RESTAURATION DE L'ÉGLISE DE SAINT-DENIS
précisément dans les mêmes conditions que celui des Annonciades de Saint- Denis.
La porte est accompagnée de quatre colonnes à chapiteaux ioniques, surmontées d'un fronton triangulaire. Un marbre bombé, de forme circulaire et accoté de palmes, occupe le milieu du fronton ; il porte l'inscription dédicatoire :
VIR6INI ANNVNTfATA SACRVM 4684.
Au-dessus de la plate-bande qui couronne la porte, on lit sur un autre marbre rectangulaire cette seconde inscription :
L*an MDccxii le x juillet la lxix année du règne de rouis xiv. Rminentissime Louis Antoine Cardinal de Noailles étant archevesque de Paris, cette Eglise construite en partie par les libéralité/ de feu M" Philippes Despont docteur en théologie de la faculté de Paris, a esté dédiée par Messire Humbert Ancelin ancien Rvesque de Tulles sous Tinvocation de Tannonciation de la S*« Vierge, la mère Marie Anne Thérèse Pocqueiin étant Prieure de ce Monastère.
Le mystère de l'Annonciation était sculpté sur les vantaux de cette porte. Le plan général de l'édifice décrit un octogone, à quatre grands côtés et quatre petits. Les quatre. grands côtés présentent, à l'est, l'entrée; à l'ouest, le sanctuaire; au nord, unie chapelle; au sud, le chœur des religieuses. Quatre chapelles quadrangulaires viennent se souder aux quatre petits côtés. Au-dessus de ce premier ordre, un tambour octogone porte un dôme arrondi, d'une allure élégante, percé de huit fenêtres en cintre. La corniche repose sur des modillons simples. Des pieds droits, figurés entre les fenêtres, étaient autrefois surmontés de vases. Le dôme se terminait par une calotte et une lanterne couvertes en ardoises. Une tourelle placée au sud renferme l'escalier. Toute la construction est solidement appareillée en grandes pierres de taille.
A l'intérieur, les quatre faces principales de l'octogone présentent autant de grands arcs dont les clefs sont sculptées aux armoiries des bienfaiteurs, et sur les archivoltes desquels se voient les anges tenant des couronnes de fleurs, des branches de lis, des épis, des palmes et des roses. Des bas-reliefs considérables remplissent les tympans de l'arc qui embrasse la porte et de l'arc auquel venait s'appuyer l'autel. Le premier de ces bas-reliefs reproduit la scène de la Visitation; les personnages y sont au nombre de cinq : la Vierge, Elisabeth, Zacharie, Joseph et une femme, placée au fond du tableau comme témoin. Au basr-relief qui dominait l'autel, la Vierge, assise et foulant aux pieds un énorme serpent, tient sur ses genoux Jésus enfant, dont la main gauche porte un globe. Trois religieuses agenouillées invoquent l'intercession de la Mère de Dieu ; une I. 51
m ANNALES ARCHÉOLOGIQUES,
des trois déroule une banderole sur laquelle se lisent ces mots : svBVfiUAs FAMVLis BENEDiCTA Tvis. Une autre religieuse élève dans ses mains le modèle de l'église que nous décrivons.
La décoration des quatre petits côtés se compose, pour chacun, d'une porte au-dessus de laquelle deux anges, vêtus d'une draperie flottante, tiennent à genoux un médaillon circulaire, encadré d'une riche guirlande et contenant la figure en buste d'un évangéliste; plus haut, un grand bas-relief retrace une circonstance de l'histoire de la Vierge. Chaque évangéliste a près de lui le symbole qui le caractérise; saint Jean se distingue en outre des trois autres, suivant l'usage, par son visage imberbe. Les quatre bas-reliefs représentent saint Joachim et sainte Anne contemplant la gloire de leur fille environnée de splendeur, entourée de chérubins, les pieds posés sur un croissant, et la tête couronnée d'étoiles, conformément au texte apocalyptique ; la naissance de la Vierge ; la présentation de Marie par son père et sa mère au grand prêtre ; enfin la prédiction du vieillard Siméon, qui prend dans ses bras Jésus enfant, et annonce à Marie qu'elle aura l'âme percée d'un glaive. Le sculpteur a eu soin de placer la vision de sainte Anne au-dessus du médaillon de saint Jean qui a tracé le mystérieux tableau de la gloire de Marie , et la prédiction de Siméon au-dessus de saint Luc, le seul évangéliste qui rapporte les paroles de ce saint vieillard. Aujourd'hui, on ne se donnerait pas tant de peine.
Aux huit angles de l'édifice s'élèvent des pilastres d'ordre corinthien ^ qui servent de supports à une corniche décorée de rosaces et soutenue par des modiilons. Les cintres des fenêtres qui éclairent le dôme ont des cld^s sculptées de têtes d'anges. La voûte a pour ornements des bandeaux sur lesquels sont figurés en relief des branches de lis et de rosier, des vases à encens, des cassolettes et des candélabres. Au centre de la coupole une guirlande de roses décrit un cercle autour d'une figure de la Vierge qui monte au ciel, couronnée d'étoiles, soutenue par des anges et escortée de chérubins.
Douze crcHx de consécration se voient sculptées sur les murs, en rhamieur des doue apôtres; placées dans des encadrements circulaires, eUes se composent de quatre lis qui viennent, symboliquement, se réimir autour d^une éteile«
Les quatre petites chapelles sont d'une structure très-simple. Celle qui fait face a« chœur des religieuses est disposée en hémicycle ; sa voûte déoorie , oomme la coupole, de vases et de candélabres^ présente an oenfatî la ootembe mystique figurée sur un triangle qu'environne une gloke rayMviante semée de tôtee d'anges. 11 exîskak sans doute uae chapelle derrière le mur auquel éteit adossé ratttfl ; oette muraitte porte encore, tracées au pinceau, des insGri{rtiom retativas à l'eucharistie, telles que celle-ci: t Je avis le pain de vie : cdvi qvi