‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 60 sur 82 · iism DAM LB SBIN DB HàBIB · texte numérisé non relu

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Vitrail français du xvi« siècle.

Nous avons fait bien du chemin, depuis les tableaux de saint Luc et même depuis les descriptions du « Guide de la peinture», jusqu'au vitrail de Jouy et jusqu'à la légende poétique de saint Jean-Baptiste, depuis le vitrail de Chartres jusqu'à la miniature de la bibliothèque Sainte-Geneviève. On aura acquis la certitude, nous l'espérons, que l'art, en ce qui regarde le groupe de la Vierge et de l'Enfant, a toujours été se dégradant, à partir du xiii* siècle ; il a fait du Fils de Dieu le fils de l'homme, et de la Vierge une femme vulgaire. Sachons gré à M. Maréchal d'avoir tenté l'alliance difficile, sinon impossible, entre l'idéal ancien et le réel moderne, entre Dieu et l'homme, entre la Vierge et la mère, et répétons, après lui, ces graves paroles. «J'ai vu...., dans le groupe de la Vierge et de l'enfant Jésus, la consécration de la dignité des opprimés par celle de la victime du vieux monde : la Vierge enveloppe et soutient l'enfant Jésus, qui l'entoure de ses bras en signe d'amour et de bénédiction. En elle, vierges et mères sont bénies, et bénies aussi les attentives tendresses qui ont protégé l'enfance du Fils de Dieu. La sainte Vierge accepte une dignité qui sera partagée par les victimes de la loi antique; elle offre à l'adoration, elle adore elle-même la providence des faibles opprimés ». Cette noble pensée fera

comprendre le groupe dont nous donnons aujourd'hui une reproduction gravée sur cuivre. Marie et Jésus ont une certaine tournure hiératique, une certaine rudesse qui convenait à la période antérieure au xiii* siècle. C'est une Vierge, c'est un Dieu, que nous voyons là, plutôt qu'une mère et son enfant. La mère tient son fils, mais avec un grand respect ; c'est une femme vivante et timide peut-être, mais pleine de noblesse. L'enfant est nu comme à la fin du moyen âge et pendant la renaissance ; mais il est grave, sauvage même, et il entoure Marie comme pour la protéger. D'ailleurs il est plus grand qu'un enfant de son âge, ou plutôt, puisqu'il est Dieu, il n'a pas d'âge humain. Cette alliance de l'idéal et du réel , du céleste et de l'humain , nous semble avoir été parfaitement obtenue par M. Maréchal, et nous dirons que ce groupe de la Mère et de l'Enfant est celui de tous ses admirables tableaux sur verre qui nous â le plus ravi dans la nouvelle église de Saint-Vincent-de-Paul.

DIDRON

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