PETITE SAINTE FOY
Le trésor de Conques possède deux statues de sainte Foy. L'une est debout, en argent, et du xv* siècle : c'est celle que nous donnons ici. L'autre est assise, en or, décorée de pierres antiques, et probablement du temps de Charles le Chauve. Nous la publierons plus tard avec tout ce qui est relatif au martyre de la vierge d'Agen, et à la translation de ses reliques au monastère de Conques.
Celle qui nous occupe maintenant est en argent, doré par parties, et haute de O'^k^. Elle a été fabriquée au repoussé dans une feuille de métal d'une certaine épaisseur, et elle nous est parvenue dans un excellent état de conservation. La tête est d'une naïveté charmante; elle montre la main d'un artiste habile, appartenant certainement aux écoles du nord. Si les draperies du manteau semblent un peu lourdes dans la gravure, il ne faut point oublier qu'en exécution ce défaut disparaît en partie. L'argent bruni brise la lumière et la renvoie souvent en reflets aussi brillants que le sont les parties directement éclairées, et fait ainsi disparaître l'ensemble sous la multiplicité des lumières.
La sainte est debout, ses longs cheveux dorés pendants sur les épaules.
une couronne fleuronnée sur la tête. Elle est vêtue d'une robe ajustée à la taille que marque une ceinture étroite. Par-dessus est jeté un ample manteau posé sur les deux épaules et relevé sur le bras gauche. Le revers de ce manteau est doré et rendu mat par le travail assez large d'un outil qui y a tracé des zigzags par rangs parallèles. Le mat participe ainsi des qualités du bruni et tranche moins durement sur lui qu'on ne le fait aujourd'hui par un travail beaucoup plus serré.
La sainte tient de la main droite le gril et le glaive, instruments de son martyre» et de la gauche la palme qui en symbolise la récompense.