APÔTRES
PROPHfcTBS
APÔTRBS
S. Pierre.
S. Pierre.
Jérémie.
S. Pierre.
S. André.
S. André.
David.
S. André.
S.Jacques-le-Min.
Isaïe.
S.Jacques-le-Min.
Isaïe.
S.Jacques-le-Min
S. Jean.
Ézéchiel.
S. Jean.
Zacharie.
S. Jean.
S. Philippe.
Osée.
S. Thomas.
Lisee.
S.Jacquefr-le-M^
S. Barthélémy.
Amos.
S.Jacques-le-Maj.
Amos.
S. Thomas.
S. Thomas.
Joôl.
S. Philippe.
Sophonie.
S. Mathieu.
S. Mathieu.
Aggée.
S. Barthélémy.
Joël.
S. Barthélémy.
S.Jacques-Ie-Maj.
Sophonie.
S. Mathieu.
Michée.
S. Philippe.
S. Simon.
Malachie.
S. Simon.
Malachie.
S. Simon.
S. Jude.
Zacharie.
S. Jude.
Daniel.
S. Jude.
S. Mathias.
Abdias.
S. Mathias.
Ézéchiel.
S. Mathias.
Il est facile de constater que, parmi les apôtres, il y en a sept qui ne changent pas et cinq qui occupent des places différentes dans chacune des séries. Quant aux prophètes, il y en a quatre seulement sur l'invariabilité desquels on peut compter d'après les listes précédentes. On verrait bien d'autres dérangements dans la concordance, si nous pouvions signaler d'autres exemples.
c( Prudentia sua extendit cœlos. » Nous ne saurions, toutefois, garantir notre leçon. Saint Pierre, déployant sans doute le premier article du symbole, s'élevait porté par ce prophète.
L'inscription de Jacob a disparu; mais le nom de saint Paul, dont la statue le dominait , indique assez les termes qui la composaient. Nous ne saurions en supposer une autre que la suivante : « Benjamin lupus rapax, mane comedet praedam et vespere dividet spolia », paroles que les saints Pères et, à leur suite , tous les auteurs ecclésiastiques ont entendues de saint Paul , qui , de la tribu de Benjamin , le dernier venu des apôtres , chéri de Dieu plus que les autres, au point d'être ravi jusqu'au troisième ciel, a mérité d'être le vrai Benjamin ou fils de la droite, loup féroce avant sa conversion et, après, ravisseur des âmes au compte de Dieu. On notera sa place à la droite, tandis que saint Pierre est à la gauche; il n'est cependant pas immédiatement auprès de Notre-Seigneur ; saint Jean-Baptiste, en sa quaHté du plus grand des enfants des hommes, doit passer avant lui. Peut-être saint Paul portait-il ces paroles de son épttre aux Éphésiens : a Mihi omnium sanctorum minime data est gratia haec in gentibus evangelizare. »
David, au-dessous de saint André, concorde avec lui pour le deuxième article du symbole : « Dominus dixit ad me Filius meus es tu, ego hodie genui te. »
Le troisième article est prédit par Isalas, dont l'inscription manque en entier. De même qu'au baptistère de Sienne, il correspond à saint Jacquesle-Mineur; c'est donc là que nous prendrons à coup sûr notre inscription ; la voici : « Ecce virgo ^concipiet et pariet filium. »
Saint Jehan évangéliste et Zacharie proclament le quatrième article : « Âspicient in eum quem confixerunt. »
Saint Jacques-le-Majeur et Osée, le cinquième : « mors, ero mors tua. »
Sophonias prophétise le Jugement, sujet du septième article, affirmé par saint Mathieu évangéliste : « Accedam ad vos ad judicium. n
Johel et saint Barthomieu sont les prédicateurs du Saint-Esprit : « Effundam spiritum meum super omnem camem. » — Huitième article.
Le neuvième est attribué à Michée et à saint Philippe : « Yocabunt omnes nomen Domini. » Ce texte est loin d'être dans sa pureté.
Du texte de Malachie je n'ai lu que : « Dominus omnes iniquitates »,
que j'achève ainsi, quant au sens seulement : « Avertit Dominus omnes iniquitates. » Saint Simon fut l'auteur du dixième article, relatif à la rémission des péchés.
