‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 79 sur 82 · I. — PUBLICATIONS · texte numérisé non relu

I. — PUBLICATIONS

Manuel d'Iconograi^hie chrétienne, grecque et latine, par MM. Didron et Paul Durand. Un fort vol. grand in-8° de 530 pages, imprimé sur papier vergé, à F Imprimerie royale. Ce manuel est la traduction du manuscrit byzantin intitulé «Guide de la Peinture» (Èp|jLYiv£ta v/iç ^^wypacpixfiÇ ) , que les moines du mont Athos nous ont envoyé en 1841 ; mais il est complété et rempli de notes qui ont plus d'étendue que le texte même. Ce livre se compose de trois parties. La première , toute technique , expose les procédés de peinture employés par les Grecs , la manière de préparer les couleurs , de disposer les enduits pour les fresques et de peindre sur ces enduits. La seconde donne la description quelquefois minutieuse des divers sujets historiques et allégoriques que les peintres peuvent représenter. Ces sujets sont extrêmement nombreux , car ils comprennent l'histoire universelle de la religion , depuis la création du monde, et ils se grossissent de divers tableaux allégoriques, tels que celui de la « Vie Humaine ». La troisième partie détermine la place du monument que doivent occuper les divers sujets. Jésus et la Vierge se mettent à l'orient, au soleil levant; les jugements derniers, la fin du monde, à l'occident, au soleil couchant. L'Ancien Testament se voit ordinairement au nord; le Nouveau, la loi ardente de la charité, au midi, et ainsi du reste. Le plus intéressant, c'est que cette disposition est également observée chez nous; les innombrables figures de la cathédrale de Chartres particulièrement s'ordonnent ainsi. On peut donc dire que c'est là le véritable génie du christianisme. Dans l'appendice ou quatrième partie , on donne les inscriptions qu'il faut peindre au-dessus des personnages et des scènes diverses ; c'est le baptême général de toute cette population créée par l'art. Le « Guide de la Peinture » étant spécial aux Byzantins , j'ai cherché, au moyen de notes, à lui donner un caractère plus général et à le rendre d'une utilité pratique pour nos artistes; c'est en vue de ce but que j'ai tâché d'en faire un « Manuel d'Iconographie grecque et latine. »

Histoire de l'art monumental dans l'antiquité et au nv)yen âge, suivie d*un Traité de la peinture sur verre, par L. Batissier, auteur des « Élément» d'Archéologie nationale » , correspondant du Comité historique des arts et monuments. Un magnifique volume grand in-^, orné de nombreuses vignettes sur bois. Il y a très-loin de ce second ouvrage de M. Batissier au premier. L'in-12 , assez mal imprimé et moins orné que rempli de mauvaises gravures, est devenu un in-8' réellement magnifique. Les gravures sont exactes et belles, le texte est savant et développé. Dans les « Éléments» , M. Batissier avait fait un essai; dans 1' « Histoire de l'Art monumental », il a produit une œuvre complète. Les deux ouvrages diffèrent essentiellement , mais le dernier dispense , et avec avantage , du premier.

Les prl^cipalx Édifices de la ville de Rouen en 1525, dessinés à cette époque sur les plans d'un livre manuscrit conservé aux archives de la ville et appelé le Livre des Fontaines , reproduits en fac-similé et publiés par M. T. de Jolimont, auteur de plusieurs ouvrages d'archéologie. Cet ouvrage est composé d'un texte historique et descriptif, et de 30 planches coloriées en fac-similé rigoureux. On y trouve plusieurs monuments détruits aujourd'hui, et Ton y voit l'église Saint-Ouen en pleine constniction pour les trois dernières travées de l'occident. Le palais de justice, ce chef-d'œuvre que toutes les villes de France envient à celle de Rouen , s'y montre beaucoup plus complet qu'on ne le voit aujourd'hui.

Description de l'église Notre-Dame de Noyon, par M. Alphonse Dantier. In-S** de 209 pages, avec plusieurs lithographies et gravures sur bois. Cette description monumentale et historique de la cathédrale de Noyon est précédée d'une introduction sur l'architecture, la sculpture, la peinture et la musique du moyen âge. M. Dantier prouve, dans ce livre, que le style ne nuit pas à la science ; il a fait une œuvre littéraire de son travail archéologique. Cette description d'un édifice remarquable est une des meilleures qui existent.

