Ciampiai, c De sacris «nedificis », pi. xiii
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pereur Justin II k la basilique de Saint-Pierre qui la conserve encore*; l'Agneau, dans un médaillon central, s'y montre nimbé, debout et portant la croix processionnelle. On le voit également debout dans le médaillon central au revers de la croix donnée à la cathédrale de Velletri par le pape Alexandre IV*. Cette croix est probablement du vin* siècle; aux environs de la même époque on peut rapporter, avec assez de vraisemblance, un bas-relief sculpté sur Tune des colonnes du « ciborium », dans l'église de Saint-Marc à Venise, qui représente également l'Agneau posé dans un médaillon central au milieu de la croix. Sous les branches de la croix sont deux personnages problématiques qui rappelleront notre attention sur ce monument, M. E. Didron en a fait un dessin qu'il publiera alors.
Sur les deux croix du Vatican et de Velletri, l'une et l'autre originairement pectorales et de la nature des « eucolpia », la figure de l'Agneau s'associe avec l'image du Christ lui-même* On le voit doublement sur la première, où il occupe les deux médaillons supérieur et inférieur, à la tête .. et au pied de la croix; dans l'un il bénit et porte un livre, dans l'autre il soulève une petite croix et porte un volume roulé, comme pour montrer qu'il est tout à la fois le maître de la doctrine, le principe de toute bénédiction, le fondement du salut, et tout cela par la croix, « via, veritas et vila ».
Quant k la croix de Velletri, elle offre sur sa face principale le Christ véritablement étendu sur la croix; elle appartient donc à la classe des crucifix, mais de ceux qui excluent toute expression de souffrance, et où les idées de triomphe et de royauté s'affirment sans la moindre équivoque. Ce caractère ressort avec plus d'évidence, si on compare ce monument avec un autre du même genre qui se trouve au musée d'antiquités chrétiennes dépendant de la bibliothèque du Vatican, et dont nous l'avons déjà rapproché plusieurs fois '; monument de même époque, de même école, quoique d'une grande infériorité de travail, où la figure du Crucifié et celle de l'Agneau sont remplacées, sur une face par un buste, sur l'autre par une tête du Christ également triomphant dans un médaillon central.
Ces rapprochements et ces substitutions où l'on passe de l'Agneau au Christ triomphant, puis au Christ crucifié, et qui les montrent tour à tour
4. Au revers de oetle croix on lit en effet: liu.^o qvo christvs nvMANvii subdtdit hostbh DAT KOUJE JVSTiNvs opBM ET sociA DECOREM : Houvelle preuve de ridée de triomphe attachée à la croix. Nous en donnons la face principale d'après une photographie rapportée de Rome.