‹ Annales archéologiquesChapitre 82 sur 184 · LE ROSSEL D'OR D'ALTŒTTING · texte numérisé non relu

LE ROSSEL D'OR D'ALTŒTTING

la France sous le règne du roi Jean ralentirent Tessor qu'avait pris Fart de l'orfèvrerie; nnais lorsque Charles V, par la sagesse de son administration eut rétabli les affaires de la France, Torfévrerie obtint dé nouveau une vogue immense. Le roi et ses frères les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne remplirent leur trésor d'un nombre considérable de pièces d'orfèvrerie artistique. Charles V tenait le premier rang et les dépassait tous les trois en magnificence. L'inventaire qu'il fit faire en 1379 constate l'existence dans son trésor d'une grande quantité de statuettes et de groupes de figures en or dans le style du bijou d'Altœtting. On y trouve quatre statuettes d'or de !a Vierge tenant son Fils : la première ne pèse pas moins de treize marcs d'or et vingt-sept marcs d'argent. A la suite on décrit vingt-deux statuettes d'or de divers saints. I^s joyaux et reliquaires d'or plus petits offrent aussi des figurines de ronde-bosse. Les statuettes d'argent sont en nombre considérable. Charles V habita presque constamment à Paris ou dans sa maison de plaisance sur la Marne, qu'on appelait le chàleau de Beaulté. C'est donc à Paris qu'étaient réunis ses orfèvres.

Les grands travaux d'orfèvrerie que Charles V et ses frères firent faire k Paris avaient mis en réputation un assez grand nombre d'artistes sculpteurs en orfèvrerie dont j'ai donné les noms, en signalant les ouvrages de quelquesuns, dans mon a Histoire des Arts industriels au Moyen-Age et à l'époque de (( la Renaissance » (tome II, page 388).

Malgré la maladie de Charles VI, les soulèvements fréquents du peuple et les dissensions qui s'élevaient à chaque instant entre les princes français, l'art de l'orfèvrerie continua de prospérer à Paris jusqu'au moment où l'assassinat du duc d'Orléans (1407) et la guerre des Anglais apportèrent une perturbation générale dans les affaires de la France.

Les différents inventaires du trésor de Charles VI que j'ai cités constatent en effet l'exécution d'un assez grand nombre de pièces artistiques, qui ne figurent pas dans l'inventaire de Charles V et qui sont traitées dans le style du Rôssel d'or. On y trouve notamment (Ms. fr. n* 21,446, 1^:21) la description du beau bijou qui, d'après M. le baron d'Arétin, fut possédé jusqu'en 1801 dans l'église paroissiale de la ville haute d'Ingolstadt : u Un « image d'or de Nostre-Dame esmaillée de blanc assis en une chayère d'or, « laquelle tient son enfant en son giron vestu d'une cotte esmaillée de rouge « clère et a Nostre-Dame un fermail d'or en la poiclrine garni d'un ballay « ou millieu, neuf perles autour; et au-dessus de Nostre-Dame a lin taberc< nacle ouquel a deux angeloz aux deux costez et Dieu le père au-dessus; et a est garni le dit tabernacle c'est assavoir de quatorze ballais, douze saphirs

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