Soré, a Moyen-Age et Renaissance », miniatures, pi. III
3. Martin et Cahier, « Mélanges d'arch. o, t. I, pi. XXII, p. 221. Nous souscririons facilement à l'opinion do M. Labarte, qui juge ce cruciûx d'une exécution postérieure au reste de la croix.
« decussata, commissa » et « immissa^ », qu'il sera plus simple et plus selon nos usages d'appeler, dans notre langue, croix en sautoir, croix tronquée et croix proprement dite. La première, en forme de X, est dite aussi croix de Saint-André, parce que l'usage a prévalu de l'attribuer comme instrument de son supplice à ce saint apôtre, bien que la légende fasse entendre qu'il fut plutôt crucifié sur une croix proprement dite, mais posée horizontalement. La seconde affecte la forme d'un T; il y a lieu de croire qu'elle était effectivement la plus employée comme instrument de supplice. La troisième, •{•, est la seule à laquelle nous donnions proprement le nom de croix, la distinguant sous les noms de croix grecque* et de croix latine, selon que ses quatre parties sont égales ou que sa tige inférieure s'allonge plus que la tête et les branches.
Sauf le cas de la croix « decussata » ou en sautoir, qui a été bien employée pour rappeler l'instrument du salut d'une manière large, mais non pas au point qu'on y ait jamais attaché le corps du Sauveur, les branches de la croix sont ordinairement perpendiculaires à la tige; il n'est pas sans exemple, cependant, qu'elles s'inclinent en fourche comme les branches d'un arbre vivant et prennent la forme d'un Y. Telle on la voit dans un Crucifiement ', compris parmi les peintures du xiii® siècle dont est revêtue la chapelle de Saint-Sylvestre, attenant à l'église des Quatre-Couronnés , à. Rome, et c'est sous cette forme que Catherine Emmerich, dans ses « Méditations », dépeint la croix du Sauveur.
En admettant que la vraie croix ait été « commissa » ou en forme de T, quant à son corps principal, elle serait revenue, cependant, à la forme « immissa » qui, ayant seule prévalu, est devenue pour nous la croix proprement dite, au moyen du support auquel dut être attaché le titre de la croix; mais de telle sorte que cette tige supérieure surajoutée se distinguât par l'infériorité de ses proportions. Tel est conçu l'instrument du supplice auquel proprement est attaché le Christ sur la croix de Monza et sur « l'encolpium » du musée du Vatican que nous publions. Sur les reliquaires de Monza, la croix est pleinement tronquée; elle revient cependant aux mêmes termes, si l'on considère que le titre, s'y montrant suspendu au-dessus, suppose l'existence du support
4. Jacques Bosio, « Decruce triomphante » . — Pellicia, « De chrislianae enlesiao politia o, t. II, I. IV, chap. VII. — Martigny, « Dict. d'ant. chrét.», p. 484.— Cahier, «Mél. d'arch.», 1. 1, p. 223.
2. La croix à quatre branches égales, dite croix grecque, n'a jamais été employée pour les Crucifiements.
3. D'Agincourt, « Peinture», pi. CI (an 4248). — Jameson et Eastlake, a History of our lord », t. II, p. 175.