M. Zwirner est mort depuis plusieurs années
{IVote du directeur.)
leur galimatias ne pourrait pas tenir contre un principe dont la fécondité inépuisable suffit à tous les besoins. Mais il faut une main de maître, et c'est bien cette main qui manque naturellement à ces Messieurs, dont la vie s*est passée à apprendre un peu de tout, à n'exercer sérieusement aucun art, et à combler leur vide par des phrases sonores. Si vous le désirez, mon cher ami, je tâcherai de vous tenir au courant de ce mouvement gothique à Vienne, qui est, ou peut devenir de la plus haute importance pour toute l'Allemagne. Déjà, M. Schmidt a été appelé à Dresde pour donner son avis sur la restauration du fameux château gothique de Meissen, lequel, autrefois résidence des Electeurs de Saxe, a dû céder le pas au palais rococo de Dresde, et sert maintenant de manufacture de porcelaine!
« Si je suis bien informé, c'est le roi seul qui prend un véritable intérêt à cette restauration, car seul il a le sentiment du Moyen-Age et en comprend la beauté. Vous savez, sans doute, qu'il a traduit la « Divine Comédie » du Dante. La bureaucratie, qui dirige l'art à Dresde, ressemble à toutes les autres : elle se croit sûre de rajeunir l'architecture par l'emploi toujours croissant du zinc, de la fonte, du ciment et du plâtre, en harmonisant l'ensemble avec du badigeon. Quelquefois, quand les ressources financières le permettent, on remplace le badigeon par de la couleur à l'huile. En ce qui concerne le style, la monstruosité se fait passer pour de l'originalité.
« Dans un des derniers cahiers du » Correspondant », que je lis toujours avec beaucoup d'intérêt et de profit, — en faisant, toutefois, mes réserves germaniques, — j'ai trouvé cette observation très-judicieuse : « La véritable exposition de l'architecture est dans nos rues. Là, le génie de nos architectes se déploie à Taise. » A juger selon nos rues les plus modernes, le « génie » de l'immense majorité des architectes allemands se trouve indubitablement, en ce sens, à la hauteur du temps actuel, qui est surtout égalitaire. Les monstruosités dont je viens de parler sont un privilège des monuments proprement dits auquel un simple particulier ne peut prétendre : celui-ci doit absolument être logé comme son voisin, et leur habitation à tous deux décorée de la même façon. Et pourtant, nonobstant cette misère esthétique à peu près générale, un meilleur avenir nous est assuré. Je connais très-bien cette phrase banale : « Il est impossible de ressusciter le passé. » Mais je ' connais aussi une autre banalité : « Rien de nouveau sous le soleil. » Or, chez nous, en Allemagne même, notre langue n'a-t-elle pas dû être ressuscitée, tellement elle était ensevelie sous les alluvions françaises et latines? Eh bien ! les ateliers du Moyen-Age seront également ressuscites; ils le sont même déjà : vous pouvez en juger d'après les cathédrales de Cologne, de Worms, de
Magdebourg, de Vienne, d*Ulm» de Ratisbonne, d'Halberstadt, d'Osnabrûck, etc., etc. Il noas faut seulement du courage, de Ténergie, de la patience et de la persévérance. En un mot, il faut suivre partout votre exemple, mon cher ami, et ne pas se soucier du tapage fait par la négation stérile.
« Agréez, etc.
«A. REIGHENSPERGBR. »
« Cologne, mars 4869.
Bt'^
(( Monsieur,
« En ce qui concerne M. Frédéric Schmidt, la position de cet éminent
architecte est restée la même. Seulement, à mesure que le champ de son activité s'est agrandi et que sa renommée a augmenté, les attaques des modernistes se sont multipliées et sont devenues plus grossières. Les injures et les calomnies ne lui ont pas été épargnées. Aussi sa ruine est-elle maintenant une question d'existence pour les pseudo-classiques et les éclectiques, dont les lieux communs usés nç peuvent être comparés à une architecture pleine de sève et dévie. La supériorité de M. Schmidt accable ces routiniers; on essaye donc de la miner de tous côtés. Le public se laisse si facilement séduire parles phrases sonores de « progrès, lumières, émancipation de la pensée » , que la lutte contre ces gens-là (ils disposent de presque tous les journaux) n'est pas chose facile. En combattant les « ténèbres du Moyen-Age » à l'aide de l'idée du XIX* siècle, ils font rayonner aux yeux de leurs lecteurs les casernes « classiques » et ces tas de moellons au type uniforme qui est la plus belle expression de leur soi-disant renaissance contemporaine. Cette « renaissance »• est payée bien cher par les habitants de nos villes antiques, en voie de transformation.
