Borgia, « de Cruce Veliterna
3. « Annales Archéologiques », t. XX Hf. p. 37. — « Revue do l'art chrét. w, étude sur une croix pectorale, 4866*
dans des situations identiques, avec Tentourage des mêmes personnages accessoires, témoignent de la communauté d'idées attachées à ces difl'érentes images, la signification des unes se complétant et s'expliquant par la signification des autres, toujours pour exprimer le triomphe du Christ, mais toujours le triomphe attaché au souvenir du sacrifice, le triomphe conquis sur la croix; et cela à des époques où les plus anciennes de ces images ne fermaient pas l'accès aux plus nouvelles, où les plus nouvelles ne supplantaient pas les plus anciennes.
La croix de l'empereur Justin appartient tout à la fois aux deux séries qui mènent de la croix sans figures animées aux crucifix, puisqu'elle offre simultanément la figure de l'Agneau et celle du Christ en personne; l'ordre que nous nous sommes imposé nous amène maintenant a parler des autres croix qui forment spécialement la seconde de ces séries. La plus remarquable que nous connaissions est celle qui occupe le centre de la mosaïque absi- • dale dans l'église de Saint- Appollinaire-in-Classe près de Ravenne \ La figure de Notre-Seigneur s'y montre h peine, plutôt indiquée que représentée au milieu des pierreries dont elle paraît ornée, de sorte que cette croix, dans la catégorie où nous la plaçons, est la plus éloignée du crucifix que l'on puisse d'ailleurs imaginer, et l'on trouverait difficilement une autre composition où autant de conditions soient réunies pour glorifier l'instrument du salut; il faut l'avoir vue pour se figurer la majesté de la grande auréole constellée qui la renferme; cette auréole circulaire, à fond d'azur, occupe plus de la moitié en hauteur du champ de l'abside et toutes les figures qui l'accompagnent ne paraissent autour d'elle que des accessoires. Dans la gravure de Ciampini * elle est tellement réduite de dimension proportionnelle qu'on ne peut y juger de son effet, mais ce qui rehausse au plus haut degré la gloire de la croix ainsi encadrée, c'est qu'elle tient la place du Sauveur dans la commémoration, non de son crucifiement, mais de sa transfiguration, c'està-dire du fait le plus glorieux de sa vie mortelle.
La pensée de l'identifier comme signe avec l'image de Notre-Seigneur n'est pas indiquée seulement par la petite figure qui en occupe l'entre-croisement, mais elle est mise en relief par l'A et l'n, qui sont inscrits à la suite de chacune de ses branches, par l'anagramnie 'ix^^^;' qui la surmonte, tandis qu'au-dessus on lit ces mots : salvs mvndi.
r Fig. <3 de la planche.