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Hozzoni, «r Tavole délia storia délia chiesa », p

t. Seize de ces petits fioles sont d'un alliage métallique analogue à l'étain. Il y en a un bien plus grand nombre en verre. Originairement venues de la Palestine oii elles étaient destinées à contenir de l'huile des Lieux-Saints, ces fioles avaient été transportées à Rome, où elles avaient servi à contenir des huiles recueillies dans les lampes que l'on entretenait devant les tombeaux des martyrs. Le trésor de Honza possède aussi un papyrus, le plus précieux qui se soit conservé, qui contient la liste des martyrs, à commencer par les apôtres saint Pierre et saint Paul dont les huiles avaient été envoyées à la pieuse reine des Lombards. (Mozzoni.) Notre planche donne la reproduction du crucifix de Monza (fig. 2), d'une des fioles, face et revers (fig. 3, 4), et de la partie centrale d'une autre (fig. 5, 6}.

lùO ANNALES ARCHÉOLOGIOUES.

busie de Notre-Seigneur (fig. 3)', est accompagnée de celles des deux larrons crucifiés réellement & ses côtés, et, de plus, on voit dans les deux premiers exemples le soleil et la lune.

Un quatrième de ces petits monuments que nous reproduisons (fig. 5) va plus loin : on y voit également entre les larrons crucifiés, et avec l'accompagnement du soleil et de la lune, une figure de Notre-Seigneur, mais cette figure maintenant est en pied et ses bras sont étendus, bien qu'ils soient en même temps un peu surbaissés et que la croix n'apparaisse pas elle-même. Cette extension a évidemment pour but de représenter un souvenir plus explicite du Crucifiement encore mitigé par le respect. La croix que l'on a évité de faire figurer sur cette face principale, comme si on eût craint qu'elle y rappelât trop l'ignominie du supplice, a été rejetée au revers de la fiole (fig. 6) où elle est au contraire placée sous un arc de triomphe et entourée des têles des douze apôtres, puis d'un cercle concentrique d'étoiles destinées à détacher de plus en plus l'esprit des pensées terrestres pour les élèvera l'idée de !a glorification dont l'instrument de salut est devenu l'objet.

Dans ce dessein, l'on a modifié la forme de la croix. Ici, non-seulement elle est paltée, mais la tige supérieure est égale k la hampe inférieure. Sur l'une des autres fioles où elle est placée au-dessous du buste sacré, elle est feuillée comme un arbre vivant (fig. 3).

La double intention de rappeler tous les mystères accomplis dans les Lieux-Saints et d'en écarter tout ce qui pouvait se formuler avec un caractère d'opprobre et de souffrance, se retrouve dans toutes les parties de ces compositions; elle ressort spécialement de la présence des larrons et de l'attitude qui leur est prêtée : sur les trois fioles où la figure du Sauveur apparaît seulement en buste au-dessus de la croix, les larrons ont les bras étendus; sur la quatrième, où Notre-Seigneur étend lui-même les bras pour dire son sacrifice, les larrons cessent de les étendre, comme si on eût voulu éviter une similitude ; et on leur a attaché les mains derrière le dos, leur gibet étant devenu un simple poteau qui n'a plus, dans sa forme, rien de la croix.

Les fioles de Monza, quelle que soit l'époque précise de leur exécution, s'offrent comme ayant une antériorité d'idées, sinon une antériorité de temps, sur les autres représentations du Crucifiement, que nous pouvons également

I. Mozzoni, — p. 8*. Gg. C. G. L, — It esta remarquer que deux de ces bwstes sont renfermH dans un médaillon crncjfôre et que le troisième, celui que nous reproduisons, déborde le coniour inférieur d'nn disque semblable devenu tout à fait un nimbe crucilËre,ii cela près que la crois se partage i la hauteur des tempes, hauteur qui ne correspond pas au milieu du disque.

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faire remonter au vi* siècle. On doit aussi attribuer à cette époque les miniatures du célèbre manuscrit syriaque de la bibliothèque de Saint-Laurent, à Florence, parmi lesquelles on remarque une scène de Crucifiement*.

Là, non-seulement le Christ est attaché à la croix entre les deux larrons ; mais, dans le moment même, il a le côté percé par la lance d'un soldat, en regard duquel le porte-éponge est placé dans une disposition symétrique ; la Sainte-Vierge et saint Jean d'un côté, les saintes femmes viennent ensuite; au pied de la croix, trois soldats tirent au sort la robe du Sauveur*.

Dans cette miniature syriaque, comme sur la croix et les reliquaires de Monza, le Christ est posé et vêtu de la même manière, la tête haute, les bras étendus dans une position parfaitement horizontale, recouvert d'un « colobium », sorte de dalmati(|ue qui laisse les bras nus et descend jusqu'aux pieds.

