‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 147 sur 240 · DABIT • ILI.1 • DNS • SEDEM • DAVID • PATRIS • EIVS · texte numérisé non relu

DABIT • ILI.1 • DNS • SEDEM • DAVID • PATRIS • EIVS

Sur la colonne de la Force et de Daniel, le fort, rugissant et terrible lion de saint Marc (s • marcvs • ewangla) tient une banderolle où est ce texte dont le dernier mot est redoutable :

IPSE • vos • BAPTIZABIT • IN • SPIRITV' SANCTO • ET • IGNE •

Sur la colonne de la Justice et d'Ézéchiel, l'aigle de saint Jean (s • iohânnes ewangla) tient une banderolle où se lit :

VERBVM • CARO • FAGTVM • EST*

J'aperçois bien un rapport entre Ézéchiel, qui a entrevu et admiré le ciel, et saint Jean , qui l'a vu et décrit. Je comprends que la Justice, qui règne surtout au ciel, soit surmontée de l'aigle, qui habite les espaces célestes plutôt que la terre. Je comprends encore que l'aigle, attribut des empereurs qui doivent surtout faire régner l'équité sur la terre, domine la représentation de la justice humaine; mais je ne trouve pas une relation suffisante entre le a Verbum caro factum est » et la justice terrestre ou céleste. L'incarnation et la rédemption procèdent surtout de la miséricorde divine.

Ces attributs allemands des évangélistes ne ressemblent pas aux nôtres. Chez nous, l'attribut est tout entier un animal (l'ange excepté, bien entendu); chez les Allemands, c'est un être humain, qui n'a d'animal que la tête et les ailes.

Les quatre Vertus cardinales, les quatre grands prophètes et les quatre attributs des évangélistes circonscrivent quatre arcades trilobées, dans chacune desquelles se développe un sujet circonstancié. Entre le Phison et le Gehon, la Prudence et la Tempérance, Isaïe et Jérémie, saint Matthieu et saint Luc , est assise sur un trône la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus. Marie (scA • maria), nimbée et couronnée, tenait à la droite un petit sceptre fleuronné, que Jésus a pris à sa main gauche pendant que, de la droite, il caresse le menton de sa mère, humain et charmant motif, qui annonce déjà, le XIV* siècle. J'ai dit plus haut que le texte de l'attribut de saint Luc, « Dabit illi Dominus sedem David patris ejus », n'avait pas un rapport bien net avec la Tempérance qui sert de soubassement à la colonne où repose saint Luc ; je ne retire pas mon observation, mais j'ajoute que ce texte s'applique à merveille à l'enfant Jésus, assis sur les genoux de sa mère, assise elle-même sur un trône royal. Quant à Isaïe, placé à la droite du groupe, et qui dit : « Egredietur Virga de radice Jesse », on sent qu'il devait escorter la Vierge mère.

Aux pieds de la Vierge est agenouillé un jeune ecclésiastique imberbe, vêtu d'une chasuble et tenant à deux mains une banderolle où on lit :

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