SYMBOLIQUE DE L'ARCHITECTURE DU MOYEN AGE. ITS
triangle. Probablement !e pieux abbé ne fut amené que plus tard, par cette apparence fortuite , à la pensée d'un rapport symbolique avec la Trinité '. Je ne connais point d'autre cas semblable. Souvent les colonnes et piliers rappellent le nombre des apôtres et des prophètes ^^ mais on ne découvre encore ici aucune trace d'influence sur le développement de la forme.
Toutes ces significations sont donc un jeu innocent de la subtilité d'esprit qui s'appliquait aux réalités traditionnelles et nécessaires, et qui déterminait seulement et très-secondairement le nombre de certains membres architectoniques. Nulle part n'est donné un principe d'où la mesure, les formes, les détails puissent sortir. Du reste, cette symbolique ne s'inquiétait pas de telles finesses. La grande métamorphose de l'architecture qu'apporta le style gothique passa devant ses yeux inaperçue. L'évêque de Mende, à la fin du XIII* siècle, en France, où cette architecture florissait déjà depuis longtemps, conserve toutes les indications que ses prédécesseurs avaient découvertes dans le style roman et se rapportant évidemment à celui-ci. On devait s'attendre qu'au moins l'arc aigu, l'efiPort ascendant de toutes les parties lui auraient inspiré de nouvelles considérations du genre de celles qui se manifestent habituellement chez nos touristes; mais il garde le silence ou il s'en tient aux phrases générales. Les propriétés qui nous paraissent les plus significatives sont précisément celles dont il n'est pas question.
On n'a pas fait encore cette remarque, que je sache. Toutefois elle n'effrayerait pas les partisans de ce système. Ils répliqueraient que la doctrine mystérieuse ne pouvait pas être contenue dans cette symbolique ingénue des écrivains ecclésiastiques et qu'elle se conservait, au contraire, avec une discrétion rigoureuse et sous la foi du serment , dans des sociétés secrètes indépendantes de l'Église. Par cette raison, elle ne fut jamais confiée à l'écriture et, par cette raison encore, elle se perdit lors de l'extinction des confréries de maçons, dites « Banhutte ».
4 . V. a Vita F. Angilberti » dans les Act. SS. ord. S, Benedicti , sect. iv, pars 4 , et nommément la gravure, p. 3. Il est à remarquer aussi que le biographe n'écrivit qu'en l'année 4088 ; il déclare lui-même que le document qu'il publie est difficile à lire. La description contenue dans ce document ne me semble donc pas posséder la grande importance que M. Didron, « Iconographie chrétienne », pages 39 et 534, lui attribue.
t, SuGBR, « De administratione suâ» (Duchesnb, Script, iv-344).
D' SCHNÂÂSE,
Gooidller à la eoor de etsMiion de Bertin.