L. C. DE MELLET
Eipodition universelle de Londrea. — ManuscriU à miniatures et rubriques. — Les anciens artistes
du Rouergue. — Cours de plain-cLant.
Exposition universelle de Londres. — J*ai voulu voir de mes yeux l'Exposition universelle; mais arrivé à Londres, à la fin de cette Exposition, dans ces journées où cent et cent dix mille personnes s'entassaient devant les produits du monde entier, je n'ai pu réaliser mon projet d'examiner et d'étudier à loisir l'Exposition. Impossible, par conséquent, d'en parler aux lecteurs des « Annales » en suffisante connnaissance de cause. Toutefois, trois sections m'ont attiré principalement : les terres cuites, les vitraux et ce qu'on appelait la a Cour du moyen âge », où l'orfèvrerie, la menuiserie et les tissus en style gothique occupaient la place principale. Je demande la permission d'en dire un mot.
Le grand fabricant de terres cuites, de porcelaines et de carreaux incrustés, M. Minton, avait une brillante exposition. C'est là surtout que nous avons compris combien l'Angleterre l'emporte sur la France et sur l'Europe entière en instruments de travail, en ressources de fabrication. Nos manufactures de France, même celle de Paris, sont d'une timidité, d'une pauvreté déplorables ; il est vrai que c'est une industrie naissante, faible en demandes et nulle en offres ; mais, dès l'origine, dès la première époque de la renaissance de cette industrie chez elle, l'Angleterre était géante en comparaison de la France. Les commandes abondèrent et les offres allèrent même audevant de la demande. D'un côté, on prodiguait l'argent pour avoir des terres cuites ; de l'autre, on prodiguait l'or pour faire des essais. Acheteurs et fabricants se concertaient pour atteindre à un résultat immédiat et considérable. M. Minton fit des sacrifices dont on lui sait gré, aujourd'hui encore, et dont on continue à le récompenser. Ainsi, dans Margaret-Street, Regent-Street, à Londres, M. Butterfield, architecte, construit une église Sainte-Marguerite à laquelle notre honorable collaborateur, M. Beresford Hope, prend un intérêt particulier. Là, on fait une expérience de polychromie en construction, c'est-à-dire que les murs sont entièrement bâtis en briques de couleurs diverses, rouges, jaunes, noires. Ces briques, c'est M. Minton qui le s fournit ; elles sont d'une rare beauté et d'une admirable exécution : jamais, à aucune époque on n'aura fabriqué des briques aussi parfaites. Mais aussi, ni commettants, ni fabricant, n'ont épargné les sacrifices pour obtenir cette perfection. Chaque brique, du moins on me l'a assuré, coûte un schelling ( 4 fr. 25 c). Mille briques reviennent donc à 4,250 fr.; or il en faudra ainsi plusieurs centaines de mille pour construire le logement des ecclésiastiques, pour élever l'église et monter le clocher dont la large base annonce une future hauteur considérable. Le tout est en style gothique qui m'a paru rappeler le commencement du xiv* siècle. Au Parlement, c'est encore M. Minton qui fournit, d'après les dessins de M. Pugin, le carrelage incrusté et émaillé. Or, l'un des carreaux, qui est à trois couleurs et qui porte 30 centimètres carrés superficiels (je l'ai mesuré moi-même), coûte quinze bons francs
de France. Qu'on juge, d'après le prix des briques de Sainte-Marguerite et les carreaux du Pariement, si les Anglais ne sont pas capables de tout. Cependant, si nos voisins ont l'argent et les moyens puissants de fabrication, ils ne possèdent pas, au moins en ce moment, le goût et la science dont nous pouvons, à bon droit, nous glorifier. Certainement, ces carreaux sont d'une exécution parfaite ; mais le dessin frappé sur chaque carreau et le dessin que forme l'ensemble du carrelage ne sauraient satisfaire ni un artiste, ni un archéologue. A l'église du Temple, de Londres, le carrelage n'est qu'une agglomération de carreaux divers sans dessin général qui les relie ; au Parlement, le dessin est général, mais d'un goût douteux. Il nous a paru néanmoins que dans les pièces, où Ton a posé plus récemment des carreaux émaillés, où l'on en pose encore en ce moment, la publication que nous avons faite, avec l'aide de M. Deschamps de Pas, du carrelage de Saint-Omer, avait exercé une influence heureuse sur les nouvelles ordonnances. Enfin, dans les magasins de M. Minton, au pont de Blackfriars, à Londres, nous avons remarqué un certain nombre de carreaux où brillent les belles formes du xiii« siècle. Nous pensons que nos gravures coloriées , des carrelages de Saint- Denis, de Breteuil, .de Merles et de Saint-Omer, données à M. Minton par M. le marquis de Vogué et que nous lui avons remises nous-mème, éveilleront dans le célèbre fabricant anglais le besoin de reproduire les formes les plus pures du moyen &ge.
Quant aux vitraux, l'exposition en était des plus nombreuses : l'Angleterre, la France, l'Allemagne, la Belgique, la Hollande, l'Italie même avaient apporté leur contingent dans le a Palais de cristal ». Nous pouvons le dire, aucune nation n'avait fait aussi bien, mais aucune n'avait fait aussi mal que la nôtre. M. Maréchal (de Metz] n'a pas eu de rivaux en beauté ; mais deux peintres sur verre de France ont dépassé les limites de la laideur. Là encore l'Angleterre écrasait par le nombre ; à elle seule elle avait autant d'exposants que les autres nations réunies. Mais, après l'Angleterre, la France en avait fourni un nombre presque égal à celui des autres pays. Dix-huit maisons anglaises luttaient donc contre neuf de France, contre trois de Belgique, deux de Berlin, une de Nuremberg, une de Ëisfeld, une d'Amsterdam, une de Vienne, une de Milan. De Londres même étaient venus MM. Edw^ard Baillie, George Hoadley, George Hedgeland, George Mayer, A. Gibbs, Claudet et Houghton, J. Hetley, G. Howe, Talbot-Bury, Powell et Sons, M. et A. O'Connor ; de Birmingham, M. Hardman et MM. Chance frères ; de Newcastle-Upon-Tyne, M . W. Wailes et M. John Gibson ; de Liverpool,' MM. Forrest et Bromby ; de Warwick, M. William HoUand ; d'Edimbourg, MM. Ballantine et Allan. Je ne puis pas, étant du métier, porter un jugement sur ces vitraux ; on me récuserait. Je dirai seulement que M. Wailes avait reproduit avec un rare bonheur les célèbres verrières du croisillon septentrional de la cathédrale d'York, ces cinq verrières qu'on nomme les cinq sœurs et qui, grisailles à filets de couleur, sont d'un rare xiii' siècle. M. Hardman, la main qui réalise les dessins de M. Pugin, avait des vitraux un peu crus de ton, un peu raides de traits. Si je ne me trompe pas de nom, MM. Powell et Sons de Temple-Street, Fleet-Street, à Londres, avaient produit, à l'aide d'une singulière invention, des vitraux coulés et moulés comme des verres et des carafes. Ainsi des tables de verre avec des hachures creuses, et ces hachures remplies d'un émail noir donnant au tout une incroyable vigueur. Ce n'est certes pas archéologique , mais c'est fort curieux et d'un résultat magnifique.
Dans la « Cour du moyen âge » MM. Hardman [et Pugin reparaissaient avec des vitraux , des sculptures en bois et en pierre , des pentures et serrures en fer, des fontes en fer et en cuivre , des cuivres battus et ciselés , de l'or et de l'argent fondus , battus et repousséa, des tissus d'or, de soie et de laine , des cuirs et des papiers divers , des carreaux émaillés. Ainsi , sans sortir de cette étroite enceinte , on avait sous la main , on embrassait d'un seul coup d'oeil des autels parés avec tabernacle et chandeliers, des croix et reliquaires, des couronnes ardentes, des vases sacrés , des ornements sacerdotaux , des livres liturgiques, un lutrin en dinanderie, un lutrin en bois, un priedieu et un banc de stalle, des dalles funéraires en cuivre, un tombeau en pierre, des statues en pierre , des fonts baptismaux en pierre et en bois , des tapis et des dais en laine et soie, des papfers XI. 38
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de tenture, une bibliothèque en bois, un poêle colossal en carreaux émaillés, des cheminées et dos dressoirs ; le tout en style gothique. Malheureusement de ce style préféré des Anglais : de ce gothique de chicorée , flamboyant et du xv« siècle. Dans les autels , dans les statues , dans le tombeau , on sentait déjà l'inspiration du xiV siècle , peut-être même le souffle du xiu* ; car V. Pugin , français par son père , par ses amitiés, par son goût d'archéologue, arrive auxiii* siècle , mais avec trop de lenteur, à notre sens; il considère encore, au moins d*un œil, ce qu'il a trop regardé des deux , ce xv« siècle qui a provoqué la renaissance païenne du xvi« et qui a failli perdre la renaissance gothique du xix*. Quoi qu'il en soit , c'est un grand exemple qui nous était montré dao^ cette « Cour gothique ». Ici, en France, à Paris, nous avons des peines infinies pour obtenir des résultats minimes ; tout nous fait obstacle. En Angleterre , le courant vous aide et ajoute jsa force générale d'impulsion à votre zèle personnel. M. Pugin bâtit, meuble et décore des cathédrales, des évèchés, des monastères, des châteaux. Catholique, il est recherché des anglicans et des puseystes, qui lui donnent des églises à construire , des verrières à peindre. Au Parlement , il confactipnnfi trois mille mètres superficiels de vitraux. C'est une magnifique existence et qui réalise^ tous lea matins , les plus grands rêves qu'il a pu faire pendant la nuit. Un jour peut-être pareille faveur environnera-t-elle quelqu'un de chez nous ; mais il n'en est pas encore ainsi.
Entre les plus curieux objets de la « Cour du moyen âge », j'ai remarqué deux couronnes ardentes, imitées avec succès de celle que Frédéric Barberousse suspendit, où elle est encore, au-dessus du tombeau de Charlemagne, sous la coupole de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. Cette couronne ardente porte bonheur ; car , parmi les œuvres de fonte et d'orfèvrerie exposées par M. Placide Poussielgue (de Paris), successeur de M. Choiselat, la plus remarquable certainement était une couronne ardente exécutée, je crois, d'après les dessins du R. P. Arthur Martin. Un jour, probablement, nous reviendrons à l'éclairage ecclésiastique du moyen âge , comme nous sommes revenus à sa peinture sur verre et à son architecture. Il faudra alors , et le temps nous en semble arrivé déjà , étudier tout ce système , qui était si splendide , pour le faire renaître complètement. Le cierge ou chandelier isolé, le chandelier à sept branches , la couronne ardente ou le lustre , étaient les trois termes principaux de ce système. Les chandeliers , on commence à les reproduire tels qu'ils étaient autrefois , et nous venons nous-même d'en faire exécuter un en style roman de la fin du xii« siècle. Les couronnes ardentes, accueillies avec foveur en Angleterre, commencent à nous intéresser même en France. Les chandeliers à sept branches , il y a longtemps qu'on en fait , mais il y a longtemps aussi qu'on les fait mal et en style qui sent l'Empire ou le Louis XV bien plutôt que le moyen âge. Pour échapper à la forme juive , au chandelier du temple de Jérusalem , on s'est jeté dans le style moderne, dans le genfe rocaille, dans le goût maussade impérialiste. Il parait urgent de publier des modèles qui nous arrachent à ces laides formes. Le chandelier à sept branches., que nous avons placé en tète de cet article , n'est pas un modèle précisément. Gravé d'après un dessin que nous devions à la générosité de l'architecte M. de Lassaulx, et qui n'a pu être terminé comme nous l'aurions voulu , parce que la mort est venue , il y a trois ans , nous enlever subitement notre ami , ce chandelier n'accuse pas assez son époque ; certains ornements en sont trop indécis. On a reproduit scrupuleusement le dessin , net dans les deux fragments de détails , mais vague dans l'ensemble. Cependant c'est encore un notable exemple de chandelier à sept branches à présenter.; le nombre de ces instruments d'éclairage est tellement petit en ce moment , que nous devons recueillir tous ceux qui peuvent exister encore. Celui-ci est placé dans l'église d'Essen, Prusse-Rhénane, près de Dusseldorf. En dire Tépoque, serait diflicile. Le détail du nœud indiquerait le xv* siècle, mais le détail de la tige semblerait accuser le xii«. Les petits anneaux des branches et surtout les crochets des chapiteaux ou des bobèches iraient assez bien au xiii*. Nous n'avons pas vu cette pièce, et il nous est impossible, par conséquent, de la dater, car le dessin n'est pas arrêté suffisamment. H semble du reste que cette indécision de date s'attache surtout aux chandeliers à sept branches , car le magnifique morceau de ce genre , qu'on appelle 1' « Arbre de la Vierge », et qui se dresse dans
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la cathédrale de Milan , est regardé comme de la fin du xii*' siècle par les ima , comme de la renaiapance par les aotres.
Quoi qu'il en goit de Tépoque précise du chandelier d'Eseen, cette pièce nous a paru intéressante et noua pensons que la gravure en fera plaisir à nos lecteurs. Si jamais une Exposition comme celle de Londres , générale ou même partielle , se renouvelle en France ou ailleurs , nous espérons bien qu'à Gété des couronnes ardentes , en style du moyen âge , on reproduira des chandeliers à sept branche», comme celui que noua donnons aujourd'hui et surtout comme ceux que nous pourrons donner plus tard.
