Stieglits, Beitrage zur Geschichte der Banhunst,^, M
4. Le mot allemand , dans les anciens documents , est « parlirer » et non polirer, comme on l'a
partout comme le supérieur immédiat des compaguons. Il est pourvu ensuite au besoin de l'enseignement. La durée de l'apprentissage , les conditions sous lesquelles les apprentis peuvent devenir compagnons sont fixées; on défend sévèrement aux maîtres d'en employer à la maçonnerie, et d'en instruire, dans l'art^ aucun qui n'ait servi le temps voulu chez un tailleur de pierre. Le maître lui-même est choisi par le fondateur ou l'entrepreneur. Mais s'il s'agit de continuer une construction déjà commencée, il doit présenter pour caution deux, maîtres éprouvés. La justice lui est recommandée; il ne consultera pas la faveur ou la reconnaissance dans la répartition des travaux ; il n'enlèvera pas aux autres maîtres ni leur ouvrage, ni leurs compagnons. Puis vient une série de préceptes qui concernent le maintien de la piété et de l'honnêteté chrétienne. Le maître ne souffrira aucune action répréhensible ; il fera observer l'obéissance et les bonnes mœurs. L'ouvrier, qui ne se confesse pas annuellement, qui mène une vie irrégulière avec des femmes ou s*adonne au jeu, sera chassé. Les écarts plus légers s'expient par l'abaissement à une place inférieure. Les dettes sont défendues et, après un délai écoulé inutilement, on prononce encore l'exclusion. Une partie essentielle des statuts se rapporte à l'exercice de la juridiction. On ne doit pas s'adresser aux juges forains pour les querelles entre les confrères, qu'il s'agisse du métier ou d'autre chose. Le plaignant se présentera devant le maître, lequel, en cas d'accusations graves, appelle les deux maîtres voisins et décide avec eux. Mais, avant tout , on cherche à prévenir les contestations, et tous les trois mois^ comme le prescrit le règlement de Rochlitz, le maître demande aux compagnons s'il n'y a point de haine ou de jalousie parmi eux. Pour assurer l'observation du règlement, chaque membre de l'association doit prêter serment de s'y conformer. L'apprenti qui avait fini son temps, et parvenait à la dignité de compagnon, recevait communication de signes secrets, consistant dans le mot, le salut, la pression de la main, qui lui ouvraient l'entrée des autres loges. Et, de plus, on lui assignait une marque'. Lorsqu'il cherche de l'ouvrage dans une loge étrangère, il doit demander d'abord de la pierre ou d'autres matériaux pour y tailler sa marque et donner ainsi une preuve de son habileté, en même temps qu'il se fait reconnaître comme par ses armoiries ^. On trouve encore souvent de telles marques dans
défiguré plus tard. Il vient évidemment des Français , et qualifie le chef des compagnons de « parleur 9 , parce que c'est par sa bouche que se communiquent les ordres du maître.
1. Dont parle seulement le règlement de Rochlitz, mais, sans aucun doute d'après l'usage général.
2. Plus tard , probablement depuis le xvr siècle, les marques des maîtres furent déposées dans les archives de la loge des tailleurs de pierre. (Stibglits, Gesch» der Bank.^ p. 430)
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les églises gothiques et elles pourraient servir à nous éclairer sur l'ensemble et les rapports des écoles d'architecture des différents pays '. Elles se composent de lignes droites^ tracées avec le ciseau, qui figurent des triangles, croix, crochets, etc. Il faut se garder de leur attribuer aucune signification mystique*.
