Voir la planche de la page 437 des a Annales », fig
3. « Annales arch. », t. XXIII. — « Revue de Part chrétien », 4866; « Étude sur une croix pastorale. »
Il est possible que ces places alors n'eussent pas encore été attribuées à la Mère de Dieu et au disciple bien-aimé, ou bien ils n'en avaient pas pris encore pleine possession. Malgré le cachet d'exagération que montra l'empire de Byzance dans les honneurs rendus à ses maîtres du jour, on ne voit pas que, postérieurement, aucun d'eux ait reparu sur aucune croix dans une situation analogue. D'ailleurs, sur la croix dont nous parlons, l'empereur et l'impératrice ont les bras levés dans l'attitude de la prière, de sorte que leur présence, là, peut s'interpréter dans le même sens que celle des donateurs agenouillés dans les monuments plus modernes.
Les ÉvANGÉLiSTES. — Le mystère de la croix étant l'abrégé de toute la doctrine évangélique, les figures des quatre évangélistes ont été de bonne heure associées à sa représentation. L'antique pupitre de sainte Radegonde, encore conservé dans l'abbaye de Sainte-Croix, à Poitiers, et publié dans les a Mélanges d'archéologie», par M. Paul Durand*, en offre un des plus anciens exemples, sinon le plus ancien qui soit connu. L'agneau au centre de la composition, deux croix ornées sur les côtés, formées avec indication du monogramme, le monogramme lui-même dans une couronne au sommet, une autre croix à branches égales, aussi dans une couronne au-dessous, des colombes servant de supports à ces couronnes, c'est la réunion de tous les principaux éléments employés pour la représentation de ce mystère au v' et au VI* siècle, quand on ne voulait pas encore l'aborder de front et représenter le Sauveur étendu sur la croix; or cette composition se complète par les figures des quatre animaux évangéliques qui en occupent les quatre angles.
Quand l'usage du crucifix fut venu et que Ton voulut orner les croix de figures accessoires, les quatre extrémités de la croix durent paraître très-convenables pour recevoir les figures des quatre Evangélistes; mais cette partie des branches latérales ayant été aussitôt consacrée à recevoir la Sainte- Vierge et saint Jean, il est à remarquer que sur aucune de nos croix primitives, et longtemps après sur celles qui leur ont succédé, on ne rencontre ces figures sur la face principale. Quand la croix est ornée au revers, alors elles y trouvent place, au contraire, avec une grande facilité, dans la position que nous venons d'indiquer. C'est là qu'on les observe sur la croix-reliquaire du musée du Vatican, en cuivre repoussé (voir la planche de la dernière livraison), et sur celle de Velletri, où les Evangélistes sont représentés tantôt en personne, comme sur la première, tantôt par leurs emblèmes symboliques, comme sur la seconde. Ces deux modes de représentation se voient conjointe-