‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 54 sur 82 · OGIVE. 3«S · texte numérisé non relu

OGIVE. 3«S

tes angles curvilignes de l'œil avec un arc en tiers-poinl '. Hâtons-nous êè convenir que nous serions fort embarrassé sMI fallait substituer, à c^les dont noi» venons de prouver la fausseté, une étymologîe meilleure ; nous ne vmilonfl pas nous y hasarder.

Le nom d'ogives qui appartenait, comme nous l'avons vu, aux arcs diagonaux des voûtes, paraît avoir été donné par exteîision aux pierres qui servaient à les bâtir. Gela résulte d'un texte du xv siècle, signalé par M. Dnsevd, membre des Comités historiques, et tiré du rftgteiiient de Féchevînage d'Amiens, sur la hauteur et la longueur que devaient avoir les diverse?; sortes

de pierre. « Quarrel Bouihos..... Aisseliers.... Cuingtz Cuingtï

«doubles Parpains. » «//em. Autre pierre à mâchonner que on dit

Pkndans de la haulteur de V poulx de lit et longueur en parement c. â les quarriaulx dessus d. » « Item. Autres pierres comme ogives à mâchonner de telle haulteur lit ou longueur qu'on leur requiert et selon q l'ouvrage le désire. Autre jauge n'y a. » (« Eschevinage de 1464». )

En effet, les pierres qui forment les pendentifs ou le nu de la voûte ont des dimensions régulières, qui peuvent être déterminées à l'avance; mais il n'en est pas de même, on le conçoit, de celles qui servent à la construction des ogives et des autres nervures.

Il nous reste à montrer comment le mot ogive ou «augive», car cette orthographe , moins usitée , n'est guère moins ancienne que l'autre , a été détourné de son ancienne signification. La plupart des dictionnaires des xvii* et xviir siècles, tels que ceux de Furetière et de Trévoux, la lui conservent tous. Ces noms montrent que, comme les ogives étaient les membres essentiels d'une voûte gothique, on en était venu à dire : voûte en croisée d'ogives, et, plus brièvement : voûte d'ogives. Du reste, on continue à définir l'ogive, r ARC-DIAGONAL d'unc voûte d'arêtes. On arrive à Millin qui, d'une part, dans son dictionnaire, transcrit littéralement l'ancienne définition du mot ogive, et qui, de l'autre, dans tous ses ouvrages, l'emploie dans le sens d'arc aigu. De voûte d' « ogives », il a fait voûte « ogive », et, par une confusion singulière, il a attaché à cette expression l'idée de la forme en tiers-point. Dès lors, il a dit arc ogive, fenêtre ogive, pour arc aigu, fenêtre en tiers-point. Il parait donc que c'est lui qui nous a donné, par sa mauvaise mémoire, le mot ogive. Pour Quatremère de Quincy, dans son « Dictionnaire d'Architecture » , il commente au mot «ogive» la définition des dictionnaires antérieurs, avec beaucoup d'observations neuves, il est vrai, mais absolument comme si les ouvrages

4. BoissERÂB, c Description de la cathédrale de Cologne » ; L. Batissirr, « Éléments d'archéologie », etc.

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contemporains , et même les siens parfois , ne donnaient pas à ce mot une signification fort différente.

Mais quelle était donc l'expression dont on se servait au moyen âge pour désigner cette modification du cintre qui constitue l'arc aigu? Vraisemblablement on disait « arc en tiers-point», comme au temps de Philibert de Lorme. Dans tous les cas, le mot dont on se servait n'était certainement pas celui d'« ogive ». Maintenant ce mot nous est acquis : il nous est d'ailleurs nécessaire, et, avec ses dérivés, il tient une grande place dans notre terminologie. Il gardera donc, heureusement, sa nouvelle signification ; mais il n'en est pas moins utile et curieux de se rendre bien compte de l'ancienne.

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