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Suarez, ia 3* part., sect, it

fenestras — per cancellos », — le contact divin de la grâce. Nous ne pouvons pas entrer dans toutes ces questions trop exclusivement théologiques de la matière et de la forme des sacrements. Nous en avons dit assez pour faire comprendre cette grande parole de saint Augustin : « Accedit verbum ad elementum et fit sacramentum ^) : La parole s'unit à Télément, le Verbe se fait chair dans le signe, et voilà le sacrement. En tâchant d'éclairer Tidée de sacrement, nous avons bien indiqué quelle en est la convenance et la nécessité pour l'homme : c'est en démontrer la grandeur et la beauté; c'est découvrir toutes les relations si harmonieuses et si miséricordieuses, en même temps, qui rattachent l'homme à Dieu, le chrétien à Jésus-Christ. C'est révéler, en partie, le magnifique système de la grâce, dont le flux et le reflux, comme celui de l'Océan, ou plutôt, dont l'influx puissant, comme celui du soleil sur les plantes, pénètre les âmes pour les sanctifier par le moyen des signes sacramentels : la grâce est derrière le sacrement, et peut bien dire, comme l'ambitieuse princesse du poète :

Lorsque derrière un voile, invisible et présente, J'étais de ce grand corps Tâme toute-puissante.

C'est démontrer en même temps la grandeur et la beauté de l'art qui s'élève avec ces idées, et se sanctifie dans ce royal service en consacrant ses signes plastiques à reproduire les signes sacramentels.

Maïs nous ne pouvons mieux faire que de terminer et résumer toutes ces considérations, parla simple et lumineuse parole de saint Thomas; parole aussi simple, aussi régulière, aussi puissante, aussi ravissante, en ses profondes et mystérieuses perspectives, que la triple nef de Notre-Dame de Chartres, avec les lignes fuyantes de son ogive correcte et souveraine : — Les sacrements sont nécessaires au salut de l'homme pour trois raisons : dont la première se prend de la condition de l'humaine nature, dont le propre est d'être conduite, par les choses corporelles et sensibles, aux choses spirituelles et intelligibles. Or il appartient à la divine Providence de pourvoir à chaque chose, selon le mode de sa condition : c'est pour cela que la divine sagesse, avec beaucoup de convenance, communique à l'homme les secours du salut sous certains signes corporels et sensibles, qu'on appelle sacrements. La seconde raison se prend de l'état de Thomme qui, en péchant, s'est soumis, par affection, aux choses corporelles : or un remède médicinal doit être fourni à rhomme, là même où il trouve sa maladie. Et c'est pour cela qu'il fut con-

4 In. ioan., Tratt. 80.

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venable que Dieu, par certains signes corporels, fournit à l'homme une médecine spirituelle; car si on lui proposait les choses spirituelles toutes nues, son esprit, habitué aux choses corporelles, ne pourrait s'y habituer. La troisième raison se prend du penchant de T homme en ses actions, qui s'occupe surtout de choses corporelles; pour qu'il ne fût donc pas dur à l'homme de s'abstraire totalement des actes corporels, des exercices corporels lui sont proposés dans les sacrements, exercices avec lesquels il s'occupe salutairement, pour éviter les exercices superstitieux qui consistent dans le culte des démons, ou tous autres exercices également nuisibles qui consistent dans les actes des péchés. Ainsi donc, par l'institution des sacrements, l'homme, convenablement à sa nature, est instruit par les choses sensibles, est humilié en se voyant soumis aux choses corporelles qui lui communiquent le secours spirituel; enfin, est préservé des actions mauvaises par les salutaires exercices des sacrements^ Nous passons donc à travers toutes ces considérations théologiques et mystiques, dont le prix et le charme seraient grands pour nous, à des questions qui ont avec l'art des relations plus directes et plus visibles : nous voulons parler du nombre et de l'ordre des sacrements. L'antiquité chrétienne a toujours compté sept sacrements ; TEglise a toujours administré sept sacrements. Elle a défini ce nombre comme article de foi au concile de Florence, et plus particulièrement au concile de Trente. L'art a toujours respecté ce nombre précis, mystique et sacré. Ce sont les sept colonnes sur lesquelles la Sagesse a élevé son temple et appuyé le ciborium qui recouvre son tabernacle et protège son autel. « Sapientia aedificavit sibi domum, excidit columnas septem' ». C'est le nombre qui répond aux dons du Saint-Esprit et qui renferme, pour le chrétien et pour l'Église, toutes les évolutions de la vie

surnaturelle et divine. Ecoutons maintenant l'Ange de l'école développer, avec ses termes précis et ses vues profondes, les mystérieuses convenances du nombre et de l'ordre des sacrements : — Les sacrements de l'Eglise sont ordonnés pour deux fins, à savoir : pour la perfection de l'homme, dans les choses qui appartiennent au culte de Dieu, selon la religion de la vie chrétienne; et de plus, pour être un remède contre la maladie du péché! Or, pour l'une et l'autre chose, il convient qu'il y ait sept sacrements. La vie spirituelle, en efi*et, a une certaine conformité avec la vie corporelle, comme les autres choses corporelles ont une conformité avec les choses spirituelles. Or, dans la vie corporelle, l'individu doit atteindre une double perfection : d'un côté, comme

4. s. Thom. « Sum. Theol. », pars 3*, q. lxi. a De necessU. sacram. », art. 1.

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