‹ Annales archéologiquesChapitre 136 sur 184 · XXVI · texte numérisé non relu

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à son avancement. J'aime la libre Angleterre et j'envie pour mon pays l'esprit pratique d'association qui, là, peut sans entraves s'appliquer à tout.

« De cet esprit d'association est née la Société fondée, en 1848, par des artistes et des amateurs, à l'intention de propager la connaissance des chefsd'œuvre de l'art ancien. L'idée était excellente et le succès ne se fit pas attendre.

« Cette Société a donc pour but de populariser, surtout en Angleterre, mais aussi dans le reste de l'Europe, les grandes œuvres peintes et sculptées du Moyen-Age et de la Renaissance, ainsi que de créer, par la vue et l'assimilation de ces œuvres, un esprit public qui entraîne avec lui le sens et l'amour du grand art, qui élève le niveau des connaissances sérieuses, et, partant, crée et développe des artistes qui seront l'honneur de leur pays.

II n'y a point en eflet d'artiste sans un milieu qui le fasse éclore et le fasse vivre de sa vie intellectuelle. On dit l'Anglais moins naturellement artiste que l'Italien. C'est possible, mais il importe peu : l'Anglais est éminemment intelligent, et s'il arrive au but un peu plus lentement, par le travail, le résultat n'en sera pas moins bon. Voyez où en est actuellement Tltalie, avec des dons naturels remarquables et point de travail. La production n'y sort pas de la médiocrité, à de très-rares exceptions près.

« Des efforts couronnés de succès ont donc eu lieu en Angleterre. Le gouvernement, s'associant à l'impulsion des particuliers, loin de l'absorber, a créé pour l'application de l'art à l'industrie, sans regarder à la dépense, le musée de South-Rensington. Ce musée si récent est déjà plein de belles choses de toute espèce. Les ouvriers, comme les artistes, y trouvent toutes les facilités désirables pour leurs études. La plus grande libéralité préside à la communication de toutes ces richesses. Le goût général s'en est ressenti, il s'est épuré, et l'on s'en est bien aperçu à notre dernière exposition. Les produits anglais y étaient généralement remarquables.

« La Société d'Arundel n'a certainement pas été étrangère à ce mouvement. Elle avait pris les devants.

« Fondée en 18/18 et limitée dans le principe à 1^500 membres, elle réunit dans son sein la plupart de ceux qui s'intéressent au progrès de l'art. Le prince et le lord y coudoient le commerçant et l'artiste. Les étrangers, comme amis, y sont reçus, et même on y voit un empereur, celui de Russie.

« La souscription (une guinée par an) est d'un prix minime : c'est qu'aucun gain n'y est cherché. Du moins, tous les bénéfices réalisés sont appliqués, exclusivement, aux publications, de manière à en augmenter incessamment l'importance et à les améliorer de plus en plus. Chaque année, jusqu'en 1866

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