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fut remis au duc Louis de Bavière en payement de sommes d'argent qui lui étaient dues par la Couronne de France, tandis que le second, bien plus timide et moins au courant de la tradition historique, croit plutôt à un cadeau fait à la reine Isabeau, k l'occasion de son mariage, par une ville ou un prince. Nous sommes disposé à partager l'opinion émise par M. le baron d'Arétin, lequel a puisé aux meilleures sources pour déterminer les causes en vertu desquelles cette pièce d'émail français a été transportée en Allemagne.
Nous disons « émail français o sans en avoir d'autres preuves que l'affirmation des archéologues bavarois, dont l'attestation repose principalement sur ce fait que le monument vient de France et appartint, dans l'origine, à noire roi GhaHes VI. Cette preuve n'est pas suflisante, à la rigueur, un point de départ exclusivement historique nécessitant une déduction qui peut s'écarter plus ou moins de la vérité. Or les savants spéciaux n'ignorent pas qu'il est mauvais, en principe, de trop se fier à l'histoire en semblable matière et que nos réserves s'expliquent par d'assez nombreuses erreurs ainsi commises en archéologie. Au reste, le document déposé aux archives de Munich est muet sur le nom de l'artiste et sur sa nationalité. Il y a \k, assurément, plus qu'une probabilité, mais non une certitude absolue, Charles VI ayant pu faire exécuter cette pièce d'orfèvrerie hors de France ; ou, en France, par un émailleur étranger.
En admettant que le « Rôssel d'or » soit bien de fabrique française, ce qui est le côté le plus facile à résoudre dans la question posée, il resterait à déterminer s'il est d'origine limousine, parisienne ou de toute autre école provinciale. Mais notre compétence personnelle n'est pas assez grande en orfèvrerie émaiilée pour que nous nous permettions d'émettre un avis à ce sujet, lors même que nous aurions vu et examiné avec soin l'original. Il faudrait toute la science de spécialistes tels que MM. Labarte , Darcel. de Lasteyrie, etc., pour qu'en la circonstance présente, une opinion eût de la valeur. Nous en appelons donc à ces messieurs : les « Annales archéologiques « leur sont ouvertes pour qu'ils discutent la nationalité du « beau Chevalier ». ainsi que l'école à laquelle on doit attribuer son exécution. Cette tâche ne leur sera pas facile au cas oîi ils ne connaîtraient pas le monument dont il s'agit; mais les indications écrites et dessinées qui leur sont données aujourd'hui les mettront peut-être sur la voie. Les archéologues allemands et surtout bavarois ne devraient-ils pas, eux aussi, étudier cette question, h. peine effleurée jusqu'ici?
ÉDouA«D DIDRON.