Manuscrits a miniatures. Rurriques. Noms d'artistes. — « Monsieur, je vais continuer à vous transcrire pour les « Annales Archéologiques » quelques-unes de mes meilleures découvertes. Le Missel poitevin, coté à la Bibliothèque Nationale sous le n° 872 , s'ouvre par des rubriques générales sur le Gloria , V/êUeluia^ le Credo^ le Te Deum^ Vite Missa est, le Benedicamus Dominât le HequiescaiU in pace; enfin sur la manière de conclure les oraisons. Toutes ces rubriques se résument dans les vers suivants.
SBGU?rrUR VBRflUS*
Ottiiïia fe^ Dei , fesium crucis atque Mariœ , Lucas , et Marcus , et Magdalena M« (Maria) , Omnis et ecclesia , fuerit si forte sacrata , Gloria cum Credo poscunt et apostolus omnis. Cetera deposcunt solemnia Gloria tantum.
Si Domini adventus vel Ix (quadragima) fiât , Deposcunt tantum Domini solemnia Credo.
Nullus habet sanctus , si quadragesima fiât , Gloria cum Credo, nisi sola Virgo Maria. Glo dat ut Ite canem : sine Glo Bene vel Requi dicam. Ane vacante, cano sine Glo Te, non sine Te Glo.
« Ce dernier vers s'explique par la rubrique en prose que donne le même Missel , an verso du l*' folio : « Tune enim (quadragesima) non dicitur Gloria in exceisis , quamvis dicator ad matutinaa Te Deum landamuê. » Par Glo, lie^ Bene, Requi , Aile, Te il faut entendre : Gloria, Ite fXlê$a €it, Benedicamus Domino^ Requieteani in pace^ Àlieluia^ Te Deum, dont c'est l'abréviation. '^ Le nom du donateur de ce Missel poitevin, n° 872, et l'époque de la donation se lisent dav» la rubrique suivante : — « Dominus Guillermus Jeudi presbyter, rector ecclesie parochialis « béate Marie de Olona, dédit et ooncessit hune presentem librum predicte sue ecclesie in die as- « sumptiiHiis béate Marie virginis, anno Dni millesimo cccc» quinquagesimo prkno pro oomemo- < radone anime sue fienda. » — « Notre-Dame d'Olonne , autrefois du diocèse de Poitiers , eêt actuellement de celui de Luçon. Ce Guillaume Jeudi , qui concède à son église un Missel {rfémier, a été représenté par le miniaturiste, chargé de la sobre, mais noble et inteHigente ettlutnimire du manuscrit, au verso de la grande vignette da canon. Agenouillé devant Marie, qui siège en reine et présente à ses adorations son divin enfant, assisté de saint Jean-Baptiste, dont il pèrtè ausâi pieul-étre le nem, il laisse échapper de ses mains jointes un cartel blanc sur lequel est éOfile eetie simple et touchante supplication : « Mater Dei, mémento mei ». Son coaiume est celui que r<m trouve le plus fréquemment dans les manuscrits : une soutane bleue et un surplis à manches pendantes. Ce surplis, que nous n'aurions jamais ûtt quitter, me remet en mémoire trois nouvelles ifliportaiites, tiiDis réformes auxquelles applaudiront tous vos lecteurs. Et d'abord la ddppressnon, an diocèse d'Angoulème, du tricorne et du surplis parisien, à ailes plissées et rigides. Grftce au zèle
de notre nouvel évdque pour Tancienne discipline ecclésiastique, grâce à son goût éclairé, nous revêtons le surplis dit a Romain », déjà adopté dans les diocèses de La Rochelle et de Périgueux ; puis nous mettons de côté, sans aucun regret, ce chapeau civil et militaire , pas du tout ecclésiastique et du wiv siècle , si malencontreusement conservé par les actes du dernier concile provincial de Rennes (prov. de Tours). La troisième réforme, non moins heureuse que les précédentes, supprime le rabat que vous avez si bien qualifié dans votre Introduction aux «^ Chants de la Sainte- Chapelle ». Hélas I pourquoi cette prohibition n'est-elle que partielle et ne conceme-t-elle que le diocèse de Moulins? Avouons cependant que le retour aux anciennes traditions est de plus en plus prononcé. Votre persévérance et votre influence y sont pour quelque chose.
a Le « Missale romanum », n** 4, fonds. Lavall. de la Bibl. Nation., porte à son dernier folio une inscription commémorative que je reproduis fidèlement : — «Fuit'finitum hoc missale nona « aprilis Mcccc<»lxxxxij et fecit ipsum scribi Reverendus in Xpo Pater et Dominus Johes de « Fuxo , miseracione divina episcopus Conuenarum in Alano, per me Petrum de la Nouhe habi- « tantem loci de Herbertis Lucionensis dyocesis. Ad laudem Dei Patris, Filii et Spiritus Sancti, glo- « riosissime virginis Marie, omnium angelorum et sanctorum Dei, ad salutem animarum vivorum ac « deffunctorum sit. Amen. » — Je suis heureux de pouvoir, le premier, faire revivre le souvenir de Pierre de la Nouhe, habitant de la petite ville des Herbiers, au diocèse de Luçon, et d'appeler l'attention sur le chef-d'œuvre de calligraphie qu'il nous a laissé , gr&ce à la munificence de Jean de Foix, évèque de Comminges. — La Sainte-Chapelle de Champigny, près Richelieu, si vantée pour ses incomparables vitraux, est, pour l'art du xvi" siècle qui l'a bâtie, sculptée et peinte, ce qu'est, pour l'art du xiii*', la Sainte-Chapelle de Paris. Mes recherches m'ont amené à la découverte de deux noms d'artistes , l'un Italien , l'autre Français , que je crois avec fondement avoir travaillé à la décoration de cette splendide construction de la Renaissance. Deux cloîtres flanquent au nord et au midi la Sainte-Chapelle. Au cloître méridional j'ai lu, au-dessous du monogramme et du signe lapidaire de l'artiste , écrit en caractères du xvr siècle , le nom de Marcon , avec la date de 4585. — J'ai retrouvé au tailloir d'un chapiteau d'une chapelle latérale la mènie signature. Au cloître septentrional , j'ai lu près d'un chapiteau cette inscription : Piero Yagnarbllo Italiano. 4581. Sur les murs de l'édifice, j'ai rencontré bon nombre de monogrammes et de signes lapidaires, mais pas un autre nom. — J'extrais d'un Missel angevin de 4 489 (Biblioth. Ste-Geneviève, n** 594 ) , une pièce extrêmement curieuse , vrai tour de force , où la piété se joint à l'originalité. « Anthienne et oroison de la Vierge Marie pour congnoistre a tousiours quant sera le jour de « Pasques. — G Maria glorie celorum secretaria cuius filium omnes fines terre laudanter beati- « ficant. Ymago gratie beatorum solamen claritas fidelium protectrix bellantium tuas laudes eruc- « tantium. Purgatrix grata iniquitalum munde consciencie zelatrix honor angelorum totius laboris « etiam quies gloria justorum mater Dei zelatrix honoris animarum. Vbnib das effectum que- « sumus adiuua vocantes medula debilium regina humilitatis auxilium nobis extendens egregium « quatinus amatores Xpt mereamur Dnm regionis immense hereditatem nobis exbibeas cum inclitis a alumnis Cristi fraudes demonum repelle benedicta garrientium noxivas ecclesie sancte Karbon- « culus appelaris. Omni forma celorum rutilentior benedictis ydribus omata celorum. Suprema c karatheris fidelium origo fulminatrix quaquo demonum largire beata yperapisces gaudia beatorum « servulis cupientibus felicium premia filio tuo labente cuius ymagine glorifîcati beatorum teneamus « consorcia. — v. Sancta Dei genitrix virgo semper Maria. — r. Intercède pro nobis ad Dnm Deum « nostrum. — Oremus. — Dne Jhesu xpi qui in omni tempore momentis gloriosam genitricem tuam a virginem Mariam nostram protectricem misericorditer effici voluisti, presta quesumus ut ejus « intercessio nos tecum regnare faciat in celis cuius uteri virginei clausuram pro nobis sùstinere a voluisti in terris. Quivivis... » — « Pour congnoistre delà susdite anthienevous devez scavoir que « tous les mots qui se définissent par M signifient le moys de Mars. Et dénotent Pasques estre vers « la fin d'icellui moys a tel nombre de iours come la première lettre d'icellui mot est mise en son
« ordre en la abc et tous les autres mots de lad. anthiene signiGent le moys d* avril et dénotent « Pasques estre en icellui moys a tel nombre de jours corne la première lettre dudit mot est assise « en la ABC et le premier mot deTanthiene 0. Et le dernier «conscia». Et toutes les autres choses « qui viennent après come les vers et oraison ne servent de rien a lad. pratique. Et si est a noter que € cbascun mot de lanthiene sert pour ung an en retouniant tousiours de la fin au comencemeni; et € pour clerement le congnoistre comencez à ceste présente année au mot « tuo qui », est pour lan « mil quatre cens quatre vingts et neuf en contant tousiours par les autres mots de an en an. » — Le mot qui sert à la présente année 4 851 est Ybnie. — Veuillez agréer, Monsieur, la nouvelle assurance de mes sentiments dévouée. « L'abbé X. Babbikb. »
Les anciens artistes du Rouergue. — M. Louis Bion de Marlavagne veut bien nous donner la suite de ses curieuses découvertes sur les anciens artistes du Rouergue. Nous publions aujourd'hui la première partie de ces documents ; notre prochaine livraison renfermera la seconde partie. — € Monsieur, je vous ai promis de nouveaux et plus complets renseignements sur les anciens artistes du Rouergue; je vous les envoie de très-grand cœur. Mais, je dois vous le dire , vous y trouverez peu de noms aussi remarquables que quelques-uns de ceux que je vous ai déjà fait connaître. On n'a pas tous les jours la bonne fortune de rencontrer des « menuisiers » comme celui qui fit les stalles de la cathédrale de Rodez , ni des a imagiers » comme ceux qui sculptèrent le portail méridional et aussi très-probablement le jubé de la même église. Néanmoins, tels quels , les documents que je vous transmets aujourd'hui ne manquent pas d'intérêt. Vous allez en juger. — En 4277, le 8' jour des calendes de juin, Raimondde Calment, évéque de Rodez, posa la première pierre de sa nouvelle cathédrale : « Signavit et benedixit et posuit primum lapidem in fundamento « ecclesie Ruthenensis , in dextera parte. Qui lapis est signatus de magna cruce. » — Pendant les années qui suivirent , la construction du chœur fut poussée avec la plus grande activité. Les archives départementales possèdent le compte-rendu , fait par le procureur de la Fabrique , des recettes et dépenses de l'Œuvre pour les années 4289 et 1294. Aux dépenses de 429i, je trouve mentionnés les noms qui suivent : « Item in quibusdam expensis per magistrum Stephanum factis « et emptione glutinii, 404 1. 6 s. et 74 1. turon. — Item pro salarie seu loqueriis ipsius magistri € Stephani et Ponseti scolaris sui, 420 l. 6 s. — Item pro loquerio G. Bruni, 45 1. 4 s. 4 d. — « Item pro loqueriis multorum aliorum magistrorum, 85 1. 9 s. 44 d. et 43 I. 40 sol. turon. » — Qu'était ce maître Etienne? aucune qualification distinctive n'étant jointe à son nom , on serait tenté de le confondre avec les simples ouvriers. Mais, comme ce nom revient fréquemment dans les comptes , pour des dépenses très- variées et surtout pour un salaire comparativement assez fort, on ne peut douter que maître Etienne ne fût le directeur des travaux , l'architecte , le « magister et gubemator edificii » , comme se trouve qualifié un autre c maître de pierre », dont nous parlerons plus bas. — En 4449, Guillaume de Latour-d'Oliergues , qui avait repris les travaux de construction de la cathédrale, interrompus depuis près d'un siècle, baille à construire, à prix-fait, à Raimond Dolhas alias Castelvert « lapicida » , du lieu de Villecomtal , et à Guiral , son fils , le dernier «crosier» (ulHmum croserium) du chœur. L'acte de bail, écrit envieux patois du Rouergue , est surtout curieux par les nombreux termes d'art qu'il renferme. En voici les passages les plus saillants. 4<' Les dits Raymond Dolhas et Guiral , son fils, « faran le dit crosier del fonsdel € cor de la dita glieysa et montaran los pilars commensats en ayssi coma so los autres crosiers del « dit cor précédons, de peyra de talha be etsufficiemment, et faran las clarasvoyas que so defforas « enayssi coma so fâchas las autras précédons. » 2® Les dits Raimond et Guiral seront tenus d'extraire à leurs frais toute la pierre de taille nécessaire « per far le dit crosier et sas appartenensas. » € 3o Item plus , faran los arcsbotas et montaran las pilas coma las autras précédons de la dita c glieysa. 4® Item plus arcarans tôt so que sera necessari d'arcar tent per le crosier coma per los « autres edificis necessaris et deppendens del dit crosier. 5*" Item devo plus far laleya am los fenes-
tt fratgeà Coma 90 los atitres déls dits cor et glieysa et tota aotra tiftusa expresBadai he non exprèstt ^tfa éhaydsi coma la forma hoAestad et perfîedi de la df ta glieysa k> feqiMiTa , que tia ho teque a td dit c^ro^ter , haAtds arc&botaiiâ , dafrafvioyas (^qtiei , tai^t dediiis que detforas , axeptal solament <i \6 ftkëhtiëtX de la pifana dejota'los arcsbûtan? départ défforsts. » 6" A son tour, le seig^ear évèque serai' téfmi d^àsàignet atrx dits « niatCres » uiï Heu où ils puissaM gir^nitemenl extraire la pierre de tailiè : Il leiir fournira poutres, planches, fefé, cordes et autres dioees nécessaires: il fera porter au (»ied oti aut environs de Téglfse tous les matéHaux ; il baillera aux dits père et fils , dans la ville d^ ftoâtH , ttUe tasàaoû où ils tiaUtei'Ottt pendant le dit ouvrtrge. 'ï^ Bnfia il devra leur payer uiie seule fois, « pcfr una tegadia 9 , six porcs , du prix chacun de treie montous d- or, m boeuf de neuf moutons , ou , au lieu des porcs et du bœuf, 27 moutons d'or, 300 setiers de seigle (mesure de Rodez), 25 prpes de vin, iW é^s d'or, et au dit Raimond seulement « una rauba et hun capairo ». — Bn f il6f , M* Vincent Sermati, « peyrier » ou « massons », et Jean Senoati, son fils, prennent à construire deux piliers et un « crosier » de la calbédralle, au prix de 3020 écus d*or; %fM setiers dé l^fd, moitié froment et moitié seigle ; 60 setiers d'avoine et 420 pipes de vin. En outre , la labHqùe devait faire porter au pied de l'oeuvre toute la pierre nécessaire, fournir la chaux^ le sablei et fai)^ confiféôtiotiner le mmiér. Ge prix ayant paru exorbitant à la fabri(|ue de la cathédrale, elle dématidaau rôi des lettres d'abolition qui lui furent aocordées le 3 juin 4467. Le» Sermati reçurent coiilthandertient de n'exiger que le juste prix, et se oewientèrent en effet de 4 ,500 écus.---Bn 4602, oii trouve que Ber^rd Anthony travaillait au a bAtiment » de la cathédrale avec vingt ouvriers. Il est qualifié « lapicida ac magister et gubemator dicti edificii ». Dans un acte du 4«' février de cette atinée, par lequel le chapitre de la cathédrale , « sede vacante et in magna Ute exis«> tTéiite*, é'eùgage à lui payer pendant un an , pour son entretien et celui de ses vingt ouvriers* 3(^ pîpës de Vin, 460 setiers de seigle, 40 setiers de froment, et d'autre part, « prolocompanatge», 4S0 1. toum., non compris les salaires ci^devant accoutumés et que le procureur de la fabrique payait au dit Bernard Anthony et aux autres ouvriers, moyennant quoi le dit Bernard Anthony promit de travailler pendant un an au dit édifice avec vingt ouvriers et « in exercicio hujus operis « ésse ébediens capitule, domino operario et domino procuratori fibrice , et non ponere aliquoa « peyi^ios ad opermdum in dicto edifficio sine licencia capituli, vel dominorum baiulorum ejus- « dem, aut domini operarii seu proouratoris ejusdem fabrice. » En 4540 , le même Bernard Anthotty dirigeait encore les travaux de construction de la cathédrale.
