Mélanges d'Archéologie », 1. 1, p. tti
rentes figures qui ont été associées au Crucifiement de Notre-Seigneur, si on n'admettait que, suivant les temps et les circonstances, elles ont été l'objet de diverses évolutions de la pensée ; puis les considérations majeures, qui sont l'âme de ces représentations, ne doivent pas faire perdre de vue que leur agencement symétrique, rigoureusement commandé quand la croix est le seul champ du tableau, est devenue une loi que s'étaient faite les artistes, alors même qu'ils pouvaient s'étendre dans un espace moins strictement défini.
La Sainte- Vierge et saint Jean. — On oppose la Sainte-Vierge et saint Jean de chaque côté de la croix sans vouloir donner aucunement à entendre ni que la mère de Dieu et le disciple bien-aimé expriment des idées opposées, ni que sur le Calvaire ils aient été effectivement placés à droite et à gauche de la croix. Il est si vraisemblable au contraire que la Sainte-Vierge et saint Jean étaient rapprochés l'un de l'autre quand le Sauveur leur adressa la parole, que l'opinion contraire ne pourrait se soutenir un seul instant; et cependant ce serait complètement méconnaître la nature des procédés de l'art que de lui refuser de faire ce qu'il a fait.
La Sainte- Vierge et saint Jean ainsi disposés accompagnent le Christ sur la croix dans les plus anciens exemples de ces représentations que nous ayons pu citer : sur la croix et les reliquaires de Monza comme dans la mosaïque de Jean VII, les « encolpia» du musée du Vatican et de Borgia, la peinture du cimetière de Saint-Jules, etc. On les voit de même sur des monuments où la figure du Sauveur est associée à la croix sans y être crucifiée*, par exemple sur l'encolpium ou croix-pectorale-reliquaire émaillée du musée chrétien au Vatican, publiée dans la « Revue de l'Art chrétien »*.
Pour peu que l'on ait quelque idée de l'esprit qui animait Tart chrétien primitif, on ne se contentera pas de voir, dans ces deux figures de la mère et du disciple bien-aimé, un souvenir historique ; on se demandera les pensées qui s'y attachent, mais, en même temps, l'on cherchera ces pensées dans la substance des faits : il n'y a pas d'incertitude, la Sainte- Vierge et saint Jean sont là pour s'entendre dire ces paroles : « Voici votre fils! voilà votre mère! »> qui sont écrites en grec sur la croix et les reliquaires de Monza et sur les croix-reliquaires en cuivre repoussé du musée du Vatican et de Borgia'; en latin sur les ivoires de Cividale et de Rambona.
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4. Sur Tune des fioles de Monza (planche delà page 137), nous avions cru d*abord reconnaître la Sainte-Vierge et saint Jean de chaque côté de la croix du Christ, mais il est plus probable que les deux figures dont il s'agit représentent dans cette composition saint Pierre et saint Paul.