Suarez, in 3* part., art. 441, sect. ii
ntt ANNALES ARCHÉOLOGIQUES.
plètes et les plus autorisées. D'abord, c'est celle du « Matlre », comme l'appelait le Moyen-Age, de Pierre Lombard, le maltredes Sentences, dont le livre servait de texte précis aux inépuisables développements de la scolastique: — Le sacrement est une forme visible de la grice invisible, dont elle offre la ressemblance et dont elle est la cause. » Sacramentum est invisibilis gratise visibilis forma, ejusdem gratiae similitudinem gerens et causa existens». C'est celle de Hugues de Saint-Victor, le prince des mystiques : — Le sacrement est un élément matériel, proposé aux sens, par similitude représentant, et par institution slgninant, et par sanctification contenant une grâce invisible et spirituelle. Il Sacramentum est materlale elementum, sensibiliter propositum, ex similitudine representans, et ex instilutione significans, et ex sanctificatione continens aliquam invisibilem et spirilualem gratiam ». Cest la définition de saint Thomas, l'Ange de l'école, qu'il emprunte à saint Augustin , et qu'il complète : — Le sacrement est un signe d'une chose sacrée pour sanctifier les hommes. « Sacramentum est signum rei sacrae quatenus sancUricat bomines i> . C'est la définition du grand Suarez, en qui l'on entend toute l'école : — Le sacrement est un signe sensible, institué pour conférer une sanctification et pour signifier la vraie sainteté de l'âme : » Sacramentum est signum sensibile ad sanctifîcationem aliquam conferendam, et veram animœ sanctitatem significandam institutum'. »
Donnons, pour terminer et pour résumer, la définition du catéchisme de saint Pie V, vulgairement appelé catéchisme du concile de Trente : le concile de Trente, en effet, est le dernier concile œcuménique, en attendant le grand concile du xix' siècle, le concile du Vatican convoqué par Pie IX, qui ait dégagé, déterminé, défini toute cette doctrine des sacrements contre les entreprises de l'hérésie protestante : — Le sacrement est un signe visible de la grâce invisible, institué pour notre justification : « Sacramentum est invisibilis gratiœ visibile signum ad nostram justificationem institutum. n D'après toutes ces définitions, on le voit, c'est la grande idée de signe, idée si simple et si lumineuse, qui « informe » le sacrement. Or, dans le sacrement, le signe est double, pour ainsi dire, il frappe deux fois les sens, en touchant le corps, il saisit l'œil et parle h. l'oreille; il est parole, il est figure; ou, comme disent les théologiens, il y a dans chaque sacrement la " matière » et la " forme « : la matière, élément déterminé qui doit être appliqué aux sens, pour communiquer la grâce, et les paroles qui doivent accompagner cette application de l'élément au corps, qui doit transmettre à l'âme — « post parietem — per