‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 223 sur 240 · Voir plus haut, page · texte numérisé non relu

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le marly, offre une série de contre-lobes que frangent des feuilles trilobées, et à chaque cercle rentrant correspond une pointe d'étoile se dirigeant vers la circonférence. Des hachures croisées occupent Tintervalle de ces dents, ornées elle-mêmes à leur centre de hachures parallèles aux rayons qui iraient du centre à leur sommet. Les lettres GF et M , marques de l'orfèvre qui a fabriqué cette pièce, sont poinçonnées sur le fond, et séparément. Tout le travail de cette partie n'est nullement modelé et consiste en une simple gravure. Le centre de la patène est occupé par un petit émail circulaire, peint sur argent avec des couleurs translucides par parties. Il représente la Vierge et saint Joseph en adoration devant l'enfant Jésus couché dans la crèche, réchauffé par le bœuf et l'âne, tandis que les bergers s'agenouillent sur le seuil de la porte ouverte de l'étable. Le champ annulaire compris entre l'émail et le bord est occupé au sommet par un buste d'homme, à grand nez, coiffé de longs cheveux, avec barbe au menton, pouvant offrir quelque ressemblance avec le roi François P'. Ce buste est entouré d'une couronne de feuillages, que tiennent deux êtres fantastiques, enfants par la tête coiffée de feuilles ; enfants par le buste et les bras, mais végétaux par la longue volute garnie d'expansions feuillues qui prolonge leur corps et se termine par une tête de dauphin. Entre ces deux chimères, dans le vide correspondant au buste, se trouve un ornement de feuillages symétriquement distribués.

Le revers de la patène est gravé à son centre d'une étoile à dix-sept rayons, se détachant sur un fond ciselé, et portant à son centre l'Agneau divin, modelé avec un léger relief, portant le nimbe crucifère et la croix à pennon.

Si la main qui a exécuté tous ces ornements était celle d'un habile orfèvre, on peut se convaincre, à l'inspection des figures humaines que nous avons dessinées avec un soin scrupuleux, qu'elle n'appartenait point à un savant statuaire. Où et à quelle époque travaillait cet artiste? Était-ce en Italie ou en France? Était-ce lors de l'expansion de la renaissance ou lorsqu'elle allait s'abâtardissant? Cette question me laisse dans cet état indécis où se trouvait J.-J. Rousseau lorsqu'il faisait dépendre sa croyance en Dieu de son plus ou moins d'adresse à lancer des pierres. Je ne demanderais pas mieux que de croire que ce calice est bien celui que la reine Anne de Bretagne a donné à l'église Saint-Jean-du-Doigt, en l'année 1506; mais si celte œuvre est française, je m'étonne qu'elle ne montre pas plus de traces du style gothique expirant, et que, si elle est italienne, elle ait tant de pesanteur dans ses ornements.

Du reste, voici ce qu'Albert le Grand, en ses « Vies des saints de Bretagne », raconte sur le voyage de la reine Anne à Saint-Jean, et sur les présents qu'elle fit à l'église.

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