Voir la fig. 2 de la même planche
U ANNALES AHCHEOLOGigUES.
croisement de la hampe et de Tantennc qui supportait Télendard proprement dit, étendard où Ton voyait la propre image de Constantin et celles de ses fils, et par le X du monogramme du Christ, renfermé au-dessus dans une couronne d*or, n'y apparaissait que sous des formes encore plus ou moins dissimulées ^
Le triomphe du christianisme s'affichait bien plus ouvertement sur cet insigne au moyen du monogramme, comme exprimant le nom du Christ, que par l'idée de la croix, bien qu'il fût certainement entré dans l'intention de l'empereur de l'y consacrer solennellement.
Jusque-là, le monogramme sous sa forme complète où le P s'unit au X. *, avait été si peu usité qu'on n'en connaît antérieurement aucun exemple certain, et qu'il faut recourir aux inductions pour admettre, ce qui est probable, que Constantin adopta cette forme sans l'inventer.
A partir de l'éclat qu'il lui avait donné, ce signe devint d'un usage général, tandis qu'au contraire, à juger par les monuments qui nous en sont parvenus, on continua à n'employer qu'assez peu la croix sous ses formes nettement caractérisées. Nous savons cependant que Constantin fit placer sur le tombeau de saint Pierre une croix d'or du poids de 150 livres et une autre de pareil poids sur celui de saint Paul \ La découverte qui fut faite par sainte Hélène de la vraie croix, les très-grands honneurs rendus à ce bois sacré, l'abolition du supplice infamant de la croix, tout se préparait au iv* siècle pour ne plus laisser subsister d'hésitation dans le siècle suivant. Si les chrétiens hésitaient, ce n'était pas, on en voit ainsi la preuve, qu'ils craignissent de trop honorer l'instrument du salut , mais leur crainte était qu'il ne fût pas assez honoré, qu'il fût méprisé au contraire par beaucoup de gens encore incapables d'en comprendre le mystère.
La croix apparaît sur les monuments et s'y substitue au monogramme suivant les lieux à raison de l'extension plus ou moins rapide du christianisme* En Afrique, où elle avait été telle qu'il n'y restait presque plus de païens, à une époque où ils étaient encore très-puissants à Rome, on s'explique que cette substitution, par exemple, se soit opérée plus tôt *.
Il ne s'agit là, généralement, que de simples petites croix tracées sur des inscriptions sépulcrales, et, au point de vue de l'art, elles n'auraient aucun
4. Voir la planche représentant divers exemples de croix. Nous donnons sous le n» 4 le abarum d'après Grelzer, tel que lo décrit Eusèbe. Les images de Constantin et de ses fils sont représentées sur la bannière.