t Louis Bion de MaaiiAvaqnb. »
Cours de plain-chant. — M. t^élix Clément réalise enfin un projet auquel nous prenons te pluâ vif intérêt. Nous publions en conséquence et dans son entier le prospectus suivant, et nous souhaitons de tout notre cœur que de jeunes élèves arrivent nombreux à notre ami. Ce Cours sera l'un des plus puissants moyetis de régénérer le chant religieux. Voici cè que dit M. Clément : a Depuis l'in^ troduction de l'orgue accompagnateur dans le chœur de nos églises, l'usage d'accorhpagner le plains chant s'est répandu très-rapidement. En effet, Morgue dissimule l'insuffisance des voix , supplée A leur nombre restreint et aux qualités qui leur manquent, en même temps qu'il ajoute par hii^méme à la pompe des offices divins. Les églises de campagne et les Chapelles, où on n'a pu placer un orgue à tuyaux, possèdent, pour la plupart, de petites orgues, dites hai^oniutnâ, dont la facture a été très-améliorée depuis plusieurs années. Les instruments ùe manquent dbùC pas. Quant aux orga<^ nistes, il sont extrêmement rares. La cause peut en être attribuée : 4* au défaut d'enceuragement donné à cette branche de l'art religieux ; S"* à la somme de connaissances spéciales néœasaires pour toucher l'orgue convenablement ; 3** à la lenteur et à la fausse direction de l'enseignement adopté généralement ; 1° au défaut d'éducation chrétienne, <$atis laquelle il eKt difficile au jeune organiste d^acquérir promptement une connaissance suffisante de la liturgie, et de d'approprier, comme il convient, l'esprit des diififcrentes parties de l'office divin. -^11 faut ajoutet" àdéS inconvénients la dîf-
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licult^ pour Tartiste de résumer en soi la science du plain-chant et celle de la musique ; c'est avec l'aide de cette dernière que Ton peut former des accords et tirer parti des nombreuses ressources de Forgue. Nous avons pensé qu'un enseignement spécial contribuerait à former des organistes et des maîtres de chapelle, et rendrait ainsi quelques services à Tart religieux. En conséquence, les objets principaux du Cours sont : la lecture et la transposition du plain-chant et de la musique à toutes les clefs ; Fétude des modes grégoriens ; la connaissance et la pratique de l'harmonie ; l'application des aQCpn]3 aux morceaux de Plain-chant, soit au-dessus, soit à la basse ; l'étudç de la n(ianière d'éorire pour les voix ; Faccompagnement d'orgue ; la participation de l'orgue au^ ofQcas divins. — Quelques élèves seulement sont admis à suivre chaque cours , à cause des observations détaillées dont le travail de chacun doit être l'objet. — On peut s'adresser, pour les renseignements, à M. Félix Clément, rue d'Enfer, 94 , les mercredis et vendredis, avant midi ; et, tous les jours, à la librairie archéologique de M. Victor Didron, rue Hautefeuille, 4 3. »
Comme introduction naturelle à ce cours, M. Félix Clément vient de publier une seconde et charmante édition de son « Eucologe en musique ». Cet Eucologe contient les offices des dimanches et fêtes de Tannée et ceux de la semaine sainte avec le plain-chant en notation moderne et dans un diapason moyen. Approuvé par Mgr l'archevêque de Paris et autorisé par le conseil de l'instruction publique , ce livre est à l'usage des collèges, pensionnats et communautés. Il est destiné à servir les intérêts du chant sévère, et à ramener dans l'église le plain-chant à l'exclusion de la musique moderne. Ce joli ouvrage est un in-48 de xii et 834 pages; la notation musicale y est exéeuêée par des procédés typographiques nouveaux et d'une beauté qu'on n'avait pas encore obtenue. iiC prix est de t fr. 60.
J'arriv6 de Londres, après y avoir passé dix jours. Mon intention était d'y étudier à loisir l'Exposition générale, surtout cette partie de l'Exposition qui rentre dans nos études et qui peut intéresser les lecteurs des « Annales » . Mes regards devaient se porter principalement sur ces objets dont la matière et la forme trahissent une tendance archéologique. J'aurais voulu dire à nos lecteurs ce que l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, la France et les autres nations du monde avaient exhibé en vitraux, en carreaux émaillés, en orfèvrerie, en serrurerie, en menuiserie, en sculpture, en tapisserie, en tissus, où nos études archéologiques avaient pu exercer une inQuence certaine. Malheureusement, arrivé vers la fin de l'Exposition, dans ces journées où plus de cent mille personnes se serraient à la fois dans le « Palais de cristal », j'ai été matériellement arrêté dans mou projet. Pressuré par la foule, aveuglé de poussière, je n'ai pu faire une étude suffisante même des choses qui m'appelaient de préférence. Discourir sur des objets qu'on a mal vus ne saurait me convenir pas plus qu'à mes lecteurs. Aux « Mélanges et Nouvelles », j'en ai dit un mot en passant, mais j'ai dû m'abstenir de plaider au fond. Empêché au « Palais de cristal » et ne pouvant d'ailleurs, faute de temps, aller étudier sur place, dans les provinces et les diverses villes de l'Angleterre, le mouvement archéologique auquel ce grand pays obéit avec un entraînement irrésistible et un véritable bonheur, j'ai cherché du moins à reconnaître les traces de ce mouvement dans les livres qui le signalent ou en témoignent directement. En effet, le mouvement archéologique se révèle par deux ordres de faits : les constructions et les publications. Les constructions, sauf le Parlement et quelques petites églises ou chapelles qui s'élèvent à Londres, n'étant pas à ma portée, je me suis adressé aux livres. J'ai vu ces grands libraires de Londres, riches et savants pour la plupart, qu'on appelle Parker, Henry Bohn, Murray, Weale, Pickering, Bell, Bogue, Russel- Smith, Longman, Blackwood, Van-Woorst, Masters, Dolman, Bums, Graves, Colnaghi, et j'ai pris chez eux, pour les rapporter en France, ces belles publications où sont traitées, avec illustration de gravures admirables, toutes les questions d'art ancien et d'archéologie chrétienne. Tout mon regret , à cause de mes faibles ressources , est de n'avoir pu acquérir cette masse d'ouvrages parus dans l'intervalle de trois ans à peine et qui composeraient, à eux seuls, une véritable bibliothèque. Toutefois, j'ai pu en prendre un certain nombre, pour les montrer et les répandre autant qu'il nous sera possible, à mon frère et à moi, afin d'exciter dans notre pays un mouvement analogue, sinon égal. Ainsi, au lieu de donner comme d'habitude, dans cette livraison des « Annales», un a Bulletin bibliographique » des publications françaises qu'on nous a remises depuis deux mois, pour les annoncer ou en rendre compte, nous ajournerons ce « Bulletin » à la livraison prochaine et nous accorderons à l'Angleterre exclusivement la place que notre pays a toujours occupée. On ne nous saura pas mauvais gré, pour une fois, de faire cette politesse aux Anglais.
Les livres annoncés ci-dessous datent presque tous de 4851, de 1850 et de 4849. Nous n'avons pas voulu, pour ne pas allonger démesurément ce catalogue, remonter plus haut. En général aussi, nous avons omis de parler de ces journaux ou revues périodiques d'archéologie et d'art, qui continuent à donner un ou deux volumes par an, et que nous avons déjà mentionnés dans d'autres livraisons des « Annales ». Ainsi donc, aujourd'hui, nous passerons sous silence « l'Histoire de l'architecture », par Hope; le petit et le grand « Glossaire d'architecture », par Parker; « l'Architecture », par Rickman ; a l'Introduction à l'étude de l'architecture », par Parker; « l'Architecture ecclésiastique d'Angleterre », par James Barr; les «Exemples d'architecture gothique », par Pugin ; les « Ornements gothiques », par le même ; la « Restauration des églises gothiques », par l'architecte Scott; a l'Histoire architecturale de la cathédrale de Ganterbury », par l'éminent professeur Willis ; les « Guides à Oxford et dans le diocèse d'Oxford », i)ar Parker ; les « Églises du comté de Northampton », par la Société d'architecture de ce comté; la a Cathédrale et la ville de Winchester », par le professeur Willis et l'Association archéologique ; a l'Histoire de la peinture sur verre », par Winston; le a Dictionnaire héraldique », par Parker, etc., etc. J'omettrai également le € Journal de l'Institut archéologique », le ajournai de l'Association archéologique », c l'Archéologie cambrienne », etc. De ces revues périodiques, je ne rappellerai aujourd'hui quel' « Ecclesiologist » dont je n'avais pas parlé depuis longtemps. Enfin, je n'enregistre qu'un petit nombre d'ouvrages, ceux-là seulement que j'ai pu rapporter avec moi. Mais les revues anglaises qui ont pour titres : « Musée des antiquités classiques », la « Numismatique », la « Revue de numismatique », r « Architecte», l' a Encyclopédie d'architecture » ; mais les publications diverses, qui s'appellent le « Temple de Jérusalem », les « Palais de Ninive et de Persépolis », T a Archéologie de l'Ecosse », le tt Costume anglais au moyen âge », la « Peinture à l'huile et sur verre au moyen âge », V a Art de la décoration au moyen âge », les a Monuments modernes et du moyen âge », les a Éléments d'archéologie classique et du moyen âge », 1' « GEuvre de Fra Angelico » ; toutes les monographies (elles sont innombrables) des cathédrales, des châteaux et des villes de l'Angleterre, je n'en dis rien, au moins en ce moment, parce qu'il me faudrait à peu près la valeur d'une livraison des « Annales » pour dresser un pareil inventaire. En conséquence, je catalogue ici, tout simplement, quelques ouvrages dont j'ai pu enrichir la librairie de mon frère et qui concernent l'art en général, l'architecture et l'archéologie du moyen âge à peu près exclusivement, l'ameublement des églises, l'iconographie chrétienne, la liturgie. Je laisse à chacun, après avoir parcouru cette liste, le soin de faire ses réQexions personnelles et de juger, par ce faible spécimen , à quel point doit être, en ce moment, l'archéologie chrétienne en Angleterre. Pourquoi n'en est-il pas ainsi chez nous !
