Ânn. arci). •, t. XX, p
M. Arthur Forgeais* et réputé par lui du xiv* siècle, date contre laquelle nous n*avons rien à objecter, et, de plus, la forme du vêtement, jointe à la mitre, donne lieu de penser qu'on a voulu y revêtir le Sauveur d'un habit sacerdotal ayant la même signification que le colobium primitif, pour exprimer l'accomplissement du divin sacrifice. M. Forster a publié* une miniature de la bibliothèque de Munich, du xii' siècle environ, où, avec une variation notable dans les formes, il semble que l'on a été dominé par les mêmes pensées. Là, il ne serait pas exact de dire des bras qu'ils ont fléchi, ils se sont courbés plutôt en s'élevant d'une manière qui serait naturellement plus éloignée encore du possible que la position horizontale; le Christ se tient haut et ferme sur son « suppedaneum » , sans aucun clou qui l'y attache; sa robe ne descend qu'au genou, mais elle est accompagnée d'une sorte d'étole, et tout annonce que le divin sacrificateur s'ofl're lui-même comme victime , parce qu'il le veut , sans y être contraint.
Cette pensée est plus clairement exprimée encore, s'il est possible, mais dans une composition du xiii* siècle et toute symbolique qui fait le sujet d'une des miniatures du beau manuscrit de la Bibliothèque impériale connu sous le nom de « Emblemata biblica » ^. Comme application du psaume « Deus illuminatio mea quem timebo », on a représenté le sacre de David par Samuel avec ce commentaire : » Olim due persone (sic) ungebantur, rex et sacerdos, et in illis signabatur XPC (Christus), qui est rex et sacerdos qui orat pro nobis et offert seipsum sacrificium Deo » . — Autrefois , deux personnes recevaient l'onction, le roi et le prêtre et , en eux, a été figuré le Christ , qui est roi et prêtre , et qui pour nous s'offre en sacrifice à Dieu. — Et c'est comme illustration de ce texte que l'on voit un Christ en croix, mais sans y être attaché, avec la chasuble, Taube et la dalmatique du pontife, et la couronne du roi , entouré des apôtres et la tête tournée vers Dieu le Père, qui apparaît dans le ciel.
Quant à la forme, la robe de la miniature de Munich serait un intermédiaire entre le long colobium primitif et le voile posé en forme de tunique des reins aux genoux ; mais quant à l'époque, elle n'est qu'une exception, et les vêtements plus longs ne se rencontrent eux-mêmes sur les crucifix qu'exceptionnellement dans un temps comme celui dont nous parlons, oit le voile en tunique était, au contraire, au milieu de son règne.
Des variétés continuent de se manifester dans la manière de le concevoir.