Tandis que les journalistes déclament, M. Schmidt construit de nombreux édifices d'un style puissant, et il forme une école dont les élèves se répandent peu à peu en Autriche et dans les contrées voisines. Partout il est consulté quand il s'agit d'entreprendre une construction véritablement monumentale. C'est ainsi qu'il a été appelé à Francfort, à Mayence, à Ratisbonne, à Ulm, à Prague, etc., pour donner son avis sur la restauration et l'achèvement des cathédrales de ces différentes villes. Le roi de Saxe, comme je le disais dans ma précédente lettre, l'a fait venir à Dresde, afin de le consulter sur la restauration du beau château du Meissen. Un de ses élèves bâtit un hôtel de ville,
en style gothique, à Munich (jusqu'alors la Terre Promise de Téclectisme). Un autre élève construit un grand hôpital à Dusseldorf; un troisième, M. Schulcz (de nationalité hongroise), vient de recevoir du gouvernement de son pays la mission de restaurer l'immense château fortifié de Vayda-Huniade, érigé au XV* siècle par Jean Huniad, gouverneur de Hongrie. Ce château, situé dans le Siebenbûrgen, était oublié de tout le monde et tombait en ruine. M. Schmidt l'a découvert lors de l'une de ces grandes excursions artistiques qu'il fait périodiquement avec l'élite de ses élèves. La diète hongroise a résolu de rendre à ce magnifique édifice toute son ancienne splendeur.
« Il est à espérer que en dépit de toutes les intrigues, M. Schmidt sera chargé prochainement de la construction d'un hôtel de ville à Vienne, où il a déjà eu si souvent l'occasion de prouver son admirable talent. Au reste, le Gouvernement autrichien et S. Em. le cardinal Rauscher, archevêque de Vienne, estiment M. Schmidt à sa juste valeur. Malheureusement, cette protection même, surtout celle du cardinal, suscite de sérieuses animosités
« Agréez, etc.,
«A. REICHENSPERGI-R. »
BIBLIOGRAPHIE
tî. BARBIER DE BfONTACLT. — Coli-ection di:s Déchets authentiques des sacrées congrégations romaines, — Sacrée Congrégation des Rites, par M. X. Bahbier de Montadlt, chanoine de la basilique rt'Anagni. Tome 1", 1 vol. in-18 de i'ii papes, précédé d'une Inlroduclion et termine par une Table alphabéliquo des matières, et une Table des noms de lieux et d'oriiros religieux. Cette édition, qui, pour la Sacrée Congrégation des Rlles seule, formera quatre volumes, est beaucoup plus complète que l'édition romaine r elle renferme un grand nombre de décrets concernant la France; on y Irouvo des renseignements uliles H pratiques sur la disposition et l'ameublement des églises, et, grâce aun sommaires français et aux tiibles alphabétiques, on a immédiatement sous la main ce que Ton cherche. Ce premier volume est dédié à S. Ëm. le cardinal Donnet, arcbevèquc de Bordeaui, qui déclare service rendu, non-seulement au clergé de France, mais encore à l'Église tout entière, la publication de colle collection des Décrets dos Congrégations romaines dont nul prêtre, dil-'l. ne pourra se passer 3 50
43. BOITEL. — Les Beautés de L'iiiSTomE de la Champagne, par l'abbé Boitel, chanoine titulaire de la cathédrale de Chà Ions-su r-Marne. 2" vol. in-1! de 678 pages et i planches. Ce volume reprend l'IiiMoire de la Cliampngne au vi< siècle, où l'a laissée le premier volume el la conduit jusqu'en tH6S, dans toutes ses divisions religieuse, civile, monumentale el lillérdire. Les î volumes 6 fr.
34. BDIITÏ [Philippe).— Les Ëuaux cloisonnks, anciens el modernes, par Philippe BuRTt.ln-)î
de 7î pages, avec gravures sur bois.