La même disposition s'observe sur la plupart des crucifix d'une date immédiatement postérieure, jusqu'au ix* siècle, de telle sorte qu'aucune exception au vu* est peu probable et que, depuis, l'usage de la longue robe continue comme un reste d'influence archaïque parallèlement avec celui du voile, qui s'était introduit avec une couleur de nouveauté.

Le « santo volto » de Lucques est si totalement vêtu que même ses pieds sont chaussés, cette chaussure est d'argent et surajoutée, mais elle indique la disposition des esprits à l'époque assurément très-ancienne à laquelle elle l'a été. Quant à l'antiquité même de ce crucifix, aucun critique raisonnable ne lui refusera d'être antérieur à la persécution des Iconoclastes, et, sans préjudice des droits qu'il peut avoir à l'origine qu'il s'attribue, nous le considérons comme n'étant pas au moins plus récent que le vu* siècle '.

4. Labarte, « Arts industriels », pi. LXXX. M. Labarte fait observer que le manuscrit des Discours de saint Grégoire de Nazianze, Tun des plus précieux de la Bibliothèque impériale, Gr. n» 540 (nt« siècle), offre un Crucifiement (fol. 30) si analogue, que aies trois cents années qui s'étaient écoulées entre les deux représentations avaient apporté peu de changement dans les détails de la composition n. Nous aurions désiré pouvoir juger nous-môme de quelques détails; mais, depuis que cet important manuscrit nous a été signalé, nous n^avons pas encore été en position d'en obtenir la communication.

2. D'Agincourt, « Peinture », pi. XXVII. Par une singularité remarquable observée par d'Agincourt. il semble que, pour décider du sort, les soldats jouent au jeu de la morra.

3. Nous sommes passé à Lucques pour voir le «santo volto», mais cette faveur ne s'obtient qu'à certains jours de fête; seulement, un prêtre de la localité nous a affirmé l'exactitude de la gravure due à M. Perfelti ; cette gravure parait avoir été faite d'après l'original dépouillé dune robe plus riche dont il est habituellement recouvert. A Sirolo, la sculpture primitive n'a qu'un simple voile; nous possédons une gravure qui la montre recouverte d'une aube transparente.

La tunique du « Sanlo volto » de Lucques a des manches; mais nous retrouvons le colobium sans manches dans le Crucifiement que le pape Jean VII (705-708) fit représenter parmi les mosaïques dont il orna l'entrée de la chapelle de la Sainte-Vierge, dite « in Prœsepe », qui faisait partie de Tanrienne basilique de Saint-Pierre au Vatican * ; dans celui du cimetière de Saint-Jules, publié par Bosio % qui paraît du viii* siècle, et sur une croix reliquaire (encolpium) conservée au [nusée du Vatican et que nous publions d'après une photographie que nous avons obtenu d'en faire tirer *, œuvre au plus tard du viii^ siècle, si elle n'est du vu*.

On pourrait citer en beaucoup plus grand nombre les crucifix à longue robe qui la portent avec des manches. Cette circonstance est un signe probable de leur moindre antiquité. En effet, il en est de formés à l'imitation de crucifix plus anciens qui ne sont pas antérieurs au xii® siècle *.

Personne ne verra dans l'antiquité chrétienne, lorsqu'elle représentait Notre-Seigneur, entièrement vêtu sur la croix, autre chose qu'un sentiment respectueux et un signe iconographique destiné à le rendre : il est certain, au contraire, que le Sauveur fut dépouillé de ses vêtements avant de subir le dernier supplice, et la seule chose qui pourrait demeurer en question serait

I.Ciamplni, «Desacriscdiûciis^s pL XXII, et Corneille Curti, a De clavisdominicis », ont publié le cruciOx de Jean VII, d'après des dessins conservés à la Bibliothèque Angélique à Rome. t. Bosio, a Roma sott. », p. 581.

