‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 78 sur 82 · E. VIOLLET-LEDUC · texte numérisé non relu

E. VIOLLET-LEDUC

PAR DIDRON aInÉ, A PARIS

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Ce n'est pas un article que nous voulons faire sur cette clochette et ce confessionnal , mais une simple étiquette que nous y plaçons. Les cloches et les confessionnaux , objets importants de l'archéologie chrétienne , vastes tous deux, celui des cloches surtout, finiront par trouver une place convenable dans les « Annales Archéologiques »; nous réunissons des matériaux à cette intention. Ce qui suit suffira donc aujourd'hui relativement aux deux gravures qui font partie de notre livraison de décembre.

Au mois d'août dernier, nous étions à Reims, et M. l'abbé Querry, vicaire général du diocèse, nous montrait avec une obligeance particulière les objets antiques et du moyen âge qu'il recueille de tous les côtés pour en faire un noyau de musée. Cette collection est destinée par Mgr l'archevêque de Reims à l'enseignement archéologique donné par M. l'abbé Tourneur dans le petit séminaire de cette ville. Au milieu de ces divers objets, je distinguai une clochette à jour, de la dimension exacte du dessin que nous donnons aujourd'hui, et qui me parut dater au moins du xii'' siècle, si ce n'est même du xi*. M. l'abbé Querry l'avait trouvée chez un prêtre de la ville, qui la céda avec empressement, voyant l'intérêt qu'elle pouvait avoir. On ne sait pas la provenance de cette clochette, unique jusqu'à présent pour sa forme, et probablement aussi la plus ancienne qui existe. A Reims, on la croirait volontiers de la renaissance ; mais la forme des ornements et des moulures, celle des inscriptions qui désignent les attributs des évangélistes, le caractère iconographique de ces attributs eux-mêmes , ne permettent pas le doute : cette clochette est antérieure à la renaissance, antérieure au gothique; elle est romane, et peutêtre de la première partie du xn" siècle.

Elle est, circonstance ignorée jusqu'à présent, entièrement percée à jour. On dit que les Chinois évident à jour la calotte ou le cerveau de leurs cloches ; mais le corps de ces cloches est plein , et l'on n'a jamais parlé d'une robe de métal percée comme la nôtre. Il faut donc, sur ce point encore, reconnaître le

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génie inventif des chrétiens. Du reste, fait singulier, ces à-jours ne nuisent en rien à la qualité ou à l'intensité du son. Les vibrations iniprimées par le battant sont peut-être un peu plus courtes que d'ordinaire; mais ce défaut, s'il existe et si c'est un défaut réellement, est à peine sensible. Du reste, les évidements sont pratiqués avec une remarquable intelligence : ils sont distribués avec une symétrie et une égalité sensibles sur toute la circonférence du corps sonore. D'ailleurs, très-apparents à l'extérieur, ils sont fort petits et fort clairsemés au dedans ; c'est-à-dire que, quand on regarde la cloche au dehors, on la croirait largement entaillée et percée de grands trous, tandis qu'au dedans on n'y voit que de petits yeux. Cette différence est donnée par les ornements qui s'épatent du dehors au dedans. Les rinceaux, larges à l'intérieur, se retirent et s'amincissent au dehors , de même que les attributs des évangélistes. Les vibrations circulent donc sans obstacle dans de larges canaux et dans les trois zones puissantes qui cerclent la clochette à sa base, à la naissance de la calotte et au sommet du cerveau.