Illustratbd catalogue of thb exhibition of THE INDUSTRT OF ALL NATIONS. Grand in-4** de 446 pages contenant, distribuées dans le texte, environ quinze cents gravures sur bois d'une exécution merveilleuse. Cet ouvrage, d'une magnificence inconnue en France, renferme l'histoire de la grande Exposition de Londres, le catalogue illustré de toutes les sections de l'Exposition, un essai sur la science des Expositions, un essai sur l'harmonie des couleurs tirée de l'Exposition même, un essai sur le règne végétal, un essai sur les machines de l'Exposition applicables aux manufactures, un essai sur l'esthétique de l'Exposition. Ces divers essais sont rédigés par des savants et artistes spéciaux. Ce catalogue est donc, comme l'Exposition elle-même, une œuvre d'art, de science et d'industrie tout à la fois. Les gravures qui intéressent surtout nos lecteurs sont celles qui représentent les nombreux objets en style du moyen âge que renfermait l'Exposition. Il faut remarquer d'abord la vue d'ensemble qui offre l'intérieur de ce qu'on appelait la a Cour du moyen âge », et qui était meublée en grande partie par MM. Pugin et Hardmann. Couronnes ardentes et chandeliers, crucifix, statues de la Vierge et des saints, pupitres, fonts baptismaux, autels complets, prie-dieu, cuivres funéraires, tombeaux, vases sacrés, vêtements sacerdotaux, bibliothèques, cheminées, poêles, tapis de pied, tapis de tentures, etc. I«e tout en style gothique, trop des xv« et xvi* siècles XI. 39
malheureusement, mais d'une grande richesse et d'un effet éblouissant, se reflète dans ce « Catalogue », qui restera comme un monument de l'art et de l'industrie au xix* siècle 28 fr.
Thb Abt-Journal, dirigé par M. S. C. Hall, publié par M. George YiaruB. Chaque mois, une livraison grand io-4® , de 4 à 5 feuilles de texte à trois colonnes, avec 3 magnifiques gravures sur métal , deux ou trois grandes planches sur bois et de nombreuses gravures sur bois dans le texte. Par an , un volume de 400 pages ou 4200 colonnes avec 36 gravures sur acier, 24 grandes planches sur bois , hors du texte , et un très-grand nombre de gravures sur bois dans le texte. Ce journal est r « Artiste » de Londres, mais l' « Artiste » sur une échelle double ou triple en beauté, en intérêt, en quantité. De plus, ce que ne fait pas notre « Artiste » , 1* c Art-Journal » donne dans chacune de ses livraisons un dictionnaire des termes d'art et d'archéologie , avec des gravures sur bois montrant le sujet que décrit le texte. Ainsi, au mot Auréole^ toutes les variétés de cet insigne sacré sont dessinées et décrites ; de même au mot Casque^ au mot Calice^ au mot Croix^ au mot Couronne^ au mot Crucifix, Nos amis Th. Wright et Fairholt apportent à cette splendide publication, l'un sa science d'archéologue, l'autre son habileté de dessinateur. Tous deux se sont unis pour donner l'histoire des usages domestiques au moyen âge en Angleterre , et ils ont déjà publié la période anglo-saxonne, les maisons, les repas, les jeux, la musique, les chevaux, les chariots, etc., des Saxons d'Angleterre. C'est à partir de 1849 surtout que F a Art-Journal », commençant une série nouvelle, est devenu une publication sans égale. L'année 4851 est encore plus magnifique que les deux années précédentes ; l'archéologue y trouve plus de sujets relatifs à ses études , notamment les carrelages en briques vernies , les monuments de la Grèce , la peinture dans les églises. Le directeur est, du reste, largement récompensé du soin qu'il apporte à l'excellence de ce journal, car il a déjà obtenu le nombre de 38,000 souscripteurs et il a le légitime espoir d'atteindre, assez prochainement peut-être, à celui de 50,000. Nous n'avons aucune idée en France d'un pareil chiffre d'abonnés. Malheureusement c'est par faute de ce chiffre que nous donnons des pubUcations médiocres de beauté et de bonté , tandis que notre voisine l'Angleterre fait des livres incomparables. Aidé , comme on l'est en Angleterre , par un pareil nombre d'abonnés , on peut , pour un volume conune celui de l' a Art-Journal » , dépenser , rien qu'en gravures , quatre ou cinq cent mille francs. Dieu et les révolutions veuillent que nous arrivions un jour au quart d'une pareille somme , et l'on verra ce que la France , avec tant d'hommes de mérite , écrivains , dessinateurs et graveurs, peut réaliser. En attendant, nous sommes condamnés au plaisir assez stérile d'admirer ce que font nos voisins. — Il parait de 1* a Art-Journal » douze livraisons par an, une au commencement de chaque mois. Chaque livraison, 4 francs; chaque volume, ou 42 livraisons 40 fr.
Enctclopgedia of THE ARTS OF THE MiDDLB AGES, bv tho mouk Theophilus. « THinslated , with notes, by Robert Hendeie. » Un volume in-8o de ili et 447 pages, avec 3 fao-simîlés. Cette Encyclopédie est le fameux ouvrage du moine Théophile que M. le comte de l'Escalopier nous a traduit. M. Robert Hendrie , profitant et des notes de M. de l'Escalopier, et d'un manuscrit plus complet trouvé dans la bibliothèque Harléienne, et des documents déposés dans notre « Guide delà peinture », a traduit le «Théophile » pour l'Angleterre. La publication anglaise contient de plus que la française, en texte et en traduction, des chapitres sur les cloches, l'orgue, les cymbales, la soudure d'étain et de fer , la sculpture de l'os et du verre , la taille et le poli des pierres précieuses , la composition de plusieurs couleurs. M. Hendrie s'est éclairé , pour préciser le texte latin , des découvertes de la chimie moderne , et il a pu porter la lumière sur bien des points obscurs jusqu'alors. Nous avons , dans cet ouvrage , une encyclopédie à peu près complète des arts au moyen âge; avec ce secours, nous commençons enfin à entrevoir comment nos ancêtres des xn* et XIII" siècles exécutaient ces chefs-d'œuvre qui font .aujourd'hui notre admiration. . . • 30 fr.
Original trbàtisbs on thb arts of painting, by Mrs Merrifield. Deux volumes in-8* de cccxii et 948 pages. Sous les auspices de sir Robert Peel, auquel Touvrage est dédié , H** Merrifield parcourut la France, la Belgique et Fltalie pour recueillir, dans les bibliothèques publiques, les traités originaux et inédits concernant les diverses peintures à l'huile , en miniature , en mosaïque et sur verre, ainsi que la dorure, la teinture, la préparation des couleurs et la disposition des pierres précieuses. Le résultat de ces investigations fut la découverte de traités manuscrits du xii* au tviii* siècle. M"'^ Merrifield donne tous ces traités avec des préfaces , une traduction et des notes. Elle les a fait précéder d'une introduction de trois cents pages où elle passe en revue l'état de la société et des arts pendant toute la durée du moyen âge , la peinture en miniature , la peinture eu mosaïque , la peinture sur verre, la peinture des statues , la pratique des anciens mattres, les couleurs usitées en peinture, les huiles, les vernis, Tor, etc. L'un des manuscrits, le plus précieux certainement, est celui de Jean le Bègue , conservé à notre Bibliothèque Nationale. Jean le Bègue est de 1434 ; mais il a transcrit des manuscrits bien antérieurs à lui , des xii«, xiii* et XIV* siècles , comme ceux de Pierre de Saint-Omer , d'Eraclius , d' Alcherius , etc. M"*' Merrifield donne ces traités qui sont en latin et eu vieux français ; elle les complète et les éclaircit par des notes courtes et substantielles. Après Jean le Bègue, un manuscrit de Bologne (« Secreti per colori »), un manuscrit de Venise («Secreti diversi »), un manuscrit de Padoue (« Ricette per far ogni sorte di colore )o), un manuscrit de Gian-Batista Volpato (a Modo da tener nel dipinger »), un manuscrit de Bruxelles (« Recueil des essais des merveilles de la peinture », par Pierre Lebrun) sont également donnés en texte et traduction. Avec a Théophile », publié par M. le comte de l'Escalopier, et le « Manuel d'iconographie », publié par nous-méme , les traités mis au jour par M°>« Merrifield donnent les détails les plus complets sur la technique des arts du moyen âge et notamment sur la pratique des diverses espèces de peinture. D'une part , pour les artistes , de l'antre , pour les savants qui s'occupent de l'histoire de la chimie , ces ouvrages sont d'un très-grand intérêt. Il est singulier qu'une femme et une Anglaise soit venue nous révéler et publier à notre barbe nos propres trésors, comme la précieuse compilation de Jean le Bègue. Les deux volumes des « Original treatises » iO fr.
HiSTORT OF CHRISTIAN ART, by lord LiNDSAT. Trois volumes in-8^ de 390 , 359 et 123 pages. Dans une introduction de 247 pages , lord Lindsay examine l'idéal et le caractère de l'art chrétien , le symbolisme et ce qu'il appelle la mythologie du christianisme. Puis il établit une classification des écoles et des artistes , et il entre alors dans l'histoire de l'art proprement dit par la période byzantine et romane qu'il étudie dans l'architecture, la sculpture, la peinture et la mosaïque. H poursuit ses recherches et ses remarques chez les nations de l'Europe. Après avoir envisagé l'art gothique en Occident, il s'arrête avec une complaisance marquée en Italie, à Sienne, Florence et Bologne. Deux cents pages sont consacrées aux écoles de l'Allemagne, de la Flandre et de la Hollande. L'esprit qui anime le noble lord n'est pas le nôtre , bien qu'il nous fasse l'honneur de nous citer plusieurs fois ; car l'Italie et la renaissance ne méritent pas la place si considérable qu'il leur accorde. Mais ce n'en est pas moins l'ouvrage le plus sérieux et le plus important qui ait encore été publié sur ce magnifique sujet, qu'on appelle l'art chrétien. Les 3 volumes 54 fr.
HiSTORT OF ARCHITECTURE, by EDWARD Frëkman. In-8^ de rxvm et 456 pages. Cette histoire jouit d'une grande faveur en Angleterre. Elle comprend l'architecture de tous les peuples, dépuis la pélasgique et l'étrusque , llndienne et l'égyptienne , jusqu'à te grecque et la romaine , la gothique e( la moderne. Lés architectures byzantine , romane et ogivale y sont traitées avec de grands dévetopf»einMts et étudiées chez tous les peuples- successivement 43 fr.
Romanesque and pointed architecture in France, by Thomas Ïnkerslbt. Cn volume in-^ de VI et 358 pages. Ouvrage fort utile aux archéologues monumentalistes et que nous n'aurious pas
dû laisser faire à un Anglais , puisqu'il n*y est question que de la France. Il s'est élevé , depuis quelques années, des discussions entre les archéologues et les paléographes. Les premiers datent les monuments d'après les caractères archi tectoniques qui les distinguent ; les seconds, d'après des textes déposés dans des chartes , des chroniques et des histoires. Comme il devait arriver, on ne s'est pas entendu : les paléographes , appliquant leurs textes aux monuments qui subsistent, ont souvent attribué à un édifice du xii* siècle un fait écrit qui se rapportait à un édifice du vi*, lequel avait disparu ; ou bien, à un édifice du xv^', une mention historique concernant un édifice du x*. De là, fut vieillie de cent ans la cathédrale de Laon, de deux ou trois cents celle de Chartres, de cinq ou six cents plusieurs églises d'Auvergne. Ces erreurs régnaient souverainement il y a vingt ans en France ; aujourd'hui , on fait à peu près exclusivement de l'archéologie monumentale avec les monuments eux-mêmes , et l'on s'inquiète peu des textes anciens où ces monuments sont mentionnés. On est dans une meilleure voie , et c'est à ce prix que la science a fait des progrès rapides et certains. Toutefois , les textes , les dates écrites dans les chartes et sur les pierres , comme celle qui est gravée à Notre-Dame de Paris , ne sont pas à dédaigner. M. Inkersley nous a donc rendu un grand service en recueillant dans son ouvrage tous les textes, toutes les dates qu'il a trouvées dans les chartes, les chroniques, les histoires, les monuments. C'est ainsi qu'il date par des textes authentiques les cathédrales et la plupart des monuments religieux d'Amiens , d'Angers , d*Angoulême, d'Arles, d'Autun, d'Auxerre , de Bayeux , de Beauvais , de Blois, de Caen» de Chàlons, de Chartres, de Dijon, d'Evreux, de Laon, du Mans, de Lisieux, de Metz , de Nantes, de Noyon, de Paris , de Périgueux , de Poitiers , de Quimper , de Reims , de Rouen , de Saintes, de Soissons, de Strasbourg, de Tours, de Troyes. Outre les villes à cathédrales, il explore les cités moins importantes, les bourgs et villages où s'élèvent des édifices considérables, comme Bemay, Candes, Caudebec, Cérisy, Civray , Cunault, Dieppe, Eu, Fécamp, Fontevrault, Jumièges, Louviers, Montivilliers , le Mont-Saint-Michel , Saint-Denis , Saint-Georgefrde-Bocherville , Saint-Germer , Saint-Gildas, Saint-Riquier, Saumur, Vezelay, et il leur applique les textes qu'il a découverts. Après avoir fourni ses « autorités » , il donne des notices succinctes sur les monuments qu'il a datés. Un pareil ouvrage est une source d'informations précises sur les plus célèbres de nos monuments. Nous conseillerions de le traduire et de le compléter par les faits analogues que M. Inkersley n'a pas connus et qui se découvrent encore de temps à autre 4 6 fr.
