RESTAURATION DE ÛÉGLISE ROYALE
Avant de parler au long de la restauration infligée à Tillustre église abbatiale de Saint-Denis , un mot sur la destruction qui s'achève actuellement du monastère et de l'église des Annonciades dans cette ville. Cet acte de vandalisme est d'autant plus à déplorer, que le monastère existait encore l'année dernière avec toutes ses dépendances, et que c'était un vaste bâtiment sur lequel l'administration aurait dû tout naturellement jeter les yeux pour en faire le siège d'un de ces établissements d'utilité publique, toujours nécessaires aux portes d'une ville comme Paris.
Du cloître et des autres constructions habitées par les religieuses, il reste à peine maintenant quelques pans de murailles qui ne sont plus susceptibles d'être conservés. L'église est entamée par les démolisseurs; cependant il serait temps encore d'en arrêter la ruine. Nous l'avons dernièrement visitée afin de pouvoir au moins en conserver le souvenir. Que les lignes suivantes lui servent donc d'acte de décès, si nous ne réussissons pas à faire prolonger l'existence de cet élégant édifice. Nous avons à cœur de prouver, chaque fois que l'occasion s'en présentera, que si nous donnons la prééminence au style ogival, nous ne sommes pas pour cela indifférents à des beautés d'un autre ordre, et que nous savons apprécier aussi les œuvres de l'art moderne.
L'église des Annonciades est l'ouvrage de Davillers, l'un des architectes de Louis XIV. Le portail regarde l'orient, et l'autel était tourné à l'ouest. On faisait bon marché, déjà au xvir siècle, des anciennes règles liturgiques concernant l'orientation des églises. Cependant, à l'époque même où se construisait l'édifice dont nous avons à nous occuper, un évoque d'Évreux, Jacques Potier de Novion, opposait de grandes et longues difficultés à la bénédiction d'une église de Capucins de son diocèse, dont le principal autel se trouvait placé