LÉGENDE DE SATNT TrÉSAIN D'AvENAY, AVEC l'HISTOIRE DE SON ÉGLISE, par

M. Louis Paris. 36 pages in-8*. L'église d'Avenay, une des plus belles du département de la Marne, méritait d'avoir pour historien le savant bibliothé^ caire-archiviste de la ville de Reims.

Notice historique et archéologique sur l'église abbatiale de Saint- Julien DE Tours. Une feuille ifl-4% avec une lithographie. Cette importante église appartient à un propriétaire qui la conserve avec soin ; on espère qu'elle pourra être rendue prochainement au culte, et des négociations, que nous serions heureux de faciliter, sont déjà ouvertes à ce sujet.

Notice sur l'église de Saint-Maxcmin (Yar), par M. Louis Rostan. In-8*

de 67 pages. L'église de Saint-Maximin est la plus belle église gothique de la Provence. Dans sa remarquable notice, non-seulement M. Rostan fait connaître à fond , mais encore il fait aimer ce grand édifice, auquel le gouvernement s'intéresse beaucoup trop peu.

Notice historique et archéologique sur le bourg et l'abbaye de Chézysur-Marne (Aisne), par M. l'abbé Poquet, correspondant du Comité historique des arts et monuments, directeur de l'institution des Sourds-Muets de Saint-Médard-lès-Soissons. In-8** de 50 pages. Cette notice est un véritable modèle, et nous l'offrons avec confiance à tous ceux qui voudraient écrire l'histoire complète d'une petite localité.

Fragments archéologiques, contenant des notices sur Içs églises de Sainte-Eulalie de Bordeaux, de Bouillac, de Bayon, de Saint-André de Cubzac, sur la chapelle de Magrignes, les monuments de Saint-Émilion, etc., par M. de Lamothe. Fort jeune encore, cet archéologue a déjà fait connaître beaucoup de monuments historiques, dont la conservation lui sera due certainement en grande partie.

Saint Anselme, fragment de l'Introduction à l'histoire de saint Bernard, par M. le comte de Montalembert. In-32 de 168 pages. En épigraphe à cet éloquent travail , on lit ces belles paroles tirées de saint Anselme lui-même : « Nihil magis diligit Deus in hoc mundo quam libertatem EcclesiaB suœ. ^

Les vêtements de Notre-Skigneur Jésus-Christ honorés dans l'église d'Argenteuil, près Paris, et dans la cathédrale de Trêves, par M. L.-F. Guérin. In-8** d'une feuille. Même sous le point de vue de la pure archéologie, rien n'est plus curieux à étudier que ces vêtements qu'on appelle robe, tunique, manteau, voile, etc., de Jésus-Christ, de Marie ou des apôtres.

Les Romans en prose des cycles de la Table-Ronde et de Charle- MAGNE, par J.-W. Schmidt; traduction de l'allemand avec notes par M. le baron Ferdinand de Roisin, docteur en droit et en philosophie, correspondant du Comité historique des arts et monuments, in-S** de 188 pages. Nous avons réservé pour la fin cette publication importante, à laquelle nous attachons un intérêt tout particulier. Le mérite du travail de Schmidt est décuplé par les notes savantes du traducteur. On a, dans ces 188 pages, l'analyse exacte de tous les romans épiques du moyen âge qui tournent dans les deux principaux cycles de la Table-Ronde et de Charlemagne ; on a de plus l'indication des manuscrits et des éditions qui les contiennent ou les mentionnent, et qui s'y rattachent par un côté quelconque. Du reste, M. le baron de Roisin prélude par cette publication à un ouvrage considérable sur les troubadours. Ce grand travail est achevé et nous espérons y trouver, sur l'archéologie proprement dite,

plus d'un utile renseignement. Au moment où la France semble abandonner l'étude de l'ancienne poésie chevaleresque et civile du moyen âge, il est heureux que l'Allemagne s'en occupe, et que les savants, auxquels l'allemand et le français sont familiers, nous fassent connaître ce qu'on publie sur les bords du Rhin ou du Danube.

Page 1