'élégance et à la proportion, à d'autres qui se trouvent sur la Pala, notamment à celles des prophètes dont je parlerai tout à l'heure. Je puis me tromper, mais telle est l'impression que j'ai éprouvée. Toutefois, je fais exception en faveur d'une de ces figures, au sujet de laquelle je vais signaler quelques particularités qui paraissent avoir échappé à M. Labarte. Il s'agit de l'apôtre placé le premier à droite du Christ, n" 82, celui que M. Labarte désigne comme étant le seul qui tient un volumen. C'est saint Pierre, ainsi que l'indique son nom en latin, à moitié caché par le fronton en relief superposé par les Vénitiens. Cet apôtre est, sous le rapport du style, bien différent des autres : son vêtement n'est pas arrangé de même ; on y voit moins de ces plis marqués par une multitude de cloisons d'or, qui font trop de reflets; le corps est moins long, et ses pieds, posés à la manière byzantine sur un tapis d'honneur exécuté comme le reste en émail, se voient mieux. Les pieds des autres figures, moins visibles, parce qu'ils sont cachés en partie par Tornementation en relief,, posent sur un tapis qui n'est qu'indiqué par une raie. En définitive, la figure de saint Pierre est mieux proportionnée et traitée d'une façon plus large; elle ressemble beaucoup aux figures d'apôtres du reliquaire de Limbourg publié par les « Annales Archéologiques* ». Je n'aurais pas lu le nom de saint Pierre, que j'aurais reconnu néanmoins cet apôtre à son type bien caractérisé : barbe arrondie et blanche, cheveux touffus et blancs. C'est aussi à son type exactement reproduit que je reconnais saint Paul dans la première figure à gauche du Christ, n* 83 : tête longue, front découvert, peu de cheveux noirs, barbe en pointe de la même couleur ^. J'ai entrevu quelques jambages de lettres qui me font croire que toutes les figures du même style que saint Paul ont leur nom inscrit audessus de leur tête ; mais l'ornementation en relief, cet obstacle continuel aux investigations, m'a empêché d'en lire aucun. J'aurais bien voulu cependant connaître celui du saint qui est placé au n* 80, et que je ne considère pas comme un apôtre. En effet, tandis que ses voisins sont, comme d'habitude,

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