‹ Annales archéologiques (volume 4)Chapitre 86 sur 103 · XI. kZ · texte numérisé non relu

XI. kZ

métiers de Paris , que nous avons mentionnés ci-dessus , laissent encore moins soupçonner un mystère. S'ils défendent aux maitres d'instruire dans leur art les aides et manœuvres étrangers à la corporation ' , ce n'est qu'une conséquence de la limitation du nombre des apprentis, qui a lieu ici comme dans les autres métiers et avec le même but.

D'ailleurs, à quoi bon garder le silence sur des enseignements purement artistiques? Il y a bien dans l'art un secret, mais qui échappe de luimême et sans qu'il soit besoin de prohibition à la publicité : c'est le secret du talent et du génie. La perception claire de la théorie n'appartient jamais qu'à quelques hommes d'élite. Le grand nombre suit les traditions et les procédés pratiques sans en comprendre l'origine. On pourrait admettre une exception à cette règle , si la théorie n'était pas puisée dans la nature de l'objet , et se trouvait mélangée de rapports étrangers et symboliques. Nous venons de voir que ce n'est pas le cas ici, du moins les documents historiques n'en disent rien. Mais peut-être les monuments eux-mêmes nous apprendront-ils quelque chose à cet égard. Cette étude a occupé beaucoup d'esprits et occasionné d'intéressantes recherches dont nous parlerons une autre fois.

D' SCHNAÂSE,

Conseiller à la eoar de rasnUon de Berlin.

4 . « Les maçons peu\ent avoir tant aides et vallets à leur mestier comme il leur plait , pourtant qu'ils ne montrent à nul de eus nul point de leur mestier. » Cette défense {Livre des métiers, p. 4 08 ) n'est curieuse qu'en ce que le mot vallé ou valet signifie dans les autres métiers un véritable compagnon à qui même un travail indépendant est assigné. Mais ceci s'explique par le besoin qu'avait le maître maçon d'un grand nombre de manœuvres pour les services subordonnés , ce qui ne se rencontrait pas ailleurs. Un autre passage prouve que les élèves recevaient également ici , après leur admission, un nom d'apprenti. La défense d'instruire les manœuvres n'avait donc pas l'importance d'un secret. Elle empêchait seulement ceux-ci de parvenir à la maîtrise tant qu'ils n'avaient pas travaillé comme élèves pendant le temps nécessaire.

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