‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 160 sur 240 · MARQUETERIE DU X1V« SIÈCLE, A 8IKNNI · texte numérisé non relu

MARQUETERIE DU X1V« SIÈCLE, A 8IKNNI

Un monument de victoire, mais traité comme une dalle tumulaire , est celui de la bataille de Bouvines. Louis IX, qui était non-seulement un saint roi, mais un vaillant soldat, fonda l'église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, à Paris, en l'honneur de la victoire de Bouvines et pour satisfaire au vœu des sergents d'armes qui gardaient le pont où Philippe- Auguste fut vainqueur en 1214. Deux dalles, gravées, peintes et dorées, représentent saint Louis, quatre sergents d'armes et un abbé concourant à l'exécution du vœu. Au-dessus de ces dalles, on lit :

^ . Le Dante, « Purgatoire », chant xn«.

« A là prière des sergens darmes mons' saint Loys fonda ceste église et y mist la première pierre et fil pour la joie de la vittoire qui fu au pont de bouines lan mil. ce. et xiiii.

« Les sergens darmes pour le temps gardoient ledit pont et vouèrent que se Dieu leur donnoit vittoire ils fonderoient une église en lonneur de madame sainte Katherine et ainsi fu il*. »

Il y a dans ces deux dalles une étude à faire et des leçons à prendre pour ceux qui voudront revenir aux anciennes dalles tumulaires, leçons de gravure et de peinture, de figure et d'ornementation.

L'iconographie des tombeaux est aussi variée que l'histoire générale de rhumanité et que l'histoire particulière des individus. Chaque tombe, en effet, est une oraison funèbre de l'individu qu'elle contient, de ses actions considérées en elles-mêmes et de ses actions comparées à celles des autres hommes.

Un tombeau comporte ordinairement deux étages : un coffre, à jour ou plein, dans lequel on place l'effigie du mort et quelquefois ses restes ; un couvercle, en pente ou en terrasse, sur lequel est figuré le défunt, vivant et entouré de ses actes. Les exemples les plus complets de tombeaux de ce genre sont donnés par la renaissance, A Saint-Denis, les tombeaux de Louis XII, de François V et de Henri II sont assez complets sous ce rapport; mais celui de saint Etienne d'Obasine, page 17, n" 9. de ce travail, en fournit déjà les éléments.

Dans l'étage du bas, la statue couchée; dans le haut, la statue agenouillée. Dans le bas, le mort s'appelle le gisant ( « jacens » ) ; dans le haut, il se nomme le priant ( a orans»). Mais, à la renaissance, on préfère le couvercle en plate- forme au couvercle en pente ; au toit on substitue la terrasse. Par conséquent, s'il y a une place très-belle pour le priant et sa famille, comme au tombeau de François I", par contre, la place manque pour y figurer les actions du défunt 2. Ces actions, comme les campagnes d'Italie aux tombeaux de Louis XII et de François P', c'est au soubassement sur lequel

4. <c Monographie de Téglise royale de Saint-Denis », par le baron de Guilhermy, dessins par FiCHOT, p. 244-245.

t. Voir la « Monographie de Téglise royale de Saint- Denis », par M. le baron de Guilhermy, avec dessins par Ch. Fichot. Ce livre, si savant et si précis, pourrait noiJis dispenser de parler des monuments funéraires, parce que tout ce qu'on en peut dire est là. In-18, Paris, 4848. — Page 451, on y lit : « Cinq figures agenouillées sur la plate-forme supérieure du monument représentent François I" et Claude de France ; leurs fils, le dauphin François et Charles , duc d'Orléans; leur fille, Charlotte de France, qui mourut âgée de huit ans. Le roi et la reine ont devant eux des prie-Dieu ornés de F et de G couronnés. »

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