‹ Annales archéologiquesChapitre 162 sur 184 · ff Mél. d'arch. », t. Il, pi. iv · texte numérisé non relu

ff Mél. d'arch. », t. Il, pi. iv

avec elle derrière la sainte Vierge» élèvent comme elle la main vers le divin Crucifié; et Ti voire de Narbonne, où trois saintes femmes sont derrière la Vierge, et derrière saint Jean deux personnages qui ressemblent comme lui à des apôtres ^

Sur l'ivoire de Cortone (x* siècle)', au lieu d'avoir mis la Mère de Jésus et saint Jean l'évangéllste en regard l'un de l'autre, on a donné saint Jean<- Baptiste pour pendant à la Vierge dans les cantons supérieurs de la croix, puis saint Etienne pour pendant et saint Jean l'évangéllste dans les cantons inférieurs; mais il s'agit d'une croix sans Crucifiement.

Sur le candélabre de Saint-Paul-hors-ies-murs, la sainte Vierge et saint Jean soutiennent chacun une des extrémités de la croix, rôle que nous avons vu attribuer aussi quelquefois aux anges; l'exiguïté de l'espace a bien pu, dans cette circonstance, influer sur la détermination de l'artiste; mais on n'en voit pas moins combien on était disposé à augmenter l'importance du rôle rempli près de la croix par Marie et saint Jean plutôt qu'à le laisser diminuer.

Dans la plupart des monuments du xiiiVsdècle, ce rôle se maintint sans différence dans les termes où nous venons de l'observer ; il ne sera pas hors de propos de signaler, dès & présent et en particulier, deux de ces monuments comme étant propres à manifester avec plus d'extension le sens que l'on attachait h ce rôle dans la période antérieure que nous étudions, sous des formes qui elles-mêmes, cependant, ne se sont développées qu'un peu plus tard comme conséquence du mouvement iconographique qui a motivé notre division.

En comparant le crucifix de Wescbelbourg avec celui de Freiberg, qui, aussi en Saxe, est sculpté également au xiu'' siècle, en bois et de proportions monumentales, peut-être des mêmes mains et du moins de même école , on remarquera qu'ils sont tous les deux accompagnés des statues de la sainte

4. Ne seraient-ils pas en effet des apôtres, comme pour donner suite au nom d*apôtre adressé à saint Jean dans l'inscription? Alors, sans s'attacher sous ce rapport aux circonstances de la Passion, on aurait voulu dire plus expressément que la prédication de TÊvangile a pris son principe au pied de la croix et sous le patronage de Marie: i) en résulterait une liaison plus intime entre cette partie de la scène du Crucifiement et la scène supérieure de la descente du Saint- Esprit, scène si remarquable elle-même par cette grande main divine aux doigts ouverts, d'où rayonnent les flammes inspiratrices de TEsprit sanctificateur, soit qu'elle le représente lui-même et tienne lieu de la colomk>e, soit qu'elle représente Dieu le Père, qui Tenvoie.

Au reste, il est bien évident qu'en entourant ainsi le Crucifiement comme sujets accessoires de la scène du baiser de Judas, des saintes femmes au tombeau, de la conversion de saint Thomas, de l'Ascension et de la descente du Saint-Esprit, on a voulu dire que le sacrifice de la croix est le dogme fondamental du christianisme.

Page 1