Saint Jude composa le onzième article sur la résurrection des morts , que Daniel avait prophétisée : a Educam vos de sepulchris. »
386 ANNALES ARCHÉOLOG1013ES.
Enfin, Ézéchiel termine la série avec le douzième article de saint Mathias, en déroulant ces paroles : « Evigilabunt aiii ad vitam, alii ad mortem. »
Le long des murs de cette même chapelle de Bourbon , sont dressés divers débris recueillis dans les ruines, mais dont on ne saurait indiquer Tusage certain. Jusqu'à preuve du contraire, nous serions assez porté h les regarder comme des panneaux de la clôture du chœur en pierre. Il y en a, en effet, un assez grand nombre , et certains détails semblent devoir faire écarter la supposition qu'ils auraient appartenu à quelque rétable. L'église cluniste de Souvigny possède une collection identique, relevée avec soin au fond du collatéral nord, qu'elle orne d'une façon aussi riche que pittoresque.
Le musée municipal aura pour nous plus d'intérêt encore. Nous omettons à dessein l'autel , dont la table de marbre , creusée à l'instar de celles qui semblaient appartenir exclusivement au Midi, rivalise avec les plus belles de ces régions par les festons et les ornements dont sa couronne saillante est décorée. Nous passons rapidement aussi sur cette pierre élevée, comme un autel, sur cinq petites colonnes. Nous avons de la peine à ne pas y voir un autel, et, seule, TafTirmation que c'est là le tombeau de saint Hugues nous empêche de tenir quand môme à notre première impression. Malheureusement, la belle inscription qui l'environnait est trop fruste pour se laisser lire sans de très-grands efforts, et les ornements délicats, les sujets charmants qui couvrent cette tablette, tombent peu à peu en poussière.
Il faut s'arrêter devant ces belles colonnes monolithes, du plus beau marbre de Luna ou de cipolin, qui soutenaient les voûtes et les arcades de l'abside. Leur diamètre est de 0'",50, et leur hauteur de 3™, 50 environ. Elles ont perdu leurs bases, mais quelques-unes d'elles ont conservé encore leurs chapiteaux.
Les chapiteaux sont au nombre de onze , et leur hauteur est d'environ 0°*,60. Ils sont tous de pierre dure, de calcaire compacte au moins, si ce n'est du petit marbre. Ce qui les rend curieux, c'est la grande dimension des personnages qui les décorent et qui sont admirablement alternés avec des feuillages vigoureux; c'est aussi le choix des sujets et surtout les inscriptions en vers qui donnent la clef de cette singulière iconographie. A la hauteur où ils étaient placés, on ne pouvait perdre aucun détail, et les lettres, profondément gravées ou seulement peintes, se lisaient parfaitement, sans qu'il fût nécessaire de recourir à aucun instrument d'optique. Deux de ces chapiteaux n'étaient ornés que de simples feuillages; les fleuves du paradis terrestre s'étalaient sur un troisième ; on voit aussi la chute et la condamnation d'Adam et d'Eve, le sacrifice d'Abraham, les vertus et les pkujètes avec leur influence, les saisons et les tons de la musique. Ce sont surtout ces derniers que nous étu-
(lierons avec soin, et nous rapporterons à une idée générale l'adoption de ces divers sujets par les moines de Cluny. Afin de présenter, dès à présent, un spécimen de ces sculptures si curieuses, nous donnons deux faces d'un chapiteau, représentant les vertus opposées aux saisons. C'est ainsi que la Prudence est opposée au Printemps et la Justice à l'Été. Le Printemps, sous la figure d'une jeune fille aussi simple que belle, semble prendre le plus grand soin d'une cassette qui, sans doute, renferme des parfums précieux; elle marche dans une auréole elliptique, forme que nous n'avons trouvée qu'à. Cluny donnée aux êtres moraux. L'inscription qui l'accompagne dit ce qu'elle est: « Ver primos flores, primos producit odores. » L'Été, femme plus âgée et vêtue plus légèrement, est malheureusement trop mutilée pour qu'on puisse avec certitude interpréter son geste. L'inscription elle-même est si incomplète, qu'elle ne nous donne aucune lumière; elle nomme seulement ce
personnage moral: « vens quas decoquit aestas. »
Nous donnerons successivement les diverses planches représentant ces chapiteaux, et, dès la prochaine livraison, nous entrerons au cœur de la question, en abordant la théorie des Tons ou des Modes dans le chant grégorien.
L'abbé J. POUGNEl {La suite à la livraison procfuLine.)
LE
(suite bt fin*)