33. CHEFS-D'ŒUVRE DES GRANDS MAITRES reproduits en couleur, par F. Kellebdoves. avec un texte |>ar A. Michiels. — Première série. In-plano de 6 planches en chromi>lilhi>* graphie el 34 pages de texte. Les six chefs-d'œuvre reproduits dans cette première série sont: L'Adoration desAlages, par Etienne Lothoner, a la cathédrale do Cologne; le Baptême deJésu»- Christ, par Memling, à l'académie de Bruges; le Mariage de sainte Catherine d'Alexandrie, par le même, à l'hôpital Saint-Jean de Bruges ; Le Christ descendu de la Crois, par Quenun Massys, au Musée d'Anvers; saint Bernard écrivant sous la dictée de la Vierge la vie de Jésus-Christ, par Filippino Lippi, dans l'église de la Badia, à Florence; et la Déposition de Croix, par Fra Angelico da Ficsole, du Musée de Florence. — Chaque planche séparément est du prix de 30 fr; la série complète, cartonnée W fr'
26. DENIZOT. — L'Ëglise de Brod, à Bourg-en-Bresse. Série de vues photographiques extérieures et iolérieures, de la dimension de vingt centimètres sur quinze, par M. Denizot, photographe. — M . Denizot s'est attaché à reproduire principalement les détails les plus remarquables du monument, les sculptures et les statues qu'il renferme. Nous citerons, parmi ses meilleures planches, le Jubé, la Chapelle de la Vierge, les Stalles, les Tombeaux de Philibert le Beau et de Marguerite de Bourbon; l'Annonciation et la Visitation, détails tirés de la chapelle de la Vierge, etc. Chacune de ces photographies, dont le nombre s'élève déjà à vingtquatre, est du prix de. 2 fr.
27. DIDIER. — Notice historique sur les deux monastères, le village, l'église, le collège et le château de Puellemontier, par l'abbé C. Didier, curé de la paroisse. In-8« de 464 pages. — Position géographique et territoire de Puellemontier. Son étymologie. Époque de sa formation avant Saint-Berchaire. Fondation d'un monastère de filles. Histoire et destruction de ce monastère. Fondation d'un monastère d'hommes par Simon de Beaufort. Le village de Puellemontier avant, pendant et après la Révolution. — L'Église : ses dimensions, son architecture, son ameublement, ses sculptures et ses vitraux. Le Collège. Le Château. Statistique sur Puellemontier. Appendice : Notice sur l'abbaye de Boulancourt et sur Longeville. Notice sur le village de Droyes 1 75.
28. JACOB. — Documents historiques sur les anciennes Sociétés de tir, notamment sur celles de Metz et de Nancy, par V. Jacob, bibliothécaire de la ville de Metz. In-S*" de 8 pages.
29. JUSSIEU (A. DE). — La Sainte Chapelle du château de Chambéry, par A. de Jussieu, archiviste de la Savoie. Un volume in-8° de 260 pages et 11 planches dont Tune représente le buffet d'orgues, qui date du xv« siècle, et une autre les verrières de l'abside, du xvi" siècle, que l'on croit avoir été exécutés d'après les ordres de Marguerite d'Autriche, femme de Philibert, duc de Savoie 5 fr.
30. KOTHEN. —Notes sur les monuments funérairks et héraldiques que l'on voit encore dans quelques-unes des églises de Marseille, par Kothen. In-8° de 30 pages.
'6\, KOTHEN. — Notre-Dame du Rouet ou du Roilh, près Marseille, ancien prieuré rural de l'abbaye de Saint-Victor. Notice historique avec description, plan et détails, gravés par Kothen. In-S^ de 16 pages 4 60.
32. LEFEUVE. — La Vallée de Montmorency. Histoire féodale, paroissiale, bourgeoise, littéraire et pittoresque, par Lefeuve. Cinquième édition. Un vol. in-f2 de 545 pages. 4 fr.
33. LINAS (DE). — L'Histoire du travail à l'Exposition universel le de 1867, par Ch. deLinas, membre titulaire non résidant du comité impérial des Travaux historiques. Un volume in-8 de 361 pages avec 11 planches gravées et 5 photographies. Cet ouvrage, le plus important qui ait été fait sur la plus intéressante partie de l'Exposition de 1867, est divisé par pays et décrit la plupart des objets envoyés par chacun d'eux. Les planches en reproduisent les principaux : pour le Portugal, le magnifique ostensoir de Relem daté de 4506, la merveille de son exposition ; pour l'Autriche et la Hongrie, la couronne de l'empereur Constantin Monomaque (xr siècle) et le casque de Charles-Quint; pour la Roumanie, plusieurs objets du fameux trésor de Pétrossa; enfin, pour la France, une hache en silex taillé, un casque et des agrafes en bronze, une croix du xi* siècle, une crosse d'abbesse en cuivre ciselé et doré, une statuette en argent du xv« siècle, représentant saint Nicolas en habits pontificaux, un plat en faïence de Saint-
Omer, une couverture de livre, etc 25 fr.
