‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 12 sur 82 · Esquisse de Rome chrétienne · texte numérisé non relu

Esquisse de Rome chrétienne

toute probabilité, aux dernières années du' iv* siècle ou aux premières du suivant. Le bas-relief du milieu représente un clerc avec la tonsure, la « casula » , qui ne descend qu'aux genoux, et la tunique, qui, bien que plus longue, n'est cependant pas « talaire ». Deux vieillards sont près de lui, qui paraissent l'écouter avec attention.

404. — Constance, auteur de la Vie de saint Germain,, évêque d'Auxwre, raconte comment il fut saisi par le bienheureux Amator, après avoir invoqué le Seigneur; on lui coupa sa chevelure, et, une fois dépouillé des ornements du costume séculier, on le revêtit de l'habit religieux des clercs ^

407. — Baronius, racontant la mort de saint Jean Chrysostome d'après ses Actes, dit que « lorsqu'il sentit sa dernière heure approcher, il demanda, pour célébrer le saint sacrifice, des vêtements blancs qui fussent dignes de cette circonstance auguste. Et , après avoir quitté ceux qu'il portait et changé jusqu*à ses chaussures, il les distribua à ceux qui étaient présents * » . Ferrari pense à ce propos que le vêtement habituel des évêques était de couleur noirâtre, comme le manteau des philosophes dont nous avons parlé , conjecture qui , tout en ne s'appuyanUci que sur un fait négatif, nous paraît d'ailleurs assez raisonnable. 428. — Cependaiit, il ne paraît pas que ce costume ait été adopté généralement en France par les évêques, avant le v* siècle; même à cette époque, il arriva que tous ceux de la Gaule Narbonnaise et Viennoise, ayant voulu s'en servir, à l'imitation des moines d'Orient^, le pape Célestin P'ieur adressa une lettre dans laquelle il les blâme de cette nouveauté : « Unde hic habitus (leur dit-il) in ecclesiis Galliarum ut tôt annorum tantorumque pontifieum, in alterum habitum consuetudo vertatur? Discemandi a cœteris sumus doctrina, non veste ; mentis puritate, non cultu. Nam, si studere indpimus novitati, traditum nobis a patribus ordinem calcabimus, ut locum supervacuis superstitionibus faciamus... Habeant tamen istum forsitan cultum, morem potius quam |rationem sequentes, qui remotioribus habitant in locis, et procul a caeteris degunt... Rudes ergo fidelium mentes ad talia non debemus inducere ; docendi eni m potius sunt quam ludendi, nec imponendum eorum est oculis, sed mentibus infud^da prescepta sunt. » (Labbe, Concil., t. II, col. 1619.)

1. Le texte donné par Surius porte « habitu religionis ». Cette expression désigne ici le costume clérical et non monacal , comme on pourrait le supposer au premier abord. En effet, saint Germain, avant d*ètre évèque, était gouverneur d'Auxerre, et il n*est dit nulle part qu'il soit entré dans un cloître.

^. Le même fait est rapporté dans la vie de ce saint, écrite par Temperear Léon ; seulement le mot a candida » est remplacé par « splendida ».

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