Quand j'étais à Reims , on allait fondre pour la seconde fois un bourdon qui n'avait pas réussi d'abord ; j'avais fortement engagé un habile ingénieur, un mécanicien inventif, M. Goulet-Collet, qui s'est préoccupé beaucoup de la fonte du nouveau bourdon, à faire des expériences en petit, et à s'assurer si les à-jours nuisaient réellement au son. On me promit de s'en occuper, et M. Goulet m'écrivit ce qui suit : t Les premières dispositions sont prises pour faire la cloche à jour que vous désirez. Pour rendre l'expérience plus intéressante et plus décisive, je ferai deux cloches parfaitement semblables en diamètres, dimensions et épaisseurs: l'une pleine, l'autre à jour. Je ferai les à-jours en losange : c'est la forme qui viciera le moins la sonorité de la cloche. Je fais volontiers l'expérience, parce que vous le désirez; mais il n'est pas difficile d'en prédire le résultat. Plus la cloche aura d'à-jours, moins elle sera sonore. Les vibrations , obligées de parcourir un plus long chemin , seront moins nombreuses pour un temps donné ; donc te son sera plus bas. Les parties vides ne concourant pas à la formation du son, le son sera plus faible. Ces déductions découlent naturellement de l'effet comparatif des cloches de différentes dimensions , formes et poids. J'ai su par un ancien militaire, qui avait fait les guerres de la révolution, qu'il existait à Milan une cloche à jour. Il n'a pu me dire, et je n'ai pu savoir depuis, quelle influence cette disposition extraordinaire pouvait avoir sur la tonalité et la sonorité de la cloche. L'expérience que nous allons faire ne laissera pas de doute , puisqu'il y aura comparaison en règle. »

Nous craignons fort que M. Goulet n'ait pas tenu sa promesse; car nous

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apprenons que le bourdon va se fondre, et on ne nous parle pas de la clochette à jour. Nous regrettons vivement qu'on n'ait pas fait l'expérience désirée. Toutefois, ce n'est que différé. Nous avons l'intention de demander è un savant acousticien , membre de l'Académie des sciences, d'examiner la clochette romane, et de nous dire en quoi les à-jours peuvent modifier les sons d'une cloche. Si les sons ne perdent rien en éclat, en beauté, en puissance, comme il y a lieu de le croire d'après la cloche romane, qui est parfaitement sonore, il serait beau d'avoir des sonnettes, des clochettes et même des cloches ainsi ouvragées. Notre clochette est grossièrement fondue , et cependant elle est d'une beauté singulière; avec une meilleure exécution, qu'il serait trèsfacile d'obtenir, on aurait un chef-d'œuvre d'autant plus remarquable qu'il serait entièrement nouveau. Même dans un objet grossier, dans une clochette en métal assez vil. Fart chrétien a trouvé le moyen de faire une œuvre charmante. On voudra bien nous dire en quoi l'art païen nous serait supérieur sur ce point. Nous aurions bien d'autres questions de ce genre à adresser au paganisme.

Si les jours ne nuisent-pas au son, comme ils permettent d'obtenir, avec un cinquième de métal en moins, un résultat absolument semblable , on pourrait donc, avec un poids de dix mille, avoir une cloche de la grosseur et de l'épaisseur de douze , une cloche sculptée en relief, historiée d'ornements superbes. Ces résultats ne sont pas à dédaigner, et nous verrons ce qu'en pourra dire l'Académie des sciences.

A sa base, notre clochette a 39 centimètres de circonférence, par conséquent 13 de diamètre; en hauteur, jusqu'au sommet de la clochette, il n'y a que 10 ou 11 centimètres; l'épaisseur, le bord, est de 11 millimètres. Cette cloche est donc, relativement à sa hauteur, beaucoup plus large que celles d'aujourd'hui. Elle a, de hauteur, 10 ou 11 centimètres, nous avons dit. Nous ne pouvons donner que cette mesure approximative, parce que, à une époque récente , la calotte a été enlevée et remplacée par une anse, une oreille en métal difl"érent de la cloche; anse grossièrement exécutée et plus grossièrement soudée. Y avait-il un manche pour faire de cette clochette une sonnette à main, ou bien l'oreille ancienne a-t-elle été cassée et remplacée par une anse moderne? Était-ce une sonnette ou une clochette? la sonnait-on à la main ou à la corde? Nous ne pouvons le dire ; mais cependant les faibles dimensions de la clochette autorisent à croire qu'on la sonnait à la main, et qu'elle servait au chœur, à l'autel, pour annoncer aux fidèles les parties importantes de l'ofTice divin. M. Gérente, à qui nous devons le dessin dont nous donnons la gravure, était donc parfaitement autorisé à restaurer le manche, absent aujourd'hui, et qui a

