PECGATOR PLORA GUM VIDERIS HEG ET ADORA
A Saint-Paul, hors les murs de Rome, dans les mosaïques du chœur, ouvrage d'artistes grecs, la Préparation est au milieu d'anges et d'apôtres qui chantent le « Gloria in excelsis Deo^ ».
Au Jugement dernier de Torcello, cette autre mosaïque byzantine qui couvre
4. a Thésaurus gemmarum antiquarum », vol. m, p. tt\, « De Throno sacro dissertatio ».
5. a Notizie della basilica di San-Pietro detta la cappella regia ». Palermo, 4840, page 37, pi. XIII. — Pour Monreale, on peut consulter l'ouvrage de Lello, augmenté par Giudice, et im* primé à Palerme en 4702. La Préparation est gravée sur la pi. xvi. Dans ces ouvrages on traduit, je ne sais pourquoi, i& Èrctjxaaîa par « Alacritas ».
3. Saint Ephrem, dans un de ses touchants écrits sur le jugement dernier, s'exprimait ainsi : a Comment pourrons-nous voir sans effroi le terrible trône préparé et Tapparition du signe de là croix où le Christ fut attaché volontairement pour nous! »
4. « Die Basilikon des christlichen Roms ». MUnchen, in-fol., pi. xlv.
le mur occidental de Tancienne cathédrale, la Préparation du trône est placée au-dessous de la figure du Christ, et la même particularité se retrouve au jugement dernier de la grande église de Salamine, peint quatre siècles plus tard, en 1735 K
Les Grecs placent encore ce sujet sur des objets portatifs servant au culte, sur des reliquaires, etc. Je Tai vu sur la couverture de manuscrits qui sont à la bibliothèque de Saint-Marc et dont je parlerai plus loin. Il est sur la couverture d'un évangéliaire appartenant à l'église Saint-Michel de Moscou ^. Sur un reliquaire de la vraie croix de l'abbaye de Nonanlola, décrit par M. Cavedoni ', et sur deux autres reliquaires publiés par les « Annales Archéologiques ». L'un est la croix de Namur; l'autre, qui appartient à Mgr l'évêque de Nevers *, contient, outre le sujet en question, une inscription importante; un peu obscure peut-être dans sa rédaction, on la comprend aisément si on se reporte aux représentations du Paradis, exécutées par les Grecs et qu'on peut voir notamment dans leurs livres d'offices publiés à Venise *• En effet, dans cette inscription, le possesseur du reliquaire exprime l'espoir qu'il sera reçu dans le sein d'Abraham, là où résident le bonheur, la lumière et le trône de Dieu dans la communauté des saints. Or, dans ces représentations du Paradis dont je parle et que les Grecs désignent par ce double titre, « Le trèsdivin chœur de tous les saints. — La chair incorruptible de l'Évangile », la Préparation du trône figure au-dessus de Jésus-Christ assis et bénissant les élus. On pourra remarquer l'analogie qui existe, jusqu'à un certain point, entre la disposition des tableaux qui forment la Pala, et le sujet du chœur des bienheureux.
. Les Latins du moyen âge ne paraissent pas avoir adopté le sujet symbolique de la Préparation; il existe, il est vrai, dans !'« Hortus deliciarum^ »; mais ce manuscrit contient trop de copies et d'imitations des peintures byzantines pour compter comme un monument de l'iconographie purement latine.
4. Manuel d'iconographie chrétienne », par M. Didron, page 270.
5. Cette couverture a été publiée par M. Ivan Snéguireff, dans son ouvrage sur les antiquités de Moscou imprimé en russe dans cette ville, en 4842. Elle contient vingt et un médaillons émaillés accompagnés d'inscriptions grecques. La Préparation est dans le médaillon placé en haut.
3. « Dichiarazione di tre antiche staurotheche ». Modena, 1847.
4. Vol. II, p. 299, « Reliquaire byzantin ». Vol. v, p. 348, «Croix de Namur».
5. Je citerai surtout parmi ces livres un 6POAonoN, imprimé en 4607. Ce sujet doit être fréquemment peint en Grèce, sur les murs des églises et sur les tableaux portatifs, mais je n'ai aucun renseignement à cet égard. Il est brodé sur la dalmatique impériale du Vatican publiée dans les « Annales Archéologiques », vol. i, mais la croix n'est pas placée sur un trône.
6. « Manuel d'iconographie chrétienne » de M. Didron. p. 270.
Je Tai vu aussi à Trévise, sur un bas-relief en bois du xiii* siècle*; mais cette ville est bien près de Venise, qui a pu lui communiquer des traditions byzantines. D'ailleurs, je ne serais pas étonné qu'on rencontrât en Italie d'autres exemples de ce fait, antérieurs au xiv* siècle. Pour ce qui est de cette époque, il est permis d'en douter en observant le Jugement dernier peint par Giotto dans la chapelle de l'Arena à Padoue, où la croix est tenue par des anges.
