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ICONOGRAPHIE DE Lk CROIX ET DU CRUCIFIX. 361
D*une part, il reprend la riche ornementation qui en fait un insigne d'honneur, comme sur la croix de Velletri : le crucifix de la collection Debruge en offre un exemple. Cédant à la pente opposée dans le sens des effets naturels et du pittoresque , l'artiste le jette de côté et l'ouvre en partie selon cette tendance qui, manifestée dans le crucifix de Lolhaire, va sur le peigne de saint Héribert, publié par M. l'abbé Bock*, jusqu'à laisser un côté du corps entièrement découvert; et cependant le Crucifiement sculpté sur ce petit monument est d'ailleurs empreint de toute l'élévation propre au xi'' siècle, auquel il appartient.
CouKONNB. — La couronne ^ était suspendue par la main de Dieu sur le crucifix de Lothaire et dans la miniature de Charles-Ie-Chauve ; elle l'est par deux anges , en présence de cette main divine, sur le bel ivoire de Tongres, celui des cinq monuments de ce genre réunis dans les « Mélanges d'archéologie » qui, par la date, paraît le plus se rapprocher des deux précédents, tandis que l'on n'observe plus aucune couronne sur les quatre autres : n'estce pas l'indice que ce mode de glorification diminuait alors de faveur ? En effet, bien qu'on le retrouve depuis, et notamment à Bourges, au xiir siècle, sur le vitrail de la Passion, ce n*est qu'assez rarement, et l'usage de faire reposer la couronne immédiatement sur la tête du Sauveur crucifié ne devient commun qu'au xii* siècle. Nous l'avons fait remarquer sur les crucifix à longue robe de cette période ; on l'observe ensuite sur toute une nombreuse série de crucifix en relief de cuivre émaillé dont nous publierons un spécimen emprunté au musée chrétien du Vatican; il est à remarquer qu'elle s'y associe avec la main de Dieu et la filiation avec la forme précédente semblerait ainsi devoir s'établir.
Au lieu d'être tressée de fleurs et de feuillages , la couronne est devenue franchement une couronne royale. Nous ne tenons pas compte des différences de forme adoptées suivant les temps et les lieux par cet attribut de la royauté; ainsi sur les crucifix que nous publierons la couronne est fleuronnée; dans la miniature de Munich et sur le crucifix de Lilliers diverses sortes de bandeaux ou chaperons ont probablement une signification identique ; nous n'osons toutefois l'affirmer pour la miniature de Munich à raison du caractère plutôt sacerdotal que l'on paraît avoir voulu, d'ailleurs, y donner aux vêtements ; vu que nous avons aussi pour termes de comparaison des coiffures qui sont évidemment ecclésiastiques : telle la tiare d'un petit crucifix conservé au baptistère de Florence * , que nous croirions plutôt antérieur que pos-