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A la dalmatique impériale, gardée aujourd'hui dans le trésor de Saint- Pierre de Rome, Jésus-Christ pose les pieds sur deux roues entièrement semblables. Ce magnifique vêtement est d'origine byzantine, et l'on retrouve, en effet , dans tout l'ancien empire de Byzance, sur les monuments chrétiens, les anges ayant cette forme de roue et destinés k porter Dieu le Père ou Jésus-Christ '.
Ces roues, que les Byzantins assignent spécialement à l'ordre des Trônes, mais qu'Ëzéchiel attribue à tous les anges en général , varient de Tonne.
A Chartres, elles n'ont plus oi flammes, ni ailes, ni yeux ; mais elles afTectent plus matériellement la forme d'une roue de voiture. C'est moins symbolique, moins poétique et plus vulgaire. Il est vrai qae cette roue n'est que le marchepied, en quelque sorte, de l'ange lui-même qui a les ailes et les yeux que la roue porte en Grèce.
1. — Anfc illt II oulU ur li roo« irmMli|BB. — Sulptne do roi* ilèclt, i II eatkidnie de Chinm.
1. Voyez dans les > Anaala; ArcbéoiogiqueB», vol. I, pag. 15i, la gravure de la v Dalmatique mpériale. >
Ailleurs, sur un ivoire dn musée Barberioi , gravé dans l'ouvrage de Gori ', c'est un cercle, non une roue, mais un cercle privé d'yeux et dépouillé de nammes et d'ailes. En guise d'ailes, un ruban qui s'entrelace passe dans le cercle et forme une sorte de quatrefeuilles '. On est bien loin, très-loin de la mystérieuse poésie d'Ëzéchiel.
Les Latins, plus calmes, plus raisonnables que les Orientaux, ont préféré représenter les anges soos la forme humaine. Sous le rapport de l'idéal , les nations latines peuvent se diviser en deux classes : les nitramontaines, ou italiennes, et les occidentales. Les Italiens, plus voisins de la Grèce, qui avait mis le pied chez eux à Venise, à Ravenne et dans toute la Sicile, aiment à spiritualiser les anges. Souvent , ils ne leur laissent du corps humain que la tête, c'est-à-dire le siège de l'intelligence; ils leur retranchent tout le reste, depuis le cou jusqu'aux pieds. Rien n'est plus commun, même dans les peintures du Pérugin , à l'aurore de la matérialiste renaissance, que de voir des tétes^d'enfant , environnées de six ailes, pour figurer les anges. Ces têtes, d'une jeunesse extrême, montrent ainsi , par cette absence d'âge, pour ainsi dire, qu'on veut enlever à l'ange le plus possible de tout caractère humain ^. Quelquefois, les artistes italiens prêtent un corps aux anges, mais ils aiment à couper ce corps au-dessous du buste. Toute la partie inférieure du tronc étant destinée à là locomotion, ils la remplacent, en conséquence d'une physiologie exactement logique, par une paire d'ailes. Les ailes font l'office que rempliraient les jambes.
À — Ange ont pieili ni ]>mb«. — Pelnuin luUcimc dn iir* iltcle.
1. Gori, < Thésaurus velenun diptychorum i, vol. III, p. 160, musée Barborioi.
3. Voyez dans l'a Histoire de Dieu>, pag. 139, un de ces anges, a âmes sens corps «, dont nous avons donné la gravure. — Le sceau de l'université d'Avignon , univernté vraiment italienne ,
Les moDumeats qui représentent ainsi les anges sans corps on sans jambes sont extrêmement nombreux, et nous renvoyons nos lecteurs aux textes et aux. gravures où il en est question dans notre « Histoire de Dieu >.
Dans rOccideot proprement dit , chez les peuples occidentaux de l'Europe, où le symbolisme a moins de prise, où l'idéal est presque toujours vaincu par le réel , on âgnre plus volontiers les anges sous la forme humaine complète. En voici Tune des plus notables représentations. Elle est tirée d'un manuscrit célèbre, nommé « Hortus deliciarum », qui date du xn' siècle et qui , aujourd'hui propriété de la bibliothèque de Strasbourg , a été écrit et peint pour le couvent de Sainte-Odile, en Alsace. Ici, c'est l'homme en chair et en os, qu'on nous permette cette expression. C'est l'homme riche, fort et fier : riche dans ses habits, fort de la main qui porte le globe et le sceptre, fier de l'attitude et de la physionomie où semble respirer une majesté voisine de l'oi^ueil.
Mais cet homme est jeune. Ce n'est plus un enfant comme le font les Italiens; ce n'est pas encore un homme mûr, presque un vieillard, comme
Tondée en 1 303, porte une Ul« d'enfant ainsi entourée de six ailes. Du reste , celle représentation es[ affectée ans Chénibios, ceux d'entre les anges auxquels l'btelligence, le but que poursuit toute université, est spécialement attribuée.