The baronial and ecglesiastical antiquities of Scotlaxd , by Robert Billings and William Burn, architectes. Trois volumes in-4<» de texte, de planches sur métal et de gravures sur bois. C'est un des plus splendides ouvrages de la librairie anglaise ; les 480 planches sur acier qui illustrent ces 3 volumes comptent , non-seulement parmi les plus belles , mais encore parmi les plus précises que des archit^ectes-archéologues aient fait exécuter. L'ouvrage est une statistique monumentale des églises et des châteaux de l'Ecosse ; églises et châteaux qui datent de toutes les époques , depuis la période romane jusqu'à celle de la renaissance , et qui offrent des spécimens remarquables de tous les styles. Le roman à zigzags des églises de Leuchar et de Dalroeny , le gothique sévère de l'abbaye d'Aberbrothoc et de la chapelle d'Holyrood , le gothique pointu de la cathédrale de Glasgovsr, y sont en présence ; ils montrent de quelle inépuisable variété, dans tous les temps et dans tous les pays , l'art du moyen âge a su marquer les monuments de tout genre. ]je texte est court ; historique et descriptif, il donne des indications seulement nécessaires pour dater les églises et les châteaux. Chaque volume de ce bel ouvrage, que nous envions à l'Ecosse pour la France 60 fr.
Description of the figures in the chart of ancient Armour, « vith a Sketch of the progress of European armour from the eleventh to the seventeenth centuries ». In-48 de 46 pages, avec une carte représentant 48 princes ou hommes d'armes , lithographies en couleur. Ces hommes d'armes , depuis le xi« siècle jusqu'au xvii« , depuis un roi normand de la tapisserie de Bayeux et
Geoffroy Planlagenet, peint en émail au Mans, jusqu'à Henry prince de Galles, et Ferdinand lord Fairfax, montrent les progrès ou les révolutions du costume militaire et des armures. Cette petite description du costume guerrier, présentée par des dessins en couleur, est pleine d'intérêt pour ceux qui s'occupent des batailles et de Tarchéologie militaire du moyen âge 24 fr.
The ABCHiTBCTDRAL QUARTERLT RBviEW. Par livraisous trimestrielles in-8» de 4 80 à 200 page». La première livraison a paru fin de juin dernier , la seconde fin d'octobre ; la troisième sera publiée fin de janvier prochain et ainsi successivement. La première livraison contient : Introduction , Exposition universelle et son influence sur l'architecture , Musées nationaux et étrangers , Pierres de Venise, Nomenclature et classification de l'architecture. Architecture domestique en Allemagne, Inventions relatives à l'architecture , Architecture de l'Assyrie , Notices sur les ouvrages nouveaux d'architecture et d'archéologie , Liste et classement de toutes les publications relatives aux différents arts publiées dans les trois mois antérieurs à la publication de la première livraison de la « Revue », Notices sur d'anciens ouvrages d'art , Constructions et Ameublements ( buildings and fumiture). Inventions nouvelles et Instruments de construction. Quelques gravures sur bois, trop rares à notre avis, accompagnent certains articles. On le voit, cette « Revue » embrasse l'art et l'archéologie en général et l'architecture en particulier dans leur ensemble et toutes leurs divisions. Nous portons un intérêt particulier à cette utile et savante publication, et nous désirons vivement qu'elle se propage en France ; nous aurons bien des renseignements à y puiser. Les Anglais sont si ingénieux, si féconds en inventions de tout genre, pour la construction comme pour tout autre art ou métier , qu'il faut nous tenir au courant de toutes leurs découvertes pour en profiter et faire aussi bien et mieux qu'eux-mêmes, si c'est possible. — Chaque livraison de cette c Revue ». 7 fr.
The POWER of form, by Robert Billings, architect. Grand in-S» de 26 pages avec 400 planches. Curieux ouvrage de géométrique gothique, où M. Billings prouve, le compas et la règle eu main , que les formes de l'ogive flamboyante sont les plus solides et les plus belles qui aient jamais existé, n fait toutes les applications de sa théorie aux meneaux flamboyants des rosaces , et il en donne cent différents exemples 40 fr. 50
Manual of gothic architecture, by F. Palet , author of « Manual of gothic Mouldings ». In-4 8 de X et 30i pages, avec diverses gravures sur bois. La nomenclature et les caractères des styles de l'architecture du moyen âge, le style pointu ou gothique, les fenêtres, les portes, les principes de la construction gothique, les diverses parties des monuments religieux , les cuivres funéraires, telles sont les sections principales dont se compose ce petit manuel. Çà et là de jolies gravures sur bois pour faciliter l'intelligence du texte 9 fr.
The sbven periods of church architecture, by Edmund Sharpe, architect. In-8* de 56 pages, de 42 gravures sur acier et de 7 gravures sur bois dans le texte. M. Sharpe prouve qu'au lieu de cinq périodes, admises dans l'architecture du moyen Âge anglais par les architectes et les archéologues, il faut en distinguer sept. La première, saxonne^ aurait régné jusqu'en 1066; la seconde, normande^ de 4 066 à 4 4 45 ; la troisième, transitionneUe^ de 4 4 45 à 4 490 ; la quatrième, à lancette^ de 4490 à 4245; la cinquième, géométrique^ de 4245 à 4345; la sixième, curviligne^ de 4345 à 4360 ; la septième, rectUigne^ de 1360 à 4550. Nous admettons complètement ces divisions qui répondent aux nôtres ; sauf la saxonne qui est notre latine^ et la rectUigne qui est notre renaissance^ nous adoptons même la terminologie que propose M. Sharpe. A chaque période, le savant architecte donne des exemples gravés sur ader, d'une manière nouvelle et qui nous semble des plus remarquables. Ces gravures, exécutées d'ailleurs avec la précision du daguerréotype, ont la vigueur de la gravure sur bois, tout en conservant une certaine douceur que l'acier seul peut donner. Nos artistes feront bien d'étudier ce système , qui doit nous fournir, pour des dessins archéologiques, des résultats importants. Le service rendu par M. Sharpe est double : l'habile architecte
aM ANNALES ARCHÉOLOGIQUES.
distingue des périodes d'architecture confondues à tort jusqu'à présent , et il nous apporte comme un nouveau mode de gravure •' 44 fr.
DoUESTic ARCHITECTURE op THE MiDDLE AGES, by HuDSON TuRNBR. Un fort volume in-S» dexxxii et S87 pages avec 4 gravure sur acier et 230 gravures sur bois, dont 19 consacrées aux maisons de France. Jus(|u*à présent, on s'était occupé à peu près exclusivement de rtrchitecture religieuse du Kieyen Age; Farchitecture militaire avait été abordée sur quelques points; mats rarchitooture domestique, sauf quelques articles de M. de VemeiHi imprimés dans les a Annales Archéologiques », n'avait pas encore été l'objet des études qu'elle mérite. C'est encore à l'Angleterre que reviendra la gloire d'avoir, la première, exploité cette mine, et c'est au généreux et savant M. H. Parker, archéologue et libraire tout à la fois, qu'est dû l'honneur d'avoir lancé ce beau livre. L'ouvrage aura deux volumes, trois peut-être. Le premier, le seul publié jusqu'à présent, comprend l'architecture domestique depuis la conquête de l'Angleterre par les Normands, jusqu'au xiii' siècle ; le second voiwme continuera le xiii* siècle jusqu'à la renaissance. Nous disions, dans les précédentes « Annales », à propos du Ivvre de M. Léopold Delisle sur la classe agricole au xiii* siècle , que les maisons du moyen âge valaient les nôtres. Aujourd'hui, MM. Tumer et Parker nous font la preuve matérieHe de cette assertion, en décrivant et dessinant les habitations domestiques de nos ancêtres. Nous engageons nos lecteurs à jeter un coup d'œil sur ce livre et à y voir ce que les maisons des xir* et xiii* siècles, en Angleterre comme en France , avaient non-seulement de beau , mais de oommode. C'est une révélation comme celle que M. L. Delisle a faite pour l'agriculture du moyen âge. Outre cet attrait de curiosité , le nouvel ouvrage en offre un de science et même d'utilité : il nous apprend le nom et la destination des diverses pièces qui constituaient une maison, et noua montre que, pour nos maisons et nos appartements d'aujourd'hui, nous aurions plus d'un conseil à demander aux maisons et aux appartements, aux fenêtres et aux cheminées d'autrefois. Coucy, Tours, Angers, Fontevrault, Saint-Émilion , Périgueux, le Mont-Saint-Michel, Beauvais et Dol, ont fourni à MM. Parker et Tumer des exemples d'architecture domestique dont, certainement, nous devons être fiers. Un chapitre entier , le cinquième, se compose d'extraits des rôles conservés à la Tour de Londres et où est donnée en défait la termmdogie de l'architecture domestique au XIII* siècle. Chaque ligne de ces rôles est à étudier 36 fr. 50
ARCHrrBCTURAL PARALLELS. « Or thc progressof ecclesiastical architecture in England, throughthe twelflh and thirteenth centuries, exhibited in a séries of parallel exemples, selected from the following abbey churches : Fountains, Kirkstall, Rievaulx, Furness, Nettley, Roche, Bridlington, Guisboroug, Selby, Byland , Tintern, Hov^rden, Hexham, Jervaulx, St.-Mary's (York), Whitby ; by EuMUNn Sharpb, architect. » — Magnifique volume in-folio, composé de \%i planches lithographiées à deux teintes. Ces planches se décomposent en : 7 pians; 40 élévations longitudinales ; ^ coupes longitudinales ; 7 élévations d'est ou de chevet ; 5 élévations d'euesl, de nord et de sud ; 9- oeiipes transversales ; 8 travéea des ailes latérales ; 4 6 détails de p^ers, âe chapiteaux et de bases, de fenêtres, d'arcades, de feoestrages, de voûtes, de galeries, de moulures diverses, etc. ; 40 plandies de vues perspectives ; 9 pour les sculptures de clefs, oemeles, feuittagna, crocheta, chapiteaux, grotescpaes, gargouilles. Sur une feuille sont mis en paraiièie i% plans des diversea abbayes, toutes à chevet carré, et une, celle de Fountains, à douhle traverse ou croisée. Rien de plus instructif et de plus intéressant qu'une planche semblable; d'autres planches, ainsi disposées, pour les vues, les élévations, les coupes, ne seraient pas momscurieuses, et nous prions M. Scharpe d» prendre cet avis en considération. L'œuvre du savant architecte est use des plus- notables que l'Angleterre ait produites. Tous ces dessins, mesurés et profUés, sont étabK&sur une grande échelle, qui permet d'en apprécier tous les détails et qui doivenfe servir à exéoiiterdes éKMces semblables. Les- architectes gothiques de notre temps ont là de» projets tout ihits, si Ton peut parier ainai. Tout y est marqué avec une exactitude scrupuleuse, même- l'appareil. Les \^ églises abbattates.
LARCHÉOLOGÏE EN ANGLETERRE. 307
auxquelles M. Sbarpe a consacré son travail, renferment les plus notables exemples de Tarchitecture des XII* et xiii* siècles en Angleterre. Le style de la transition du roman au gothique et le stylB ogival du XIII* siècle, commun aux abbayes de Fountains et KirkstaH, et surtout de Whitby et ëe Rievautx, y sont représentés par des monuments d'une noblesse incomparable et d'une rare beaulé. A ce volume, M. Sharpe a joint un supplément de 60 planches où il donne, de grandeur d'exécution, 300 profils de toutes les moulures des archivoltes d'arcades et de fenêtres, des bases et elMpiteaux, des nervures et des arcs-doubleaux, des écoinçons et des voûtée, des corniches et des plates-bandes. Nous le répétons, c'est un superbe ouvrage ; c'est le premier de ce genre, le plus pratique, le plus utile pour nos modernes architectes, qui ait encore été fait. — Chaque abbaye peut se vendre à part, à des prix difTérents, suivant le nombre des planches qui en composent la monographie. Voici le prix de l'ouvrage complet : 1' «Architectural parallels », ou les 421 planches à deux teintes « 345 fr.
— Le supplément, ou les 60 planches 6^
— Les deux sections réunies 348
Détails op gothic aeghitbctuiib, by Jambs Golling, architect. Un volume grand in-4**, publié en 4 parties dont 3 ont paru. Chaque partie est composée de 20 planches lithograpbiées. Architecte, M. Coiling donne à ses confrères des exemples pour leurs constructions nouvelles. Tous oes exemple» sent empruntés à des menuments existants en Angleterre. Nous appelons spédalement l'attention des architectes et des archéologues sur une section longitudinale de l'égUse de West- Walton, Norfolk. Les fenêtres de la nef sont séparées par des arcades où sont peintes des draperies fort curieuses, à peu près comme celles qu'on a découvertes au portail occidental intérieur de la Sainte-Chapelle de Paris. Exemples curieux et qui doivent servir à nos décorateurs de monuments anciens. — Chaque partie de cet intéressant ouvrage 43 fr. 50 c.
