‹ Annales archéologiquesChapitre 54 sur 184 · XXVI · texte numérisé non relu

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qui n'a pas été représenté *. Nous distinguons, tant sur la croix de Monza que sur notre croix-reliquaire, la croix instrument de supplice à laquelle le Christ est immédiatement attaché, de la croix qui constitue l'ensemble de l'un et l'autre de ces petits monuments : celle-ci servant de support et de cadre à la première, ainsi qu'aux accessoires dont elle est entourée, a reçu au contraire les proportions d'une croix formée comme nous la concevons par rentre-croisement à angles droits d'un montant et d'une traverse d'égal équarrissage. Cette distinction entre les deux croix, l'une d'un caractère plus ou moins monumental dans le champ de laquelle l'autre est inscrite, se retrouve sur bon nombre d'œuvres des temps antiques ou du Moyen-Age. Nous citerons spécialement la croix des princes de Hohenlohe, publiée par M. l'abbé Bock et par lady EastlakeS et la croix de Lothaire, où la croix intérieure est encore en T, sans addition même de support supérieur, la première ne portant pas de titre, celui de la seconde reposant immédiatement sur la traverse. Puis, en descendant jusqu'au xir siècle, une peinture transportée dans la cathédrale de Sarzane, et publiée par M. Rosini % où le titre s'élève seul pour former la partie supérieure de la croix, comme s'il reposait encore immédiatement sur la traverse ou s'il avait un support qui fût caché par le nimbe du Christ.

Titre de la croix. — L'importance que l'on attachait à la signification du titre de la croix est attestée tout spécialement par les monuments où il est représenté sans porter aucun caractère alphabétique, comme si, par luimême, il avait dû rappeler la royauté bien réelle du Fils de Dieu, que Pilate avait proclamée sans savoir ce qu'il faisait. Ainsi le titre de la croix apparaît sur l'un des reliquaires de Monza* sans inscription; de même sur notre encolpium du Vatican, mais avec cette particularité remarquable qu'il est orné de perles et entrecoupé de deux lignes croisées en sautoir* : seraient-ce les cordons d'une lettre scellée, ou aurait-on voulu par là donner à méditer sur le secret de la royauté divine?

Les auteurs des crucifix les plus primitifs ne se sont pas, d'ailleurs, astreints à reproduire en tout ou en partie les termes mêmes de l'inscription ; ils se

1. Dans la caricature tracée sur les murs du Palatin, le, support du titre de la croix est indiqué par un trait qui ne tombe pas à l'aplomb de la tige inférieure.

2. Bock, « Trésors de Cologne », pi, XXXVl. — Lady Eastlake, « History of our lord », t. Il» p. 330.

3. Rosini, « Storia délia pittura italiana «, planches in folio, pi. Â.

4. Mozzoni, « Tavole délia storia délia chiesa », p. 791, fig. G.

5. La croix publiée par Borgia et répétée par lady Eastlake porle aussi Tentre-croisement de lignes.

contentent souvent de divers sigles de nature à désigner le Sauveur. La croix de Monza porte ceux-ci : ICX, ainsi complétés : IC XC, sur le second des reliquaires du raême trésor*, de manière à offrir la première et la dernière lettre de chacun des deux mots ivxrouc Xpiaroc, Jésus-Christ. Beaucoup d'autres crucifix postérieurs portent des caractères d'une valeur analogue, comme ceux-ci : ihs xps dans la miniature du sacramentaire de Gellone, ou seulement ras, sur une croix émaillée publiée par lady Eastlake, et appartenant à sir Robert Curzon, remarquable par le Christ habillé et noblement posé dont elle est chargée. Le « Santo Volto » de Lucques est surmonté en guise de titre de l'A et de Tn.

D'un autre côté, d'après Bosio, le Crucifiement du cimetière de Saint-Jules porte : jesvs rex jvdeorvm; le crucifix de Lothaire : me est Hi(esus) C(hristus) nâzarenvs kex ivdeorvh; la miniature de Charles-le-Chauve : IHS NAZAENvs REX IVDE0RVM ; le diptyquo de Cividale : ras naza. rex ivde; celui de Rambona : ego svm jesvs nazarenvs. rex ivdeorvm, mais de telle sorte que les deux derniers mots seuls figurent sur le titre de la croix et que les autres sont gravés dans une ligne supérieure; enfin, dans la mosaïque de Jean Vil, on aurait vu, d'après Ciampini et Curti, un premier exemple de la forme abrégée inri, qui a si généralement prévalu depuis le xvi* siècle *.

M. l'abbé Martigny fait observer que sur un crucifix, trouvé dans le tombeau de saint Celse à Milan, on lit, à la place du titre ordinaire, ces sigles 4>c : ce sont ceux-là mêmes qui, d'après le cardinal E. Borgia, se seraient trouvés non pas sur le titre, mais au-dessus du titre de la croix conservée de son temps à Saint-Alexis de Rome, et immédiatement entre le soleil et la lune. Il en résulterait, à notre avis, si nous étions assuré de l'exactitude de la gravure qui en est donnée, qu'ils ne remplaceraient pas l'inscription du titre, mais qu'ils se rapporteraient plutôt à la présence de ces deux astres, soit qu'ils n'expriment qu'un seul mot <^ûç « lumière », comme le pense M. l'abbé Martigny, ou <ï>(o<r7;p£ç « luminaria », comme le conjecture le cardinal Borgia, soit qu'il soient les initiales de deux mots, ^hoç, pour le soleil, et 2eV/)v7i, la lune, selon une autre interprétation du savant cardinal. Cependant, en rapprochant ces sigles a>c de cette inscription latine : Lvx mvndi, posée

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