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dû exister autrefois. Du reste, les cannelures du manclie sont copiées sur un monument de cette époque, et la pomme est ornée avec les rinceaux de la clochette même. C'est un modèle de sonnette que nous offrons; nous désirons qu'on en fonde de semblables pour nos églises, pour nos cathédrales : nous devions donc le présenter aussi complet que possible.

Dans son « Rationale divinorum officiorum », Guillaume Durand consacre aux cloches le quatrième chapitre de son premier livre. L'évêque de Mende déclare que la cloche est Timage du prédicateur, et son chapitre entier roule sur cette assimilation. — « Les cloches figurent les prédicateurs qui, à l'exemple de la cloche, doivent appeler les chrétiens à la foi... Le corps de la cloche désigne donc la bouche du prédicateur, selon cette parole de l'Apôtre : Je suis devenu un airain sonore et une cimbale retentissante. La dureté du métal désigne la force de l'âme du prédicateur, à qui Dieu a fait un front plus dur que le front des cbches. Le battant, qui frappe au dedans et des deux côtés, pour faire rendre un son, figure la langue savante du docteur, qui fait retentir à la fois les deux Testaments. Donc un prélat qui n'a pas l'art de la prédication est une cloche sans battant... Un héraut sans voix est comme un chien muet et qui ne peut aboyer. La percussion même de la cloche dénote que le prédicateur doit d'abord se frapper et corriger ses vices pour corriger ensuite les défauts des autres. »

J^s différents objets qui constituent une cloche, le lien de son battant, le mouton auquel on la pend, les ferrements qui l'attachent, les chevilles qui la fixent, la corde qui sert à la sonner, tout cela est assimilé, par l'évêque du xiir siècle, au prédicateur qui n'est, en résumé et selon la doctrine constante du liturgiste mystique, qu'une cloche pendue au mouton, une cloche chevillée et cerclée, munie d'un battant et d'une corde, une cloche vivante enfin. — » Jl faut noter, ajoute Durand, qu'il y a six espèces de timbres qu'on sonne dans l'église, à savoir : la squille ', la cimbale, la noie, la nolète ou la cloche double, le seing ( « signum »). La squille est sonnée dans le dortoir et le réfectoire, la cymbale dans le cloître, la noie dans le chœur, la nolète dans l'horloge, la campane dans le campanile, le seing dans la cour. Chacune de ces espèces peut généralement s'appeler cloche («tintinnabulum»). Ainsi donc on les désigne par des noms différents, parce qu'elles figurent les prédicateurs qui remplissent des fonctions diverses. »

4. L' « Ësquelle », dit Jean Golein, le vieux traducteur du « Rationale ». — a Et devons savoir qu'il y a en T Église cinq manières de cloches. C'est assavoir esquelles. timbres, noies, noletes et coches. La cloche sonne en Téglise, Tesquelle en refectouer, le timbre ou cloistre, la noie ou chœur, la noletteen i'horloge». Golein, traducteur peu iidèle, passe la cloche proprement dite.