GrOTHfc ORNAMBNTS, bv Jamss Colling, architect. Deux volumes composés de 207 plandies grand in-4«, dont plusieurs en or et couleurs. — Ce magnifique ouvrage reproduit tous les motiis d'ornement de l'architecture gothique anglaise , depuis le xii« jusqu'au xvi« siècle. Cas ornements sont tirés des bases, des chapiteaux, des consoles, des contreforts, des portes, des aroadea, des fenêtres, des pignons, des galeries, des nervures et clefs de voûte, des niches et pinadea, de la statuaire, des stalles, des panneaux de boiserie, des fonts baptismaux. Les peintures murales et sur bois, de Guildford et de Wels, de West-Walton, de Tilbroock et de Ranvi^orth, les carrelages historiés de Salisbury et de Winchester , les cuivres émaillés de Tabbaye de Westminster, ont fourni à cet ouvrage de belles et curieuses planches chromolithographiées. Les ornemanistes , appelés à décorer les églises nouvelles qui se construisent eu style ogival, et les anciennes qui se réparent de tous côtés, trouveront dans cette publication les documents les plus précieux. Tous les dessins sont mesurés, cotés et proGlés; ils sont donnés sur une grande échelle, qui permet d'en saisir tous les détails. C'est un architecte anglais, c'est-à-dire un artiste pratique, qui a dessiné, pour qu'elles pussent être reproduites par d'autres praticiens, toutes ces planches de l'omèmentation gothique. Cet ouvrage est fort analogue au c Die Ornamentik » de Heideloff , en sorte qu'avec ces deux publications nous possédons le système d'ornementation adopté dans le moyen âge en Angleterre et en Allemagne. Nous faisons des vœux pour qu'un architecte français, au lieu d'user son temps et nos cathédrales à des restaurations malheureuses, quand elles ne sont pas maladroites, nous dote d'un ouvrage semblable sur l'ornementation gothique de la France. — Les deux volumes de planches, avec le texte descriptif çt de classement 200 Ir.
Dbcoratsd vriiYDOVs, byEMiuND Sharpe, architect. Deux volumes in-S"* de xii et 444 pa^es de texte illustré de nombreuses gravures sur bois et de 66 gravures sur acier. C'est une monographie des fenêtres ogivales depuis la fin du xii* siècle jusqu'à la fin du xvi«. Avant le moyen
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âge, les fenêtres n'étaient que des trous dans les murs ; le christianisme eut la gloire d'élever la fenêtre au rang de membre architectural, et de faire pour elle ce que le paganisme avait fait pour la colonne, la partie la plus importante du monument. M. Sharpe a voulu écrire Thistoire de cette belle section de l'architecture chrétienne, et il a démontré, en description et en gravure, comment, très-simple d'abord^ la fenêtre se décore, se complique successivement en menaux et en réseau de pierre dont il trace les courbes les plus capricieuses. C'est un travail des plus attachants pour un archéologue et des plus utiles pour un architecte. — Les deux volumes %6 fr. 25 c.
Manu AL of sbpulchral slabs and cross, by the Rev. Edward Cutts. In-S** de 93 pages et 83 planches. Ce recueil des monuments funéraires est d'une prodigieuse variété. Les exemples donnés datent du ix* siècle (822) et s'étendent jusqu'au xvii« (4634). Comme chez nous, sur plusieurs pierres tombales se voit une croix au centre, cantonnée d'un arc, d'une épée, d'une crosse et d'une mitre, d'un calice et d'un livre, d'une hache, de fers de cheval, d'une clef, d'une paire de ciseaux, pour annoncer que le chrétien ou la chrétienne qui reposent sous cette « lame » étaient un archer, un militaire, un évêque, un abbé, un prêtre, un charpentier, un maréchal-ferrant, une ménagère : sur une tombe de Lincoln du xii* siècle, on voit sculpté l'arbre généalogique du Sauveur ; sur une autre, des chasses et des batailles ; une autre encore porte une végétation puissante. Ainsi la vie, la vie active et féconde, couvre la mort. C'est une heureuse idée d'avoir résumé dans un « Manuel » les principales variétés des monuments funéraires. Nous y avons de nombreuses instructions arché(>logiques et même morales à y prendre 46 fr.
Manual of monumental brasses, by Oxford architectural Society. Un volume in-8'' de cxiv et 227 pages, avec 56 gravures sur bois. L'Angleterre, plus riche que tous les autres pays de l'Europe en dalles funéraires de cuivre, a voulu montrer ce qu'elle possédait en ce genre, et la Société architecturale d'Oxford a publié en conséquence un a Manuel » complet sur cette partie de l'archéologie chrétienne. Le premier de ces cuivres, qui date de 4277, représente sir John d'Aubernoun ; les derniers sont delà fin du xvii« siècle. On s'est attaché surtout, dans ce «Manuel», aux vêtements divers, ecclésiastiques, militaires, civils, que portent les défunts, et qui donnent des renseignements si précieux pour l'histoire du costume. Toutes les inscriptions y sont relatées; elles fournissent des documents nombreux à l'histoire, à l'épigraphie, à la poésie même (car plusieurs sont en vers), et à l'archéologie monumentale 44 fr.
Monumental brasses and slabs, by the Rev. Charles Boutbll. Un volume in-8° de xv et 235 pages, avec 24 lithographies et 469 gravures sur bois. Riche ouvrage, où l'on peut étudier non-seulement l'archéologie monumentale, mais encore l'esprit moral de l'Angleterre. Ainsi, en France, surtout en Champagne, en Picardie, en Bourgogne et dans T Ile-de-France, où nous avons tant de dalles tumulaires, nous ne pensons pas qu'il existe un seul exemple d'un mari donnant amicalement la main à sa femme sur la dalle qui les recouvre tous deux ; quelquefois , même souvent, le mari mort avant sa femme, ou l'épouse avant son mari, ont attendu vainement leur moitié dans le tombeau. En Angleterre, où la vie de famille est si puissante encore, on voit Richard et Marguerite Torrington, lord et lady Camoys, sir Peter Halle et sa femme, morts en 4349, 4356, 4 449 et 1420, se donner tendrement la main sur leur dalle commune. Comme dans le précédent ouvrage, on a spécialement étudié le costume, et M. Boutell en détaille toutes les parties successivement ; ainsi il donne une série de mitres, de chasubles, de chapes. De même pour les costumes militaires, bourgeois, dont les différentes pièces sont décrites et nommées. Une curieuse gravure de ce livre représente la miniature d'un manuscrit du xiv* siècle, conservé au British Muséum, où l'on voit un maître ouvrier et deux apprentis occupés à tailler ou ciseler deux dalles tumulaires que deux femmes, les veuves sans doute, et un jeune homme viennent commander. Cette gravure est à la page 462 et le manuscrit est ainsi inscrit et coté : « Addit. Mss. British Muséum, 40. 292. f. 55, verso » 27 fr.
Thb monumental brasses of England, by the Rev. Ghables Boutell. Un volume grand in-S®. Ce nouvel ouvrage, postérieur de deux ans au précédent, contient : Liste, classée par ordre chronologique, des cuivres représentés en gravure; Liste par ordre topographique; Notices descriptives; Cuivres funéraires des ecclésiastiques, 45 gravures ; Cuivres des seigneurs, des militaires, et des ladies, 74 gravures ; Cuivres des bourgeois et des bourgeoises, 80 gravures ; Cuivres divers, 3 gravures ; Index héraldique. — Cest conmie un résumé, comme une table des sujets, soigneusement classés, des publications précédentes. Toutefois, les 4 49 gravures de ce volume représentent des personnages différents de ceux des autres livres ; F Angleterre est si riche, qu*elle peut fournir matière à plusieurs ouvrages et à plusieurs auteurs sans qu'on se copie. Nous serions heureux si l'annonce, si la simple indication de ces beaux livres sur les monuments funéraires de l'Angleterre inspiraient à quelques-uns de nos archéologues et dessinateurs le désir de publier un ouvrage de ce genre. Nous le répéterons encore, la France est d'une incroyable richesse en monuments funéraires, surtout en pierres tombales ; ainsi la ville de Châlons-sur-Marne en possède plus de mille à elle seule. Espérons donc qu'on se mettra bientôt à l'œuvre et que nous publierons des livres aussi beaux, aussi curieux que ceux de nos voisins 36 fr.
Christian monuments in England and Wales, by the Rev. Charles Boutell. Par livraisons in-8" de texte et de gravures sur bois. Quatre parties composeront cet ouvrage. Deux ont déjà paru ; elles comprennent 1 56 pages remplies de gravures sur bois qui représentent des pierres tumulaires, dont la variété et le nombre, depuis le xi' siècle jusqu'au xvr, sont surprenants. Sur beaucoup de ces tombes, un calice désigne un prêtre ; une crosse, un évèque ou un abbé ; une épée, un soldat ; une clef et des ciseaux , une ménagère. Sur l'une de ces tombes, qui date du xiii^ siècle , oi\ voit gravées deux trompettes et cette inscription : f Godefret : le : trovmpovr : gist : ci : dev : del : ALME : eit : MERCI. Tous ces faits viennent prouver de nouveau que ces emblèmes font allusion à la vie, au métier exercé par le défunt et non pas, comme le disent encore la plupart des archéologues mystiques, à la croyance religieuse proprement dite. Il y a là des motifs fort curieux et souvent très-beaux pour des monuments funéraires. — ^La première partie, 40 fr; la seconde, 3 fir. 50
Treatise on cuancbl Sgrbens, by Welby Pugin, architect. Un volume in-4« de viii et 4114 pages avec 44 planches lithographiées représentant 33 jubés et grilles de chœur des différents siècles du moyen âge et des différents pays de l'Europe. Ce nouvel ouvrage de M. Pugin a fait une grande sensation en Angleterre : c'est une sorte de pamphlet contre les braves curés qui non-seulement refusent de rebâtir les jubés aujourd'hui détruits de leurs églises , mais qui ne seraient pas fâchés qu'on renversât ceux qu'ils possèdent encore. Pour montrer l'esprit qui l'anime, M. Pugin a mis en épigraphe à la première page de son livre : « Ne transgrediaris termines quos posuerunt patres tui ». Dans son texte, M. Pugin parle des clôtures du chœur et de l'autel, des jubés d'Italie et d'Espagne, des jubés d'Allemagne et de Flandre, des jubés de France (il en décrit jusqu'à 39 pour notre seul pays], des jubés d'Angleterre. Il termine en flagellant les quatre classes d'ambonoclastes , qui sont les calvinistes, les païens du xvii« siècle , les révolutionnaires et les hommes de notre temps. C'est un ouvrage plein de science , un traité complet sur cette belle question archéologique et liturgique tout à la fois. En dessin, M. Pugin donne des jubés de toutes les époques, depuis ceux des vieilles basiliques romaines, jusqu'à ceux des xvi* et xvii^' siècles de Belgique et de France 20 fr.
Examples of antibnt Pulpits, by Francis Dollman, architect. Un volume grand m-i'' de 32 pages de texte et de 30 planches dont 3 en chromolithographie. Rien n'est plus rare, en France, comme en Angleterre, en Allemagne et même en Italie, que les chaires anciennes. M. Dollman a donc rendu un véritable service à l'archéologie chrétienne en publiant les 23 chaires, de pierre ou de bois, qu'il a pu trouver en Angleterre. De ces chaires, une de Sainte-Werburga, XI. 40
à Chester, est du xiii* siècle (4270 environ); une du xiv', celle de l'église Saint-Pierre-e^Samt- Paul, à Schrewsbury. Les autres datent des xv* et xvi« siècles ; mais toutes sont gothiques. Les chaires sont indispensables dans les églises, et, précisément vu leur rareté, nos architectes et sculpteurs sont fort empêchés quand il leur arrive d'en faire exécuter. On peut dire qu'aucune de celles placées dans nos églises, depuis vingt ans, n'a réussi. Nous devrions donc imiter M. DoUman et commencer par publier avec soin toutes nos anciennes chaires de France , comme celle de Saint- Martin-des-€hamps de Paris, celles de Saint-Lô et de Strasbourg. Avec des dessins mesurés, profilés et cotés comme ceux de M. DoUman, nous aurions au moins une source précieuse de renseignements qui nous seraient de la plus grande utilité, et qui nous serviraient à exécuter des chaires modernes convenables et d'un bon style. — Texte et planches 54 fr.
Baptismal fonts , with an introduction by F. Palet. Un fort volume in-8*, uniquement consacré à la monographie des fonts baptismaux de l'Angleterre. Des gravures sur bois, exécutées avec soin, représentent ces fonts dont une page de texte, en regard même de la gravure, donne la description, la date et les dimensions. Le volume contient le dessin de 40 fonts de l'époque normande, 6 de l'époque de transition entre la période normande et la période ogivale , 24 du vieux style anglais ou du xiii* siècle, 26 du style décoré (decorated) ou du xiv« siècle, 4 de la transition entre le style décoré et le perpendiculaire, 27 de l'époque perpendiculaire répondant à la fin de notre fiamboyant et à notre renaissance. En tout 424 fonts baptismaux différents. La forme en est très-variée : carrée, circulaire, ovale, à cinq et six pans, jusqu'à sept, huit, dix et douze. L'iconographie aurait plus d'un fait à recueillir sur ces cuves baptismales. Ainsi, autour de la cuve normande du font de Stanton-Fitzwarren (Wiltshire), on voit sculptés l'Église qui tue le serpent ( « Serpens occiditur » ), et un Chérubin vêtu de ses trois paires d'ailes. Puis huit Vertus terrassant les huit Vices contraires : Largitas et Âvaritia, Humilitas et Superbia, Pietas et Discordia [sic)^ Misericordia et Invidia, Modestia et Ebrietas, Temperancia et Luxuria, Paciencia et Ira, Pudicicia et Libido. Sur le font normand de Little-Billing (Northamptonshire), on lit un vieux nom d'artiste :
WiLBBRHTVS ARTIPBX ATQVE CEMBNTAAIVS HVNC FABRICAVIT QVISQVIS SVVM VEXIT MERGERB COBPVS PROCVL DUBIO CAPIT.
Sur le font de Keysoe (Bedfordshire), xni* siècle, on ht cette inscription française : t Trestvi ke par Hia passervi pvr le alme Warel pribv kb
DeV par sa GRACE VERRET MBRCI LI FACE. AmEN.