Quelques exemplaires ont été tirés sur papier de Hollande, et les planches, augmentées de deux photographies, sont coloriées à la main. Prix de ces exemplaires 50 fr.
ANNALES AHCHÉOLOGIOUES.
Deux suppléments ont été ajoutés par M. de Linas à son ouvrage. [Is développent ce que l'auteur avait dit sur un ornement de bronze conservé au musée de Saint-Omer, et sur des agrafes ot bagues de la collection de M. Fillon. Ces deux suppléments sont ensemble du prix de 2 fr., et sur papier de Hollande, de î 50.
34. ODORICI. — MoNUMENTi Ciiristiani di Brescia, illustrât! da Federico Ouorici. 1 volume petit in-folio de 88 pages de texte et de 7 planches. Cet ouvrage est divisé en six chapitres, dont voici les titres — : Chapitre I : Notice historique du monastère de Santa Giulia du viu* au xi* siècle. — Chapitre II : Documents inédits. — Chapitre III : Basilique de S. Salvatore, avec trois planclios donnant le plan et la coupe de la basilique, ainsi que des chapiteaux historiés et à sujets très-curieux du viir siècle. — Chapitre IV : Temple de Santa Maria in Solario, avec 4 planche. — Chapitre V : La Croix de Gai la Placidia, ornée de pierres précieuses et de camées, avec \ planche qui la représente et donne le détail des camées principaux. — Chapitre VI : La Lipsanofeca bresciana, avec 2 planches représentant les bas-reliefs d'ivoire dont les sujets nombreux et très-curieux sont interprétés et décrits dans le texte.
35. SVOBODA.— PiioTOGRAPHiKS DES RESTES Di:s SEPT ÉGLISES d'Asie, dont il est question dans les Révélations do saint Jean, et des sites adjacents : Smyrne, Éphèse, Laodicée, Philadelphie, Sardes, Thyatire, Pergame, etc. Collection de 62 photographies de 27 centimètres sur 23, exécutées avec le plus grand soin et de la plus grande netteté, par M. A. Svoboda, de l'Académie royale de Venise. Voici les titres de quelques-unes de ces photographies, les premières qui aient été faites sur ces sites et monuments historiques de l'Asie Mineure : Smyrne : Vue panoramique en 3 planches prise de l'extrémité ouest du MontPagus; tombeau de saint Polycarpe, disciple de saint Jean, premier évoque de l'église de Smyrne, qui fut martyrisé en l'année 167, sous Marcus Aurelius Antoninus; le château du mont Pagus, ancienne construction ionienne, probablement d'un des généraux d'Alexandre. Épiièse : La grande mosquée, ancienne église de Saint-Jean à Ayasolouk, village dont le nom est une corruption turque du nom de l'église de Saint-Jean o .\giostheologos », et où on suppose que saint Jean fut enterré; quatre vues des restes du temple de Diane; trois vues des restes du grand théâtre; une de la tour carrée appelée la Prison de Saint-Paul ; la tombe supposée de saint Luc, découverte en 1806, avec les emblèmes de l'ancienne croix grecque et du bœuf gravés en relief sur la pierre. Apurodisias; le temple de Vénus transformé au iv* siècle, en magnifique basilique par suite de l'érection en évêché de la ville dont le nom avait été changé en celui de Stauropole ou «Cité de la Croix «. Hieropolis : Vue générale, vue des grands thermes et des célèbres chutes d'eau de quatre cents pieds de hauteur. Philadelphie : Deux vues générales dont Tune montre les anciens murs de la ville et l'acropole. Sardes : Vue générale ; vue du palais de Crésus, de l'ancien théâtre, du temple de Cybèle, du tombeau d'Alyatte, roi de Lydie, et de restes d'anciennes églises. Pergame : L'ancienne église, long monument quadrangulaire dont la partie orientale, où était l'autel, se terminait en hémicycle, et dont les murs sontbâtis de briques, belles et régulièrement jointes, el ornés de marbre blanc; le double tunnel sur la rivière Selinus, l'un des plus remarquables ouvrages de l'antiquité ; Pamphithéàire romain. — Chacune de ces belles et intéressantes photographies se vend séparément au prix de 6 fr. 75 c, la collection complète 325 fr.
.jf
ICONOGRAPHIE