Notre clochette, comme on le voit par ce texte de Durand, doit être une noie. Après son énumération, Durand trouve encore le moyen de prouver que la cloche est l'image du prédicateur; c'est son idée constante. Le prédicateur annonce la parole sacrée, comme la cloche proclame la voix de Dieu. Or, la prédication a sa source dans l'Évangile ; les premiers prédicateurs furent saint Mathieu, saint Jean, saint Marc et saint Luc. Remarquez donc, je vous prie, que les attributs des évangélistes , ou plutôt les évangélistes eux-mêmes et incorporés dat^s leur symbole, sont représentés sur notre clochette romane. Vous y avez saint Matthieu en ange, saint Jean en aigle, saint Marc en lion, saint Luc en bœuf, avec leurs noms coulés en très-belles lettres romanes. Guillaume Durand a donc parfaitement raison cette fois : une cloche est un prédicateur de métal, une sonnette est un Évangile de bronze. Voilà un nouvel exemple où l'explication symbolique est parfaitement d'accord avec les monuments. On croirait que Durand, pour écrire son chapitre sur les cloches, avait notre clochette sous les yeux.

Nous nous sommes attaché, en reproduisant par le dessin la clochette de Reims, à en donner tous les détails; avec cette gravure sur bois, rien ne serait plus aisé que de faire exécuter une sonnette absolument semblable. Nous espérons qu'il en sera ainsi, et que prochainement on sonnera la messe dans nos églises romanes et gothiques avec des sonnettes dessinées, moulées même sur la clochette de Reims. M. l'abbé Querry a bien voulu nous confier pour quelque temps ce petit et curieux monument; avec son agrément, et si on nous en adressait la demande, nous ferions fondre à Paris, par un habile ouvrier, des sonnettes exécutées rigoureusement sur ce modèle. Nous voulons donner, petit à petit, un exemple complet d'une église romane du xii* siècle, et d'une église gothique du xiii% peintes, sculptées et entièrement meublées dans ces deux styles. Les objets que nous avons déjà offerts, les vitraux de la Vierge et de la Passion, les ferrures et la dalle tumulaire de Libergier, ont été gravés dans cette vue ; c'est pour le même motif que nous donnons la sonnette de Reims et le confessionnal dont nous devons dire un mot.

Mille causes de destruction , la vétusté, la fragilité ou la richesse de la matière, le caprice de la mode, l'amour des formes nouvelles, ont fait disparaître l'ameublement de nos églises. Certainement il y avait en France des chaires des xr, xir et xiir siècles, des stalles et des autels de la même époque, et cependant on ne retrouve plus ces chaires, et l'on voit seulement quelques-unes de ces stalles, quelques-uns de ces autels. 11 en est de même des confessionnaux. Il est possible que les confessionnaux gothiques n'aient pas eu la forme compliquée, l'aspect monumental de ceux des deux derniers siècles. Cependant cette

probabilité, plus ou moins chancelante, n'a pas acquis, il s'en faut, l'autorité d'un fait certain. Quand on connaîtra bien l'Europe chrétienne, quand on aura exploré les magasins les plus secrets des églises, catalogué toutes les miniatures des manuscrits, dépouillé tous les sujets de nos vitraux et de nos basreliefsj on pourra se former une opinion ; jusque-là, il est prudent de ne pas se prononcer, parce qu'on risque de se compromettre.

Mais qu'il y ait eu ou qu'il n'ait pas existé de confessionnaux plus ou moins semblables à ceux qui meublent aujourd'hui nos églises, il n'en est pas moins vrai qu'il nous en faut aujourd'hui. 11 est impossible de s'en passer. Nous croyons donc rendre service en offrant le spécimen joint à cette livraison. Du reste, voici l'histoire de ce confessionnal.