Sur le font de la fin du xiv* siècle, à Nettlecombe (Somerset), sont représentés par figures le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l'Eucharistie, l'Ordre, le Mariage et l'Extrème-Onction, qui s'accomplissent en présence et sous la bénédiction de la Sainte-Trinité. On voit de quel intérêt est cette monographie, non-seulement pour les archéologues, mais encore pour les architectes et les statuaires; car ces 424 fonts baptismaux de toute forme et de toute époque offrent des exemples et des modèles à imiter. Redisons encore, redisons toujours que nous aurions grand besoin d'un ouvrage pareil sur les innombrables et quelquefois admirables fonts baptismaux de la France. . . 27 fr. 50
Complète description of Saint-George's cathedral, « and Hand-Book to the catholic antiquities of Southwark », par MM. White frères. In-8** de 24 pages et 42 lithographies et gravures sur bois. L'église Saint^Georges est, jusqu'à présent, la cathédrale catholique de Londres. Bâtie par M. Pugin, en gothique des xv' et xvi« siècles, elle est ornée et meublée dans le même style. Quoique nous préférions le xiii* siècle, nous pensons cependant que nos architectes pourraient trouver dans ce monument plus d'une disposition et plus d'un motif de décoration qui leur seraient utiles. C'est une excellente idée que d'avoir donné une description complète de cet édifice qui est fort populaire à Londres, même parmi les anglicans 2 fr. 25
Thb Ecglbsiologist, publié par la Société Egglésiologique, autrefois Société de Camden. Revue périodique, par livraisons in-8* de 60 à 80 pages, avec quelques dessins. Cette publication est uniquement consacrée à l'art et à l'archéologie des monuments religieux. De savantes dissertations sur Tarchitecture, la sculpture, la peinture, la décoration, l'éclairage et l'ameublement des église^; sur les autels, les piscines, les fonts, les jubés, les croix, les stalles, les chaires, les vases sacrés, les broderies, les ornements ecclésiastiques, les tombes et les cimetières, en enrichissent les livraisons. Le symbolisme, la liturgie, la poésie et la musique religieuse, y occupent une place importante, surtout depuis un an. Toutes les constructions nouvelles et restaurations des églises anciennes y sont enregistrées ; toutes les publications importantes de l'Angleterre et de l'Europe sur l'art chrétien y sont annoncées et jugées ; toutes les réunions des sociétés archéologiques et architecturales de l'Angleterre y ont un compte-rendu avec extrait des procès-verbaux. Nous voudrions que cette publication, très-analogue à nos « Annales Archéologiques », obtînt en France le succès qu'elle mente , car elle y rendrait de grands services. Les hommes éminents qui la rédigent , MM. Beresford-Hope, Neale, Webb, Helmore, Chambers, Dickinson, Luard, Cromptou, H. Walsh, Patterson, Forbes, Scott, etc., y déposent des mémoires pleins de science et qui font marcher à grands pas l'archéologie chrétienne. Quoique débordés par l'abondance des matières, nous donnerons cependant bientôt la traduction de l'un ou l'autre de ces mémoires, pour montrer comment on entend la science ecclésiologique en Angleterre. Il parait, chaque année, un volume de iOO pages, au prix de 42 fr. Chaque numéro, séparément 2 fr. 50
HiERURGiA, by D. Rock, chanoine de l'Église d'Angleterre. Un volume in-8» de xxrv et 568 pages avec 47 planches gravées sur cuivre et sur bois. Nos lecteurs connaissent M. le docteur chanoine Rock, auteur de « l'Église de nos pères », et dont un article donné aux « Annales » a révélé le haut mérite. Ce second ouvrage, dédié au noble comte Shrewsbury, est la base du premier : il contient l'ensemble de la liturgie, la messe, l'eau bénite, l'encens, les images, les reliques, les cérémonies, les vêtements ecclésiastiques, le rituel des Latins, des Grecs et des Orientaux , le tout illustré de dessins tirés des peintures, sculptures, inscriptions des catacombes et des temps les plus reculés du christianisme. Ce savant ouvrage a obtenu un grand succès, et l'édition annoncée ici est la seconde qui vient de paraître à Londres. Les planches lui donnent un intérêt spécial; car elles représentent particulièrement les diverses formes des vêtements sacerdotaux auxquelles on semble revenir en ce moment 21 fr.
AccoMPANTiNG HARMONIES TOTHE HTMNAL NOTED, a arraugod in a comprossed score for theorgan, by the Rev. Thomas Hblmorb, priest in ordinary to her Majesty's chapesl royal, precentor of St- Mark's collège ». Par cahiers in-8'' de 4 feuille et 4 feuille 4/3. De toutes les questions d'art, d'archéologie du moyen âge et de liturgie , il n'y en a pas de plus importante en ce moment que celle dont la musique religieuse est l'objet. En Allemagne, nous venons de nous en assurer par nous-méme, la réforme est imminente et le retour au plain-chant pur y est prochain ; en Angleterre, la mauvaise musique italienne à la Palestrina qu'on exécute encore dans les églises catholiques, notamment à Saint-Georges de Londres, jouit de son reste ; les Puséistes, MM. Neale et Helmore eu tète, reproduisent et harmonisent les anciennes hymnes chrétiennes ; en France, MM. de Coussemaker, Lambillotte, Félix Qément, Fanart et la Commission du chant ecclésiastique, publient ou préparent des ouvrages d'une rare importance. A aucune époque, nous le croyons , on n'a vu un mouvement musical religieux aussi considérable. En ce moment, nous devons nous contenter d'annoncer les € Hymnes notées et harmonisées » que publie le Rév. Helmore, prêtre ordinaire de la chapelle de la reine Victoria; mais nous reviendrons, dans un article spécial, sur ce retour prononcé vers la gravité du chant ecclésiastique. Les hymnes déjà publiées par M. Helmore comprennent trois cahiers. Ces hymnes sont : Jam lucis orto sidère — Nunc Sancte nobis Spiritus — Conditor aime siderum — Te lucis ante terminum — Lucis creator optime — Vexilla régis prodeunt — Pange lingua glo-
riosi — Lustra sex — Chorus novae Jérusalem — Jesu Salvator sœculi — Aurora luds rutilât — Sermone blando Angélus — Ad ccenam Agni providi. — Aussitôt une livraison parue, elle est enlevée, pour ainsi dire, tant on a de goût pour ces beaux chants chrétiens. Cette publicalion se fait sous la sanction de la Société ecclésiologique dont M. J. Masters est le libraire dévoué. — Chaque cahier 1 fr. 50
The calendar of the anglican cburgh, illustrated. Un vol. in-48 de vi et 384 pages avec 464 gravures sur bois représentant les divers saints, attributs et symboles. Ce petit Manuel d'iconographie chrétiennne, où les saints sont rangés, d'abord suivant l'ordre du calendrier, ensuite d'après l'ordre alphabétique , est rempli de renseignements. Dans un index général , comme dans un dictionnaire , tous les faits , distribués par ordre alphabétique , sont d'une grande facilité de recherches. Les nombreuses gravures sur bois dont chaque page est illustrée montrent l'image du saint ou du symbole qui sont décrits dans le texte. En tête de Touvrage , une gravure représente un almanach de bois où sur deux morceaux , espèce de prismes à quatre pans , des emblèmes sont incisés et rangés d'après l'ordre des mois et des jours. Ainsi, au 4*' janvier, au premier jour de l'année , c'est un cercle , pour indiquer le cycle qui commence ; à TÉpiphanie , c'est V étoile des mages; au ^^^ mai , une branche d'arbre, un mai; au jour de S. Pierre, des clefs; à celui de S. Laurent , un gril ; à celui de S. Michel , des balances où cet archange pèsera les âmes au jugement dernier. Rien n'est vraiment plus curieux. Ces deux morceaux de bois sont conservés , l'un dans la bibliothèque Bodléienne , l'autre au musée Asmolean. Ils proviennent des objets à l'usage des anciens rois danois d'Angleterre. Quant aux autres gravures, elles offrent notamment la représentation des neuf ordres des anges , tels qu'ils sont peints sur verre dans la chapelle du New- College d'Oxford. C'est la première fois , nous le pensons , qu'on a gravé la série complète des anges , dont la représentation est aussi rare en Angleterre qu'en France. Nous voudrions que ce joli petit ouvrage , comme le suivant , fussent traduits et publiés ici ; Us nous rendraient les plus , grands services 45 fr.
Emblems of saints, a by which they are distinguished in works of art, by the Rev. F. Husenbeth.» In-S"* de 'ÎTS pages. Ouvrage de la plus grande utilité pour les iconographes et les artistes. Dans la première partie sont enregistrés , par ordre alphabétique, les saints accompagnés des attributs qui les distinguent ; dans la seconde partie , ce sont au contraire les attributs qui sont rangés par ordre alphabétique à c^té des saints auxquels ils appartiennent. En cherchant un saint, on trouve son attribut, en cherchant l'attribut , on trouve le saint. Rien de plus commode. Le siècle où vécut le saint, l'œuvre et le pays où il est représenté sont indiqués en regard du saint même. Les patriarches et les prophètes occupent une place dans ce catalogue ; puis les patrons des arts , des métiers et des professions ; puis les patrons des contrées et des villes. Enfin , sont mis en regard les six calendriers romain , anglais, français, espagnol , allemand et grec , dans les douze mois de l'année, avec les saints divers afférents à chaque jour du mois pour chacune de ces six grandes nations de l'Europe chrétienne. Ce livre est extrêmement utile , extrêmement curieux, et nous regrettons que les Anglais nous aient devancés dans une publication à laquelle nous songions depuis longtemps \ mais , peu importe , puisque le livre est fait et bien fait 7 fr.
Christian Iconography , a or the history of Christian art in the middle âges , by M. Didron , secrétaire du Comité historique des arts et monuments, translated from the french by E. J. MaLiNGTON, in two volumes. » Le premier volume seul a paru. Petit in-8<> de xii et 508 pages, avec 430 gravures sur bois. C'est la traduction complétée et annotée de notre « Histoire de Dieu ». Ce premier volume contient l'iconographie du nimbe , de Dieu le père , de Jésus-Christ , et du SaintrEsprit. Le second volume , qui va paraître , renfermera l'iconographie de la Sainte-Trinité , de l'Ange et du Diable ; elle sera également illustrée d'une centaine de gravures sur bois. On nous
a fait beaucoup d'honneur en traduisant avec une scrupuleuse fidélité ce travail , le premier en date , sur Ticonographie chrétienne ; nous en remercions le noble traducteur et M. Henry Bohn , le savant libraire, qui ont, Tun et Tautre, enrichi le livre original de notes importantes. Nous ferons notre profit de ces notes dans la seconde édition que nous pourrons , un jour , donner de cet ouvrage. On nous permettra de dire que ce livre obtient un très-grand succès en Angleterre . ce succès est dû à Télégance de la traduction , à Texcellence des notes nouvelles , au bon marché d'un aussi joli volume 8 fr.
IcoNOGRAPHT OF THE WEST FRONT OF Wells catuedral , by Charles Gockerell , « professor of architecture in the royal Academy of London » . In-4° de xxiii et 244 pages avec 4 double gravure sur acier et 8 planches lithographiées. L'Angleterre est beaucoup moins riche que la France en sculptures du moyen âge ; à elle seule, la cathédrale de Chartres est peuplée de statues aussi nombreuses peutrêtre que toutes celles qui sont disséminées sur les portails des cathédrales de Wells , de Lincoln , de Lichfield. Cependant le portail occidental de Wells méritait une attention spéciale , car il offre un grand nombre de sujets et de statues exécutés à Tépoque que nous aimons entre toutes , au xiii« siècle. A ce portail , comme aux porches de Chartres , nous voyons l'histoire de la religion représentée par la création du monde , par les principaux personnages et saints de l'ancien et du nouveau Testament, par le jugement dernier, par les natures célestes ou les anges et les personnes divines. M. Cockerell a bien vu aussi toutes ces scènes et tous ces personnages; mais il a cru y découvrir un grand nombre de rois et d'évèques de l'Angleterre , et nous aurons prochainement à combattre son opinion sur ce point important. Toutefois , cet ouvrage est , avec celui de M. Melly sur la cathédrale de Vienne (Autriche), le premier de cette nature qui ait encore été publié, et nous devons, avant tout, en faire nos compliments à M. Cockerell. Ces compliments sont d'autant plus sincères et d'autant mieux mérités , que l'auteur est professeur d'architecture à l'Académie royale de Londres , comme qui dirait un M. Fontaine ou un M. Baltard anglais. Or , ni M. Fontaine , ni M. Baltard , père ou fils , n'auraient jamais eu l'idée d'écrire l'iconographie des cathédrales de Chartres , de Reims , d'Amiens ou de Paris ; nous devons donc de la reconnaissance à M. Cockerell qui ne se croit pas déshonoré pour avoir étudié à fond la sculpture de la cathédrale de Wells. Le texte contient 126 pages in-i<> sur cette sculpture , plus 4 45 pages sur l'ornementation des églises en général, et en particulier sur la sculpture des cathédrales d'Ëxeter, de Norwich , de Canterbury , de Rochester , dTork , de Beverley , de Lichfield , de Worcester , de Lincoln , de Gloucester, de Salisbury, de Petersboroug, des abbayes de Croyland et de Bath , de l'église de Malmesbury. C'est un travail complet et tel qu'on n'en a pas entrepris encore. M. Cockerell a bien le droit, en conséquence, qu'on examine et qu'on juge à loisir un si important ouvrage, et nous lui donnons l'assurance que cet examen aura lieu prochainement dans les « Annales Archéologiques » . . 26 fr. 25 c.