En France, où nous possédons encore de nombreux et magnifiques exemples du Christ glorieux des xii" et xm' siècles, peints ou sculptés en dedans et au dehors de nos églises; en France, où les représentations du Jugement dernier au moyen âge sont plus nombreuses qu'en Italie, il n'existe pas, que je sache, sur les murs des églises ou les nombreux objets conservés dans les collections, aucun exemple de la « Préparation ». Ce sujet, qui paraît peu de chose en apparence, serait susceptible de longs développements ^,soit à cause des idées qui s'attachent au fond même de la représentation, soit pour d'autres raisons encore. En le considérant, par exemple, sous le rapport de l'importance du trône chez les byzantins, au double point de vue de la religion et du pouvoir temporel, on pourrait entrer dans des détails qui ne manqueraient pas d'intérêt. J'en signalerai un seul. Au sujet de la Pentecôte, qui décore si convenablement la coupole recouvrant la nef de l'église de Saint-Marc, le Saint-Esprit plane sur un trône : ses rayons traversent et descendent sur les apôtres. — Pareille composition existait également en mosaïque sur une des voûtes de l'église de Sainte-Sophie de Constantinople, ainsi que le révèle une des planches de l'ouvrage publié sur cette église par le gouvernement prussien *. Je reviens aux émaux de la Pala d'Oro; d'ailleurs les détails dans lesquels j'ai été entraîné m'ont fait scinder la description du sujet deJa « Préparation du trône » , tel qu'il se voit sur ce retable, car les figures qui sont sur la même ligne s'y rattachent directement. En effet, les deux tétramorphes et les quatorze archanges qui se suivent sur cette ligne sont en rapport avec le trône de Dieu, dont ils sont le cortège habituel. Les tétramorphes, n*** 130
1. Ce bas-relief assez grossier, tout empâté do dorures et sans inscriptions, était, lorsque je l'ai vu, dans la sacristie de la cathédrale. Sa forme oblongue peut faire croire qu'il a servi de retable, ou qu'il était placé au-dessus d'un tomt>eau.
â. Il y a déjà plusieurs années, j'ai communiqué mes notes et observations sur ce sujet à mon frère, le D' Paul Durand; j'espérais toujours, j'espère encore qu'il publiera une dissertation sur cette partie de l'iconographie chrétienne des Grecs, qu'il peut traiter bien plus complètement que je ne pouvais le faire.
3. W. Salzenberg, « Monuments de l'ancienne architecture chrétienne de Constantinople du v» au xii* siècle », Berlin, 4854 (en allemand), pi. xxxi. M. Salzenberg s'est trompé en mettant Jésus-Christ, assis sur le trône, dans la restitution qu'il a faite de ce sujet sur la planche xxv.
et 132, sont pareils à ceux du reliquaire de Limbourg, et dont un a été publié dans les « Annales * ». Les deux anges ou archanges qui suivent, n** 129 et 133, et près desquels on ne distingue aucune inscription, sont tournés et inclinés vers le trône de Dieu ; leur nimbe est simplement tracé sur la plaque. Enfin douze archanges, plus grands que les précédents, et par cette raison placés un peu plus bas, n*** 123 à 128 et 134 à 139, sont également tournés et inclinés vers le trône. Quatre sont nommés : ce sont les archanges Michel, Gabriel, Raphaël, Ouriel (OAPX HOTPIHa) ; près des huit autres, on lit seulement OAPX. Tous ces archanges sont placés chacun sous une arcature émaillée, pareille à celles qui entourent les prophètes; tous ont un nimbe d'émail vert comme celui de Salomon, et tous sont chaussés ^. Inclinés respectueusement vers le trône de Dieu, élevant une main et tenant de l'autre un labarum comme en tient la grande figure de saint Michel de la partie supérieure, ces archanges doivent dire, bien qu'aucune inscription ne le constate : « Saint, saint, saint, le Seigneur Sabaoth. Le ciel et la terre sont remplis de sa gloire ».
Dix tableaux, placés verticalement sur les côtés du retable, contiennent la légende de saint Mapc, expliquée par des inscriptions latines. J'ai copié seulement deux de ces inscriptions sur place. Je donne les autres d'après l'ouvrage de M. Bellomo.
N® 144. Saint Pierre envoie saint Marc en mission, ou lui ordonne d'écrire son évangile, s. petrvs. s. marcvs.
N* 143. Saint Marc présente Hermagoras à saint Pierre : defert beatvs
MARCVS HERMAHORA AoP (sic).
N* 142. Saint Marc guérit à Alexandrie le cordonnier Ananie : sanatvr
ANANIVS BENEDICTIONE S. MARCI.
N* 141* Saint Marc détruit les idoles : destrvit idolvm beatvs marcvs. N* 140. — Saint Marc baptise les païens convertis : hic baptizat beatvs
MARCVS.
N"" 145. Jésus-Christ apparaît à saint Marc dans sa prison : ixs xps — pax TiBi EVG MS MARGE. C'est-à-dire : lESvs christvs. — pax tibi evangelista
MEVS MA{ICE.
N* 146. Martyre de saint Marc : svspenditvr beatvs marcvs.