TREIZIÈME SIÈCLE. — AD MUSÉE DT LOCVRB
douille, du nœud et de la volute, 30 centimètres; hauteur du crosseron seul, 15 centimètres ; hauteur de la volute seule, 10 centimètres. Quant à la hampe, longueur h peu près de la taille d'un homme. Déjà, au xv'' siècle, ces dimensions étaient exagérées. Je possède le moulage d'une crosse de cette époque, qui appartient à la ville de Cologne, et qui, de la naissance de la douille au sommet de la volute, a 50 centimètres de hauteur, 20 de plus qu'à la crosse d'Hervée. Au xvi% au xvii% au xviii% tout s'exagère encore, hampe et crosse proprement dite, surtout en Allemagne et en Suisse, et l'on voit des crosses que les évêques et abbés devaient donner à porter à des portefaix, parce qu'ils ne pouvaient plus s'en servir que quand ils étaient au repos. Aujourd'hui, pour les chandeliers, les croix, les encensoirs, les calices, les ostensoirs, on semble revenir au bon sens et au bon goût, et les crosses elles-mêmes commencent à reprendre leur belle ornementation et leur taille naturelle.
Le combat de saint Michel contre Satan nous amène naturellement aux crosses historiées, les plus nombreuses de toutes. Au centre de l'enroulement de la volute, les artistes du moyen âge ont agencé, avec une grande habileté, de petites scènes historiques ou dévotes. Tous les faits de la vie du Sauveur et de la Vierge y ont été figurés, depuis la naissance de Marie et la nativité de Jésus, jusqu'à l'assomption et Tascension; disons plus, depuis la création d'Adam et d'Eve jusqu'au jugement dernier. Ce serait trop s'atlarder et se perdre dans des détails infinis et inutiles que d'enregistrer, à propos de la crosse, tous les sujets dont cet instrument a été historié pendant la durée du moyen âge ; je préfère renvoyer au mémoire déjà cité du père Martin, « le Bâton pastoral » *, où l'on trouvera, dessinées et décrites, à peu près toutes les va-