Sacred and lbgendary art , by M" Jambson. Seconde édition, complète en un volume , comprenant la légende et l'iconographie des anges, archanges, évangélistes , apôtres, docteurs de TËglise, martyrs , évèques, ermites, et des différents saints représentés par l'art de la sculpture et de la peinture. Un volume 'm-%^ de xv et 483 pages illustrées de 46 gravures sur métal et de 480 gravures sur bois. On le voit , c'est une iconographie chrétienne en bonne forme. M"** Jameson , instruite comme les femmes de France ne le sont pas , a publié ce livre avec un grand succès , car la première édition , promptement épuisée , a dû être remplacée par une seconde , plus complète et plus belle , qui mérite plus de faveur encore. Nous regrettons que M"^* Jameson se soit nourrie des représentations agiographiques de l'Italie plutôt que de son pays et du nôtre , et de représentations de la renaissance ou des xiv* et xv* siècles plutôt que de celles du moyen âge proprement dit. Espérons qu'avec une troisième édition, qui se fera peut-être un jour, l'art « gothique » occupera dans ce savant livre une place plus importante. En attendant , voilà un ouvrage comme nous
n'en avons pas encore en France , un ouvrage d'une nécessité extrême pour les sculpteurs et les peintres 36 fr.
Lbgbnds of THE M0NA6TIC ORDERS, by M'' Jameson. Un volume in-8<» de xlviii et 484 pages illustrées de 4 1 gravures sur métal et de 84 gravures sur bois. Cet ouvrage est la seconde série et le complément du « Sacred and legendary art» de la même savante dame. Mêmes qualités et mêmes défauts qu'au premier : Tltalie et la renaissance beaucoup plus étudiées et représentées que les autres nations et époques chrétiennes. Dans une introduction de 48 pages , M"** Jameson examine le caractère et Tinflueuce de Tart monastique ; elle passe en revue les fondateurs d'ordres, leur costume et leurs attributs; elle étudie les églises et les édifices consacrés aux différents ordres monastiques Ensuite , elle entre dans son ouvrage proprement dit , en commençant par S. Benoît et les Bénédictins; puis elle continue par les saints de race royale affiliés aux Bénédictins ; par les Augustins et les ordres qui en sont dérivés ; par les différents ordres mendiants sortis de S. François; par les Dominicains ou les Prêcheurs ; par les Jésuites ; elle conclut enfin par S. François de Sales , madame de Chantai et Tordre de la Visitation. Chaque saint principal est montré en gravure sur métal ou sur bois avec le costume de son ordre et son attribut spécial. C'est une iconographie cornplète pour tout le clergé régulier. Encore un livre que nous n'avons pas et qui nous rendrait cependant d'immenses services Nous savons que M"* Jameson fait imprimer en ce moment un troisième volume qui comprendra très en détail toute l'iconographie de la Sainte Vierge. Nous devrons donc à cette dame les plus beaux et les plus savants ouvrages sur cette partie de l'archéologie chrétienne à laquelle nous portons un intérêt tout spécial. — L'iconographie des ordres monastiques 36 fr.
VisiTS To THE MONASTBRiBS OF THE Lbvaxt, by the Hou. RoBBRT CuRzo.N. Quatrième édition. Un volume in-8° de lv et i%0 pages avec 48 gravures sur bois. Ce curieux ouvrage comprend la description des monastères des lacs Natron, du désert de Nitrie, de la Thébaïde, de Jérusalem et du monastère de Saint-Saba, des couvents des Météores en Thessalie, des couvents du mont Athos en Macédoine. M. R. Curzon raconte un peu trop ses aventures de voyage; mais il donne les légendes qui ont ou avaient cours dans les monastères qu'il visite, légendes sur Moïse et Salomon, sur Abraham et Sara, sur la sainte Croix, etc., en sorte que la poésie ancienne se mêle à la vieille architecture ; il a même reproduit la musique de chants anciens de l'Orient et particulièrement des litanies de la sainte Vierge tels que les exécutent les frères de Saint-Sauveur, à Jérusalem. Les gravures représentent, outre divers costumes orientaux, les vues des principaux monastères des Météores et du mont Athos. L'une montre le couvent du Météore proprement dit, et elle est prise de celui de Saint-Barlaam, que nous avons donné dans le I*^' volume des « Annales », page 473, et que M. R. Curzon a reproduit d'après notre dessin. D'autres offrent la vue du promontoire du mont Athos, les monastères de Saint-Paul et de Simo-Petra, que nous allons faire graver nousmême. On conçoit qu'un pareil ouvrage nous intéresse particulièrement ; mais il doit avoir un non . moins grand intérêt pour nos lecteurs, car il donne des renseignements de tout genre sur la religion, l'art, les usages et les mœurs des ordres monastiques de l'Orient tout entier. Un voyageur archéologue ne saurait se passer de ce livre, et nous regrettons vivement qu'il ne soit pas traduit en français 20 fr.
Choigb exemples of art workmanship, a selected from the exhibition of ancient and medioeval art, at the society of arts. » In-4o de viii et 4 4 pages, avec 60 planches gravées sous la direction de M. Philip db la Motte. Ces beaux exemples de l'orfèvrerie, émaillerie , bijouterie, cristallerie, faïencerie du moyen âge et de la renaissance, offrent des modèles précieux de reliquaires, monstrances, chrLsmatoires, petites châsses, coupes , hanaps , drageoirs , boucles d'oreilles, bas-reliefs et figurines en or, vermeil, argent, émail, cristal, verre, cuivre, étain, bronze, acier, fer, ivoire.
bois, terre cuite et grès, le tout semé de pierreries, de camées, d'intailles, de filigranes. Ce sont comme les riches armoires de notre orfèvrerie du Louvre illustrées par de belles gravures. La renaissance y occupe trop de place ; mais cependant plusieurs pièces capitales des xii*, xiii<^ et xiv^ siècles y brillent d'un rare éclat. La plupart de ces beaux objets appartiennent à la reine d'Angleterre, à MM. le duc de Buccleuch, baron Rothschild, Magniac, Nicholson, Pugin, VuUiamy, docteur Rock 38 fr.
PoTTËRT AND PORCELAIN, by JosEPH Marryat. Un volumo in-8'' de XXIII et 384 pages avec 420 planches coloriées ou gravées sur bois. Ce beau volume de la librairie anglaise contient l'histoire de la céramique, c'est-à-dire de la porcelaine et de la poterie, aux xv", xvi«, xvii* et xvin* siècles, avec un traité sur la fabrication, an glossaire, la liste et la représentation des monogrammes, une table des progrès de la céramique, etc. Charmante et savante publication, dont le seul tort est de ne donner que trop peu d'exemples antérieurs au xv« siècle. Nous conseillerions à quelqu'un de nos amis ou de nos fabricants de terres cuites émaillées de traduire cet ouvrage, et de le faire précéder de deux autres volumes dont le premier serait consacré à l'antiquité, le second au moyen âge, comme celui-ci, qui serait le troisième, l'est à la renaissance et aux temps modernes. On aurait ainsi une histoire et une description complètes de la céramique, cette jolie section de l'archéologie il fr.
Catalogue « of antiquities, coins, pictures, and miscellaneous curiosities, in the possession of the Society of antiquaries of London, by Albert Way. » In-8o de 56 pages. La Société des antiquaires de Londres , magnifiquement logée dans Somerset-House , possède un musée fort varié et digne d'une certaine attention. M. Albert Way, l'un de ses membres, a pensé qu'il était utile, et nous partageons entièrement cet avis, de publier le catalogue de tous ces objets antiques, de ces médailles, peintures, curiosités diverses, qui remplissent une salle entière. Ce catalogue a été rédigé d'après les procès-verbaux et autres notes que possède la Société. Nous regrettons seulement qu'on n'ait pas illustré ce petit cahier de quelques-unes de ces belles gravures sur bois qui se font avec une si rare perfection en Angleterre. Un objet décrit ne se voit qu'à moitié ; pour le montrer complètement, il faut en donner le dessin. Du reste, dans une autre édition de ce catalogue, on pourra, on devra foire entrer un certain nombre de gravures 2 fr.
Hand-Book to THE ANTIQUITIES IN THE BRITI8H MusEUH, by W. Vaux, « assistaut in the département of antiquities, british Muséum. » In-8" de xvi et 472 pages, avec 32S gravures sur bois, représentant les plus curieuses ou les plus belles œuvres de la sculpture grecque, lycienne, assyrienne, égyptienne, étrusque, romaine, conservées dans cet inappréciable Musée britannique. Nous voudrions qu'on nous fit des « Manuels » ou • Guides » de ce genre pour le Louvre, l'hôtel Cluny et Versailles. Au lieu de ces « Livrets » insignifiants et si minces, que l'administration des Musées nous vend encore trop cher, nous aurions besoin de ces solides i Hand-Books », comme en publie le célèbre libraire John Murray, pleins de science et d'agrément tout à la fois. Ainsi, en regard de la description des marbres fameux et immortels que lord Elgin a rapportés d'Athènes en Angleterre, nous trouvons des gravures qui nous montrent ces marbres et les fixent dans nos yeux. Si M. Léon de Laborde, conservateur de la sculpture du Louvre, nous permettait de lui soumettre un avis, nous l'engagerions à publier un « Hand-Book » comme celui de M. Vaux. Notre gouvernement n'en voudrait peut-être pas faire les frais, mais M. de Laborde trouverait un Murray français qui s'empresserait de publier un livre aussi utile et qui obtiendrait un grand succès. Le « Hand-Book » du Musée britannique contient d'abord la nomenclature, par ordre chronologique, des anciens artistes grecs et romains ; puis un aperçu de l'art grec ; puis la description des sculptures de Phigalie, du Parthénon, de la Lycie, de l'Étrurie et de Rome, de l'Assyrie, de l'Egypte, des bronzes et des vases antiques. La procession des Panathénées et le combat des Centaures et des Lapithes sont donnés en grand détail par les gravures sur bois 40 fr.
The citibs and cemetbribs of Etrdria, by George Dbnni^. Deux forts volumes iii-8*, de 630 et 560 pages avec 40 cartes et plans de villes, 4 lithographies et 400 gravures sur bois. Ouvrage complet sur l'histoire et Tart de TÉtrurie. Il comprend les villes et cimetières de Veii, Fidenœ, Sutrium, Nepete, Falerii, Fescennium, Horta, Feronia et Gapena, Mons-Giminus, Surrina, Ferentinum, Castellum, Âxia, Orcle, Blera, Tarquinii (Cometo), Graviscœ, Vulci, Tuscauia (Toscanella], Sta« tonia, Suana, Volsinii, Fanum-Voltumnae, Orvieto, Centum-Cellae, Punicum, Pyrgi, Agylla, Caere, Alsium, Luna, Pisae, Florentia, Faesulas, Sena, Volaterrae, Populonia, Rusellœ, Telamon, Orbetello, Cosa, Vetulonia, Satumia, Qusium, Àrretium, Cortona, Penisia, Rome. Le tout en cinquante-neuf chapitres illustrés de gravures. C'est une statisque monumentale de rÉtnirie ancienne, surtout de rÉtrurie souterraine. Un pareil livre nous manque, à nous qui possédons des in-folios d'académiciens que personne ne lit, et qui n'avons pas un bon ouvrage en un ou deux volumes, comme celui-ci, où la science soit condensée. Quoique livrés à l'archéologie chrétienne exclusivement, nous ne devons pas dédaigner un pareil ouvrage, car Pisae, Florentia, Perusia des Étrusques ont donné naissance à Pise, à Florence, à Pérouse des chrétiens. Cette Étrurie païenne est la base où se sont fondées les villes du moyen âge et, pour bien connaître un Gis, il est bon de ne pas en ignorer le père. Ces deux beaux volumes 55 Dr.
NUMISMATIC ILLUSTRATIONS OF THE NARRATIVE PORTIONS OF THE NEW TESTAMENT, by J. Y. ÀKBR-
MAN. In-S*" de 62 pages avec la gravure, sur acier ou sur bois, de 42 médailles. M. Akerman, le savant et laborieux secrétaire de la Société des antiquaires de Londres, a choisi dans les monnaies toutes celles qui rappelaient des personnages et des faits consignés dans le nouveau Testament: ainsi les coins de Vespasien et de Titus, qui portent en revers la Judée captive assise et pleurant au pied d'un palmier; ainsi les coins d'Hérode le Grand et d'Àrchélaus, d'Hérode Àntipas et d'Antonin-Pie, les tetradrachmes de Tyr et de Sidon, les deniers de Tibère, etc. C'est une monographie que les lecteurs habituels du nouveau Testament et des Actes des apôtres étudieront avec un intérêt particulier. Un fait qu'on voit frappé sur une monnaie se grave profondément dans le souvenir et quelquefois se révèle avec de nouveaux éclaircissements 7 fr.
Haxd-Book for Hampton-Court , by Félix Summerlt. Un volume in-48 de 447 pages, avec 30 gravures sur bois. Ces gravures sont assez mauvaises, mais l'ouvrage est rempli de faits intéressants. Plus sérieux que nos livres de ce genre , il contient, extraits des archives, les comptes des œuvres d'architecture, de charpente, de sculpture en bois et en pierre, de peinture, exécutées dans ce palais, qui est une espèce de Versailles en petit et en beaucoup moins beau. Ce « Guide » donne la description détaillée des tapisseries, des cartons et des peintures nombreuses qui enrichissent et embellissent Hampton Court 2 fr.
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