ACCESSOIRES DU CRUCIFIX
II est rare, dans les monuments primitifs, que Notre-Seigneur soit représenté sur la croix sans être entouré de personnages et d'accessoires propres à exprimer la vertu de son sacrifice. Il en résulte qu'entre les Crucifix proprement dits et les Crucifiements, c'est-à-dire entre les œuvres où la croix constitue elle-même tout le monument et le champ du tableau, et les compositions peintes ou sculptées au milieu desquelles elle figure seulement comme partie intégrante et principale, il n'y a guère d'autres différences que celles de la disposition et de la multiplicité des accessoires, s'étendant sur un plus grand espace. Nous faisons donc marcher de front ces deux sortes de représentations. A ces hautes époques, nous ne les distinguerons pas non plus selon qu'elles seraient historiques ou symboliques, par la raison qu'alors elles étaient toutes principalement symboliques par le fond, bien qu'elles ne demandaient guère qu'à la seule histoire les figures et les circonstances propres à l'expression de leurs pensées. C'est à tel point que nous considérerons comme le trait caractéristique d'une seconde époque l'introduction des figures allégoriques de pure imagination.
Main divine. — Qui assistait réellement au sacrifice du Calvaire? Dieu d'abord, non-seulement le Fils de Dieu fait homme suspendu à la croix, mais aussi les deux autres personnes divines. L'art chrétien, de très-bonne heure, s'est attaché à rappeler par des signes sensibles leur présence invisible : la main a servi pour représenter le Père, le Saint-Esprit naturellement l'a été sous la figure de la colombe. Ces deux signes, très-probablement, étaient
i. Voiries a Annales archéologiques », vol. XXVI, p. 5 à 25 et 137 à 451.