‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 57 sur 82 · LA MÈRB ET L'ENFANT ENTODRÉ DES DONS DO SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

LA MÈRB ET L'ENFANT ENTODRÉ DES DONS DO SAINT-ESPRIT

Vitnil da xiii« siècle, dans la cathédrale de Chartres.

Ici, nous ne voyons que six esprits ou colombes divines, au lieu des sept qui existent partout et que réclame le texte d'Isaïe; nous avons tâché d'en donner la raison dans 1' « Iconographie du Saint-Esprit » (pages 474-77) , et nous ne devons pas y revenir dans cet article. En tout cas, rien n'est plus noble, n'est plus poétique, n'est plus dégagé de tout sentiment humain que cette représentation qui a, répétons-le encore, une grande analogie avec celle du mont Athos; c'est de même qu'à la Transfiguration peinte dans la cathédrale de Chartres et presque identique à celle qu'on a vu brodée sur la Dalmatique impériale.

Il est rare de voir chez nous la Vierge ayant devant elle l'Enfant et ne le portant pas; mais on la trouve fréquemment tenant son enfant entre ses genoux, dans son giron. Cette manière de figurer le groupe sert de passage entre la manière grecque ou de Chartres et le groupe de la Vierge, assise encore, mais tenant déjà l'Enfant sur son genou, ou sur son bras et contre sa poitrine, comme on le voit dès la fin du xir siècle. A cette époque, Marie commence à devenir une mère qui tient son enfant comme font toutes nos mères. L'Enfant commence à prendre un âge naturel, à quitter son âge symbolique. Jésus est habillé encore, il bénit, il tient un livre ou un globe ; mais le vêtement est moins

ample et plus court, le livre est moins gros, le globe est plus petit. Le vêtement est presque celui des enfants d'alors ; le livre tend déjà à ne plus être le gros Évangile, mais à devenir un abécédaire où ce petit garçon va apprendre à lire. Le globe va devenir une boule, une pomme agréable à manger, une belle cerise qui tentera la bouche, presque une petite boule pour jouer. fi: Les colombes divines, on le comprend de reste, descendues du ciel au xni* siècle, pour se reposer sur la tête du divin Enfant, n'y restent pas longtemps ; avant le xv* siècle, elles se sont envolées déjà pour regagner le paradis. Cependant, à la fin du xiv% nous les retrouvons encore voltigeant autour du groupe divin ; mais ces colombes n'ont plus le nimbe et ne sont plus environnées de l'auréole que nous leur voyons à Chartres. Colombes réelles et non plus symboliques, elles se changent en pigeons , comme le globe en boule. L'Enfant lui-même est déjà tout nu, comme le nourrisson d'une bourgeoise quelconque; il embrasse sa mère, motif charmant et adorable, mais humain, mais antisymbolique. Si, du xiv% nous passions au xv*, nous verrions peut-être le petit nimbe de rayons lumineux qui entoure la tête de Jésus s'éteindre, comme s'évanouit celui de la Vierge elle-même. Nous sommes au xiv*, et le symbolisme n'a pas encore complètement disparu. Voici le dessin.

Page 1