‹ Annales archéologiques (volume 4)Chapitre 93 sur 103 · Prophetia Ezechielis », cap. i et y, passim · texte numérisé non relu

Prophetia Ezechielis », cap. i et y, passim

que le vol d'aacun oiseau ne pourrait l'égaler. Ayant un peu détourné les yeux afin d'interroger mon guide, je la revis plus lumineuse et déjà plus grande. Puis, de chaque côté, m'apparaissait je ne sais quoi de blanc d'où sortait peu à peu quelque autre objet blanc comme le premier... Voici l'ange de Dieu... Vois comme il dédaigne les moyens humains. 11 ne veut point de rames ni d'autres voiles que ses ailes... Vois comme il les tient dressées vers le cieL II bat l'air de ses plumes éternelles qui ne muent point comme la chevelure des mortels. — Plus s'approchait de nous l'oiseau divin, plus brillant il apparaissait , de sorte que de près les yeux ne pouvaient soutenir sa splendeur... La béatitude était peinte sur son front. » — Au chant xn* du « Purgatoire », Dante ajoute quelques traits à son tableau : « Vois un ange qui s'apprête à venir vers nous... La belle créature venait vêtue de blanc, et son visage scintillait comme on voit trembler l'étoile du matin. Elle étendit les bras, et puis elle ouvrit les ailes. »

Quiconque a regardé les peintures murales de l'Italie, les mosaïques de la Grèce et les émaux byzantins disséminés en Europe, reconnaîtra que les anges de Giotto et d'Orcagna, de Fra Angelico et du Péruginj, que les anges de Saint-Luc en Livadie et de Sainte-Sophie de Salonique, que les anges de l'inappréciable reliquaire byzantin de Limbourg^ ne sont qu'une autre expression, une expression par le dessin, des anges tels que Dante les décrit. Mêmes formes, mêmes ailes, mêmes lumières ; la poésie et la peinture ont traduit en deux langues, l'une par des paroles, l'autre par des lignes et des couleurs, une pensée absolument identique* Nous n'avons malheureusement à joindre à ces textes splendides d'Ézéchiel et de Dante que d'assez pauvres gravures, mais suffisantes cependant pour fixer l'œil sur les linéaments principaux des figures célestes.

La figure suivante, qui représente les cercles ou les roues enflammées, ailées et ocellées dont parle Ézéchiel , est la plus complète que nous connaissions^. Elle vient d'Athènes, d'une petite église, probablement détruite aujourd'hui et qui possédait en 1839, à l'époque de notre voyage en Grèce, des peintures murales du xiu* siècle, d'un caractère remarquable.

4 . C'est un reliquaire de la vraie croix, d'une valeur considérable et d'une beauté sans pareille. D'origine byzantine, datant du x* siècle probablement, il est couvert d'émaux translucides sur fond d'or. Il provient du trésor de la cathédrale de Trêves , et fut livré par le dernier archevèque-électeur de Trêves au duc de Nassau , qui l'a donné récemment à la cathédrale de Limbourg.

2. a Et omne corpus earum (rotarum), et colla, et manus, et pennœ, et circuli plena erant oculis , in circuitu quatuor rotarum. — Et rotas illas vocavit volubiles... » — « Prophetia Ezechielis » , cap. X, v. 42 et 43.

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