AMEN
Dernièrement je passais à Bar-sur-Aube, qui possède encore, dans ses deux églises Saint-Pierre et Saint-Maclou, un assez grand nombre de dalles du xiii* au XVII* siècle. A Saint-Pierre, près de l'entrée latérale du midi et sous la chaire, j'en avisai une qui me parut du xv* siècle. Pas d'effigie, mais, au milieu d'un écusson , j'aperçus gravés au trait un couperet et un couteau de boucher ; puis, en face , un poisson , de la mâchoire inférieure duquel pendaient deux petites barbilles ou appendices charnus. Je crus d'abord que le défunt avait été boucher et poissonnier tout à la fois ; mais, en y regardant de plus près, je lus ce qui suit d'une inscription dont le reste, par malheur, est rogné ou caché par la chaire :
CT 6IST HONORABLE HOME JEHAN JOSEPH DIT BARBILLO BOVCHBR EN SON VIVAT DEMORT EN GESTE VILLE LEQUEL TRESPASSA LE
Ainsi, à cause de son surnom, était figuré un barbillon comme sur les dalles anglaises, et, à cause de son métier, un couperet et un couteau.
Certainement, aujourd'hui surtout, on fera très-bien de graver sur la dalle d'un chrétien le symbole de sa croyance ; mais on est autorisé, par la plus belle époque du moyen âge, à y figurer les attributs de la profession et même du plus humble métier.
i, Charles Boutell, a Monumental Brasses », in-8", Londres, 4847, p. 30, 35, 459.