3. Celte croix, à ne considérer que la face principale, offre les plus grandes analogies avec celle qui, au temps du cardinal Etienne Borgia, se trouvait dans le trésor de l'église de Saint- Alexis au mont Àventin, qu'il a publiée (de cruce Veliterna, p. 433) et que lady Eastlake a reproduite d'après sa gravure, (Hist. of our lord, t. Il, p. 328), à tel point que, rejetant les différences sur l'inexactitude du dessfnateur, on serait fondé à croire que c'est la même; la seule de ces différences qui soil sérieuse, si Ton considère la manière d'à peu près des dessinateurs du XTiii* siècle, serait celle des deux lettres 4>, C, que l'on voit entre le soleil et la lune sur la planche du cardinal Borgia, sans que la photographie en offre des traces; mais les différences sont énormes au revers, car, d'une part la Sainte-Vierge se voit représentée en Orante, sans inscription, et sur la croix du Vatican elle porte son divin Fils avec cette inscciption, H AFIA. eEOTOK., « sainte mère de Dieu. » De même, sur celte croix, les Évangélistes sont accompagnés de leurs noms, tandis qu'aucune inscription ne les désigne sur la planche de Borgia. A supposer que le graveur, travaillant de mémoire, ou avec des indications imparfaites, après une observation superficielle, ait pu faire de pareilles bévues, comment concevoir que le savant cardinal, après avoir manié l'original, aurait pu disserter longuement sur la figure de Marie et des Évangélistes comme si la première eût été en Orante et tous sans inscriptions? Cependant, si l'on considère la dimension, la matière, la forme générale des deux objets, il reste quelque raison de douter, d'autant plus qu'à Saint-Alexis on ne retrouve plus de croix semblable. On ne sait pas assez jusqu'où peuvent aller les erreurs dans ce genre, môme quand on a eu l'original sous les yeux et qu'il s'y substitue un dessin trompeur.

4. Voir, pour les crucifix à longue robe, Gretzer, a De cruce », t. III, l. I, cap. xxxui. — Mar-

de savoir s'il s'assujettit aux ignominies de la nudité complète. Ce n'est pas probable, il n'est pas prouvé même, fait observer le père Cahier*, que les suppliciés chez les Romains fussent entièrement nus, et la tradition d'après laquelle la Sainte-Vierge se serait défaite de son voile pour en couvrir au moins les reins sacrés de son Fils est pleine de vraisemblance*. Quoi qu'il en soit, il est d'une obligation absolue, dans l'art chrétien, de donner cette marque de respect à l'image du Sauveur; on ne signale que de rares infractions à la règle et, d'ordinaire, seulement pour dire comment elles furent réprimées *.

Quant à l'usage du voile avec suppression de la robe, quelle que soit la signification de l'apparition de Narbonne rapportée par saint Grégoire de Tours, il est certain qu'il se répandit au ix* siècle; on le voit même sur la croix de Velletri attribuée au viii® par le cardinal Borgia*, et sur la paix en ivoire donnée par Ursus, duc lombard, à la ville de Cividale, en Frioul, au milieu de ce même siècle *. Il s'y fait remarquer par sa large extension en forme de tunique et, de plus, sur le premier de ces monuments par sa riche ornementation, on trouve d'autres exemples de cette richesse, mais ils ne sont pas très-communs, tandis que l'extension du voile se maintint comme pratique habituelle jusqu'aux approches de la Renaissance; tel on l'observe parmi les monuments du ix" siècle, sur le diptyque donné au monastère de Rambona, dans la Marche d'Ancône, par l'impératrice Ageltrude, veuve de

tigny, « Dict. d'Arch. chrét. », p. 494. — « Ménologe de l'empereur Bazile», x*" siècle. — Sëré, « Moyen-Age et ReDaissance », pi. A. — Lady Eastlake, a History of our lord », t. Il, p. 330, 344. — Bock, « Trésors de Cologne », pi. XXXVI. — Forster, o Monuments d'Allemagne, peinture », t. I, p. 42. — Forgeais, « Plombs historiés », 4* série, p. 39. Il n'y a point d'époques pour les enseignes de pèlerinage puisqu'elles ne font que reproduire plus ou moins approximativement le type auquel se rapporte la vénération des fidèles. Nous en possédons une en cuivre du crucifix de Sirolo, où il est vêtu de la tunique à manches, que nous avons dit dans une note précédente lui avoir été surajoutée.

1. a Mélanges d'archéologie». Il ne faut pas confondre sous ce rapport les Grecs et les Romains. Ceux-ci avaient un grand respect pour la pudeur, ils n'auraient pas souffert les nudités des Grecs avant d'avoir été envahis par leurs mœurs.

2. Ce voile est celui que Ton croit conserver à Aix-la-Chapelle.

3. Gretzer, « De cruce », lib. I, cap. xxii, signale des crucifix nus à Ausbourg, à Landshut ; d'Agincourt en reproduit un d'après Federici, « Memorie Trevigiane » (in 4®, t. Il, p. 3) qui se trouvait dans la salle du chapitre des dominicains à Trévise : Peinture pi. XCVII, fig. 43 (XI* siècle). Philippe II ayant reçu du grand-duc de Toscane un christ de Renvenuto Cellini qui était entièrement nu le voila de ses propres mains avant de le montrer aux comtesses de Savoie et de Flandre. (Ayala, « Pictor Christianus », 1. III, cap. xvii, 5.)

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