Les huttes maçonniques subsistèrent longtemps en Allemagne sous cette forme et survécurent de plusieurs siècles au moyen âge. En l'année 1563 des réunions eurent lieu à Strasbourg et à Bâie , et l'on y rédigea un nouveau règlement qui fut imprimé avec le titre de « Droit des tailleurs de pierre, ou Livre des confrères ». Ce livre fut distribué aux diverses loges. Au commencement du siècle passé, ces associations paraissaient encore si importantes, qu'une décision de la diète, de l'année 1707, parle motif que Strasbourg était détaché de l'Empire, rompit la liaison des loges allemandes avec celle de cette ville. Encore plus tard , dans Tannée 1731, la diète s'occupa de nouveau des huttes maçonniques et leur défendit d'exiger le secret de leurs nouveaux membres, mesure de police à laquelle probablement la franc-maçonnerie , déjà répandue , donna occasion. Toutefois des confréries de tailleurs de pierre, observant le règlement de 1 563, ont existé, jusqu'à nos jours, en plusieurs endroits : à Cologne, à Bàle, Zurich, Hambourg et Dantzig. La date de leur origine et de leur fin coïncide donc avec celles des autres corporations des arts et métiers, et nous ne trouvons dans le contenu de ces anciens documents rien qui ne s'explique par l'esprit de la profession ; celle des constructeurs se distingue seulement des autres en ce qu'elle donnait à l'esprit une direction plus élevée. L'exécution de formes imposantes, l'emploi de* règles mathématiques, le développement du sentiment de la beauté durent introduire une tenue digne chez les mattres et les compagnons, et leur inspirer, même dans les temps modernes, lorsqu'on s'occupait de l'achèvement et de la restauration de ces immenses et vénérables monuments, une certaine gravité et un plus grand respect pour leur tâche.
Les loges maçonniques auraient eu une importance bien supérieure, si
4. M. Didron , entre autres, a entrepris une telle collection. (Voir les différents volumes des « Annales Archéologiques a , notamment le iii«, page 31.
i. Comme Ta fait M. de Uammer , dans son Myslerium Bapfwvnetis revelatum , où il flaire partout les signes d'une idolâtrie gnostique , dérivant de l'ordre des Templiers. Du reste , M. de Hammer a été réfuté par Renouard , dans le Journal des Savants , par Miinter et par d'autres , qui, M. Schnaase nous permet de le dire , ont facilement ruiné un système sans base.
(Note du Directeur.)
l'on admettait le système présenté, pour la première fois, par les francsmagons du siècle dernier, et qui a trouvé créance dans des ouvrages artistiques et même purement historiques. D'après ce système, les loges du moyen âge ne sont qu'un anneau d'une grande chaîne de sociétés secrètes qui va se développant depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Quelques-uns en placent l'origine, d'une manière tout à fait fabuleuse, déjà sous les fils d'Adam et de Noë; d'autres sous les Pharaons d'Egypte '. D'autres, enfin, avec une apparence de critique , prennent pour point de départ les collèges ou corporations de maçons à Rome, dont parlent les anciens auteurs et les lois romaines ^. Voici l'analyse de ce système : — « Ces collèges ou corporations survécurent à la chute de l'empire romain et se maintinrent nommément dans la Grande-Bretagne, convertie au christianisme, où leurs principes traditionnels reçurent une application nouvelle. La foi chrétienne, dans sa forme pure et primitive , ayant été apportée directemeixt en Angleterre de l'.Asie, et non de Rome, les missionnaires qui vinrent ensuite avec l'esprit romain rencontrèrent de la résistance chez les chrétiens déjà existants ^. L'Église de Rome l'emporta ; mais il resta des sectateurs d'une religion qu'ils déclaraient plus simple et plus naturelle et qu'ils propagèrent en silence. Le dogme de ces Culdéens ( colidei, déistes) pénétra dans les corporations maçonniques, qui devinrent le siège d'un christianisme épuré et d'une opposition secrète aux doctrines de l'Église du moyen âge. L'activité architectonique, comme toute civilisation, passa il est vrai dans les mains des ecclésiastiques et des moines , et les cloîtres servaient d'emplacement pour tei^ir les loges; mais les laïques étaient admis dans ces loges qui, nonobstant, auraient conservé leur ancien esprit. Ainsi , en l'année 926 , un protecteur de ces sociétés, le prince Edwin , frère du roi , assembla les maçons à York, et fit rédiger l'histoire de leur art et les lois de la corporation. Par cette constitution d'York, selon Heldmann , la maçonnerie anglaise fut préservée de toute altération et se maintint dans son activité secrète. C'est d'elle que serait venue la pensée de ces grandes associations de laïques dont nous avons donné plus haut des exemples tirés de la France septentrionale et de la Normandie. On ne trouve pas en Allemagne ce mouvement enthousiaste de toutes les classes de la population. Ici, les fondateurs des loges maçon-
4 . Kabl Heideloff, die Bauhutte des mittelaléers in Deutzchland^ Niirnberg 4844. Ce livre est une compilation consciencieuse , mais sans aucune critique.
2. Les expressions ampoulées de Vitruve , sur la tendance philosophique de Tarchitecture , n'apportent naturellement aucune preuve de doctrines traditionnelles dans les corporations.