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160 ANNALES ARCIJÉOLOGIOUES.
Persévérance, Cicéron la dérmit aussi : une persislance inébranlable de l'espril dans un dessein mi^remeiil réfléchi. Ces vertus sont secondaires de la Force puisque, comme elle, elles s'appliquent aux choses dilTiciles. La Palience et la Persévérance figurant au Tabernacle avec la vertu principale, il faut encore en dire deux mots.
La Palience, si l'on en excepte l'action de combattre, se joint & la Force dans tous ses actes. C'est une vertu qui consiste à ne se point laisser abattre par les maux présents et par la tristesse qui en résulte. Elle conserve les forces de la Raison de peur que celle-ci ne succombe. Il y a celte différence entre la Force et la Patience que la Force supporte les maux les plus difliciles, la mort par exemple, tandis que la Palience supporte les maux quels qu'ils soient, même les moindres; ainsi, oti ne dirait pas qu'il faut de la Force, mais de la Patience pour supporter les contrariétés et aulres maux semblables, qui forment comme le tissu de la vie; il faut, souvent, être plus fort pour résister que pour attaquer, car résister implique la durée, tandis que t'attaque peut provenir d'un mouvement subit, quelquefois même momentané; puis, celui qui souffre supporte un mal présent , et celui qui attaque ne l'a qu'en perspective.
La Persévérance, dont l'étymologie est « in perpetuum servare », est une vertu spéciale par laquelle l'homme persiste dans les bonnes œuvres autant qu'il est nécessaire et jusqu'à la fin. Elle s'applique surtout aux choses oîi il faut se soutenir longtemps, qui demandent des efforts constants et une longue persistance dans le bien poussée jusqu'au bout. Les obstacles intérieurs, les plus tenaces de tous, sont particulièrement l'objet de ses efforts. La Persévérance entre dans la pratique de toutes les vertus, puisque la vertu est une habitude; elle est aussi le couronnement de toutes les vertus, selon ce mot de riivangile : « Qui perse vera ver it usque in finem, hic salvus erit. d La Constance et la Persévérance ont, toutes deux, le même but, qui est de rester ferme dans le bien malgré les difficultés ; mais, en ce qui regarde les obstacles extérieurs, la Constance, « de contra stare h, se rapporte davantage à la Patience.
La Force est un des sept dons du Saint-Esprit. Ce don correspond, dit saint Thomas, à la quatrième béatitude : « Beati qui esuriunt et sitiunt justitiam I) , parce que cette aspiration à la Justice jusqu'à la faim et la soif ne se fait que par un effort, c'est-à-dire en vertu de la Force.
i 9. La Force du Tabernacle est posée de face et d'aplomb. Cette figure est superbe de sitnpiicité tranquille. Son beau visage un peu masculin, sa chevelure en tresses serrées, rappellent la figure de Samson. C'est ici le lieu de rappeler que Samson, dont on fait trop volontiers un Hercule hébreu, un dompteur d'hommes et de lions, est, pour les chrétiens surtout, le héros de
la force morale. La force physique n'était même chez lui que la conséquence de la première. Les sept tresses de sa chevelure, dans lesquelles résidait sa force, sont, selon les commentateurs, la figure des sept dons du Saint-Esprit, et il ne perdit sa force physique résidant dans ses cheveux, qu^après avoir perdu sa force morale sous les caresses de Dalila. C'est donc tout à fait à tort que tant d'artistes, depuis le xvi* siècle surtout, ont vu dans Samson, et par suite ont figuré dans la troisième des vertus cardinales, la force musculaire. On ne doit y voir, comme Orcagna et les Théologiens, que la force morale sous la figure de ce Juge d'Israël. Ces représentations de cornes d'Ammon, de peaux de lion, de forteresses et de dragons domptés sont, dans le fond, bien pauvres. Notre figure du Tabernacle est donc celle de la Force morale dont le signe se trouve dans sa chevelure entièrement tressée qui est celle de Samson. Sa couronne est ornée de trois petites boules et porte écrit sur son cercle le mot fortitvdo. au lieu de robe, elle a le justaucorps de buffle du guerrier, découpé sur le bord comme une cuirasse. De la main droite, elle tient la colonne de Samson, et, de la gauche, un bouclier crucifère. C*est
le texte tout entier de saint Paul : « Accipite armaturam Dei sumentes
scutum fidei, inquo possitis omnia tela nequissimi extinguere ». {Ad Eph.^ VI.)
18. La Patience. — Sur son volumen on lit patientia. Le visage de cette vertu est âgé et amaigri. Elle a le voile à plis épais de la femme du peuple, et sa main levé, la paume en avant, est en attitude de se garantir. Elle a longtemps supporté sans se plaindre les maux de la vie.
15. La PersiSverangb figure ici sous un costume et avec un visage tout romain, et la définition même de saint Thomas est empruntée à Cicéron. Sur son volumen se lit le mot perseverantia. Cette jeune femme est vue de profil, le manteau serré au coude comme un empereur Romain. Nous engageons nos lecteurs qui voudraient s'éclairer sur cette représentation, à lire dans le tome XVI des « Annales archéologiques » la description faite par M. Didron aîné de toutes les Persévérances et Prudences Romaines qui furent peintes au XIV* siècle dans la chapelle du palais communal à Sienne. Dans un palais communal et devant la louve Romaine, emblème de Sienne, c'était sans doute encore mieux la place d'une figure romaine que dans la chapelle de la . Vierge.
17 et 21. Deux Patriarches, sans inscriptions. — Le premier porte une
barbe puissante, de grands cheveux et, sur le front, la lame d'or des Pontifes.
Le second tient un livre ouvert ; seul il a cet attribut, tous les autres ayant
des rouleaux. Sa couronne est bordée de petites pointes. C'est, sans doute,
un des Rois ancêtres de la Vierge.
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portes du Baptistère, rHumilité joue un rôle de repentir, tandis qu'au Ta« bernacle elle n'est coupable d'aucune faute et n*est qu'une partie essentielle de la Tempérance : ainsi s'explique sans doute l'extrême sobriété d'Orcagna. 28. La Virginité, — Très-jeune fille k peine nubile, elle baisse modestement la tête, et ses cheveux relevés sont surmontés du diadème angélique triangulaire, de même que la Dévotion. C'est à Dieu qu'elle a voué sa Virginité. Sa robe très-simple est serrée à la taille par une petite corde. Sa main droite s'étend sur sa poitrine et sa main gauche tient le volumen ou est écrit