Ann. arch. », t. XXII, p
3. Cette robe se distingue du colobium primitif par ses longues manches et par ses riches ornements qui lui donnent Tair plutôt d'un vêtement royal que d'un vêtement ecclésiastique.
croix par quatre clous, quand ils y sont attachés, car il en est quelques-uns oïl les clous nous paraissent avoir été supprimés à dessein, le Christ demeurant étendu sur la croix par la seule force de sa volonté. C'est l'impression qui nous est restée du crucifix de Velletri, bien que la gravure de Borgia donne l'indication des clous. D'après la gravure de Curti, le crucifix de Jean VII n'aurait eu des clous qu'aux pieds et pas aux mains.
Ordinairement, la séparation des pieds et l'usage des quatre clous coïncident avec celui du « suppedaneum » ; cependant il est un assez grand nombre d'exemples où, celui-ci étant supprimé, les deux pieds séparés sont attachés directement à la croix. Il en est ainsi dans les miniatures du sacramentaire de Gellone et des heures de Gharles-le-Chauve, sur le diptyque de Rambona. Dans la miniature du manuscrit syriaque de Florence, les clous, au lieu de percer les pieds, traversent le bas des jambes.
Dans la miniature de l'évangéliaire de la bibliothèque de Bruxelles, publiée par le P. Cahier % les pieds du Christ, qui est vctu de la longue robe, mais non du colobium sans manches, reposent sur un calice posé en guise de « suppedaneum. » De môme, un calice a été placé, nous ne dirons pas sous les pieds, mais sous le pied droit du « Santo Volto » de Lucques, l'autre pied demeurant suspendu sans clou apparent ni support.
Quoi qu'il en soit, selon les traditions les mieux assises, comme selon toutes les vraisemblances, on ne peut guère douter que les pieds du Sauveur n'aient reposé réellement sur un support quand il fut attaché à la croix '. Le titre de la croix a donné naissance aux croix doubles : du « suppedaneum » parait provenir la croix triple « que les graveurs », dit le P. Cahier, « imaginèrent (( comme un attribut papal, bien qu'il n'ait jamais été vu que sur les estampes a (sauf certains tableaux très-modernes)'. »
Effectivement, dans les monuments primitifs, ce support affecte ordinairement la forme d'une planchette de nature à dépasser facilement la largeur de la tige de la croix : tel on l'observe sur la croix de Monza, et sur la croix -reliquaire du Vatican que nous avons mise sous les yeux de nos lecteurs. La ligne transversale qui supporte les pieds dans le « graffite » du mont Palatin donne fortement lieu de croire que cet accessoire était ainsi disposé dans l'application usuelle du supplice de la croix.
Crccifix en relief. — Il est à remarquer, selon l'observation du P. Cahier
1. « Mélanges d'archéologie », t. H, p. 49, (Bibl. de Bruxelles, 9728). — Séré, « Moyen-Aire et Henaissanre », miniat., pi. A.