En 184â, je parcourais la Bavière. A Nuremberg, en entrant dans la charmante église de Notre-Dame, je fus assez surpris de trouver une série complète de bancs en bois finement sculpté, qui me parurent dater de la fin du xiV siècle ou des premières années du xV. Je me mis donc à en profiler les moulures , qui ont encore toute la vigueur du xiV ; il y a même des chapiteaux et des bases qui, chez nous, seraient du xîii' siècle. En faisant ce minutieux travail, j'aperçus, appliqués contre les murs des bas-côtés, à droite et à gauche, deux confessionnaux entièrement semblables aux stalles et bancs dont je prenais le profil. Je pensai alors, tant je croyais peu aux confessionnaux gothiques, que ces meubles étaient de nouvelle fabrication, et qu'on les avait exécutés tout récemment en style archaïque. Je me convainquis bientôt, par l'état, la couleur et l'âge du bois, mais surtout par la forme générale, les moulures et tous les détails, que ces confessionnaux étaient anciens et à peu près de l'époque des bancs. Les contre-forts en éperon, mais faisant une saillie légère, les larmiers creusés profondément, les scoties énergiques, les crochets aux pignons, les créneaux couronnant la corniche, et mille détails qu'il n'est pas nécessaire d'enregistrer, me persuadèrent que ces confessionnaux étaient bien anciens et bien gothiques. Je me mis à faire un plan , une élévation , une coupe ; à profiler toutes les moulures , à figurer tous les détails. Je crus avoir réellement fait une découverte, et je remis à M. Lassus les lignes de mes très-mauvais dessins. Sur ces lignes , M. Lassus a composé un confessionnal plus ancien que les confessionnaux de Nuremberg , mais qui en reproduit exactement le plan, les proportions et les principaux linéaments. Si les artistes de Nuremberg avaient vécu au xiii' siècle, et avaient été chargés d'un confessionnal , nul doute qu'ils ne l'eussent exécuté comme celui que nous offrons aujourd'hui. Lorsqu'on est familier avec les ornements des xiv* et XV* siècles, en faisant les corrections voulues par la différence des époques et

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des pays, on peut reproduire rigoureusement un édifice du xiir siècle dans une contrée donnée. M. Lassus a fait avec soin toutes les corrections nécessaires, et nous pensons que notre confessionnal d'aujourd'hui porte bien le cachet du temps de saint Louis. Si jamais on en retrouvait un de cette époque, il est bien à présumer qu'il différerait fort peu du nôtre.

11 faut noter que ce confessionnal, comme ceux d'aujourd'hui , se compose de trois loges : de la centrale pour le prêtre, et des deux latérales pour les pénitents. Mais les deux loges latérales sont plus profondes que les nôtres ; on y pénètre par une entrée qui se présente de biais et qui dérobe le pénitent presque complètement aux regards étrangers. Nous approuvons fort cette disposition. Du reste, comme en Italie et dans toute l'Allemagne, le confesseur peut être vu de tout le monde. Pour se conformer aux usages français, M. Lassus a fait monter un peu haut le plein de la porte et il l'a surmonté d'une grille suffisamment serrée; mais, à Nuremberg, ce bas de porte est moindre et n'est surmonté d'aucune grille , d'aucune arcade , d'aucun meneau. A Nuremberg, le pénitent est caché et le confesseur vu de tous; en France , c'est le contraire. Bon gré mal gré, nous sommes en France; il fallait faire un meuble qui pût nous servir. De divers côtés, on nous a demandé un modèle de confessionnal gothique ; en voici un d'une forme qui nous paraît belle et d'une époque qui est la meilleure.

Du reste, on a le plan, l'élévation complète, la serrure, les gonds, la grille des portes, et, au choix, les deux grilles des pénitents; on a l'échelle de l'ensemble et des détails. On pourra donc, quand on le voudra, faire exécuter ce confessionnal en France. Nous pensons qu'un meuble de ce genre ne déparerait ni la cathédrale d'Amiens ni la cathédrale de Reims; en le vieillissant un peu, en lui donnant plus de vigueur, il conviendrait à Notre-Dame de Paris; avec des colonnettes plus fines, au contraire, et plus nombreuses, avec des moulures plus minces et des crochets moins âpres et d'un autre mouvement, il irait fort bien dans Saint-Ouen de Rouen, dans Saint-Urbain de Troyes. Enfin , entre les mains d'un dessinateur archéologue et d'un menuisier habile , ce confessionnal , modifié selon les convenances du pays et le style d'une des époques principales du gothique , sera un bon modèle à imiter, peut-être même à copier.

DIDRON aîné.

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